Dave Morissette en Direct

«Ici, tu as toutes les opportunités»

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En débarquant au Québec à l’âge de 7 ans, Bruny Surin ne se doutait pas une seconde qu’il deviendrait l’homme qu’il est aujourd’hui. C’est un conseil de sa mère, qui a tout changé. 

L’ancien olympien, qui était en entrevue à Dave Morissette en direct jeudi, est arrivé à Montréal par une froide journée de janvier : «je m’en rappelle encore comme si c’était hier. Ç’a été un choc culturel. Mon père est venu nous chercher à l’aéroport avec des manteaux d’hiver et je me demandais pourquoi.» À VOIR DANS LA VIDÉO CI-DESSUS 

Alors que ses parents étaient établis au Québec depuis un an, Surin a retrouvé avec grande joie sa mère. 

L’une des premières choses qu’elle m’a dite c’est qu’ici «tu as toutes les opportunités. Tu peux réaliser tout ce que tu veux. Dans la vie, il n’y a pas de raccourcis, quoi que tu vas faire plus tard, ne triche pas.» 

C’est ainsi, qu’à l’âge de 17 ans, en voyant Carl Lewis aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, que Bruny Surin a décidé de se lancer dans la course à pied. 

« Je voulais être comme lui. Dans mon esprit, c’est là que je m’en allais.»

Et c’est aux Jeux olympiques de 1996 à Atlanta, que l’athlète natif d’Haïti entrera dans l’histoire. Accompagné de Robert Esmie, Glenroy Robert et Donovan Bailey, le quatuor canadien survole l’épreuve du 4 x 100 mètres et remporte la médaille d’or. 

«La première fois j’ai eu un choc. Les gens me disaient ‘’on a gagné cette médaille d’or’’. Sur le coup je me demandais pourquoi ‘’on’’. 

«J’ai vu l’impact sur la nation, sur le Canada au complet. C’était une fierté. Je me sens privilégié d’avoir été dans cette équipe-là. La reconnaissance des gens, ça vaut de l’or», décrit Surin.

Un rêve difficile d’accès    

Afin de devenir athlète olympique, Bruny Surin a rencontré de nombreux obstacles, notamment au niveau financier. Obtenir un commanditaire, n’est pas chose facile pour les jeunes athlètes.

«Je n’avais pas d’argent pour les voyages et pour l’entraînement», se rappelle Surin. 

C’est alors que sa conjointe, Bianelle, lui a apporté une précieuse aide. En 1990, alors qu’il était à la recherche de financement, Surin rencontre Claude Chagnon qui était vice-président de Vidéotron. 

«Bruny et Claude ont la même personnalité, ils ne parlent pas beaucoup. Je faisais la discussion pendant au moins 30 minutes et Claude a décidé d’embarquer. Il a soutenu Bruny tout au long de sa carrière. Il est maintenant un ami et un mentor», se remémore Bianelle.

Trente ans plus tard, la course à pied est toujours bien présente dans les discussions familiales. Catherine, l’une des deux filles de Bruny et Bianelle vise une place aux Jeux olympiques. 

«La première chose que je lui ai dit c’est d’éviter de se mettre de la pression. Ne dit pas que tu veux faire la même chose que ton père. Tu t’amuses et tu fais de ton mieux», explique le paternel.