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L’ultimatum qui a forcé Philippe Boucher à porter une visière

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La décision du défenseur des Islanders Johnny Boychuk de se retirer en raison d’une blessure à un œil a rappelé des souvenirs à Philippe Boucher, et pas les meilleurs.

Boucher, qui a passé 16 saisons dans la LNH, a subi deux sérieuses blessures au visage avant de se décider à porter une visière, au début des années 2000.

«Moi, ça a été les rondelles, à deux reprises, j'ai eu une rondelle dans l'oeil droit, a-t-il expliqué, mercredi, à "JiC". Pendant les séries, contre Colorado, (...) un tir de (Darius) Kasparaitis m'a complètement déchiré la rétine de l'oeil, fracture du sinus.»

«Pour ne pas être plus intelligent que ça, je m'en vais à Dallas, l'année d'après, et je décide de ne pas mettre de visière parce que j'en avais mis une au camp d'entraînement et je m'étais fait agacer», a-t-il ajouté.

Convaincu qu’il n’allait subir la même malchance une deuxième fois, Boucher est de nouveau atteint à l’œil par un tir, moins de deux ans plus tard. Une blessure qui a notamment forcé les médecins à lui poser «cinq plaques de métal» près de l’œil gauche.

«Suite à ma deuxième blessure à l'oeil, à mon manque d'intelligence de ne pas avoir porté de visière, la mère de mes enfants m'avait menacé de me quitter, et mon agent Pat Brisson m'avait dit "Phil, c'est clair: si tu ne mets pas de visière, je ne te représente plus", a raconté Boucher. Il m'avait déjà conseillé de mettre la visière, mais... six pieds et trois, je n'étais pas un gars qui se battait souvent, mais tu es "macho" un peu. C'était ça, le hockey du temps.»

«Ça se passait plus dans ma tête, c'est moi qui ne voulais pas la porter, c'est moi qui me sentais mieux comme ça», a poursuivi l’ex-défenseur, maintenant directeur général des Voltigeurs de Drummondville dans la LHJMQ.

«Mais après, je n'ai pas eu le choix de la porter, a-t-il également indiqué. J'ai manqué juste trois semaines. J'avais une mentonnière, une visière, j'ai joué trois semaines plus tard. La première chose que j'ai faite, c'est de me lancer en pleine face vers le premier lancer que j'ai vu parce que je ne voulais pas avoir peur, je ne voulais pas que ça reste. Quelques semaines plus tard, Sheldon Souray avait pris un "one timer" (tir sur réception) à Dallas et m'avait frappé directement dans la visière, qui avait craqué.»

Boucher admet qu’aujourd’hui, comme de nombreux autres ex-hockeyeurs professionnels, il garde certaines séquelles de ses blessures.

«J'ai beaucoup de problèmes aujourd'hui, j'ai un oeil de vitre que je mets avec une suce à verre de contact, a-t-il révélé. C'est difficile pour moi de jouer au golf, de suivre la balle, des choses comme ça, mais c'est un peu les risques qu'on prenait dans le temps.» 

«C'est des choses qui restent avec toi, a-t-il ajouté. C'est des sacrifices que tu faisais pour l'équipe, pour revenir plus rapidement et tu vis avec les conséquences. Boychuk va vivre avec les conséquences, tous les anciens joueurs qui nous écoutent, que ce soit les genoux ou les épaules, il y a des conséquences pour tout le monde.»

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.