Crédit : Photo d'archives, DIDIER DEBUSSCHÈRE

LHJMQ

Les femmes en connaissent autant que les hommes selon Gilles Courteau

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La Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) a la réputation d’être avant-gardiste. Le 26 novembre 1991, la gardienne de but Manon Rhéaume est devenue la première femme à disputer un match de calibre junior à l’échelle canadienne.

Elle avait été appelée à assurer la relève de Jocelyn Thibault durant un match des Draveurs de Trois-Rivières.

Moins d’un an plus tard, elle prenait part à une rencontre préparatoire de la Ligue nationale (LNH) dans l’uniforme du Lightning de Tampa Bay.

Lors de la saison 1999-2000, Charline Labonté, elle aussi gardienne de but, participa à 26 matchs avec le Titan d’Acadie-Bathurst. Elle fut envoyée dans la mêlée à deux autres occasions la saison suivante, marquée par l’arrivée d’une première entraîneuse dans le circuit québécois en la personne de Danièle Sauvageau.

L’inclusion des genres n’est donc pas un problème aux yeux du commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, qui est à la tête du circuit depuis 1986.

«On est très ouvert à la diversité des genres, dit-il. Si une femme possède les attributs pour occuper un poste dans les opérations hockey, je suis certain que nos équipes ne feront pas la sourde oreille. Ils vont prendre la chose très au sérieux.»

«Les femmes sont aussi connaissantes que les hommes. La pratique du hockey est unisexe. Le jeu est le même pour les hommes et pour les femmes.»

La compétence de Francine Lachance

On retrouve une femme aux opérations hockey au bureau du commissaire de la LHJMQ. Les transactions, les mouvements au ballottage et les règles d’admissibilité des joueurs passent par la supervision de Francine Lachance, qui occupe le poste de registraire.

«Francine est à l’emploi de la ligue depuis près de 25 ans, mentionne Courteau. Elle est constante et intègre dans son travail. Nous sommes privilégiés de miser sur elle.»

Manque de continuité

Mais comment expliquer qu’aucune autre entraîneuse n’a eu sa chance depuis le passage de Danièle Sauvageau avec le Rocket de Montréal? Ça fait 20 ans.

«Les structures du hockey féminin sont bien établies dans les grands programmes nationaux, mais elles n’ont pas beaucoup évolué dans les catégories inférieures», dit Courteau.

«Je le vois avec mes petits-fils. Il n’est pas rare de voir deux ou trois filles dans leur équipe. Il y en a toujours eu depuis qu’ils jouent au hockey.»

Enrayer la violence

Danièle Sauvageau, quant à elle, travaille occasionnellement pour la ligue.

Courteau a fait appel à ses services lorsque l’ancienne ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, a sommé la LHJMQ de prendre des mesures plus sévères pour enrayer la violence sur la glace, dans la foulée de l’affaire Jonathan Roy, en 2008.

Des accusations criminelles avaient été portées contre l’ancien gardien des Remparts de Québec, qui s’en était pris violemment à son vis-à-vis Bobby Nadeau, des Saguenéens de Chicoutimi.

Mme Sauvageau travaille actuellement en collégialité sur un rapport d’évaluation portant sur les différents programmes dans trois circuits juniors canadiens. Les deux autres membres de ce comité sont l’ancien joueur de la LNH Sheldon Kennedy, victime d’abus sexuels dans les rangs juniors de l’ancien entraîneur Graham James, et Camille Thériault, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick.