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Crédit : OLIVIER JEAN/LES ARCHIVES/LE JOURNAL DE MONTREAL/AGENCE QMI

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Cinq blessures à l’œil qui ont marqué les mémoires

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Même si personne n’aime les voir se produire, les blessures font partie du hockey. Les amateurs voient, bien malgré eux, leurs favoris en subir de toutes les sortes dans le feu de l’action. Cependant, les blessures à l’œil, en particulier, ont le don d’horripiler le public, qui sait bien à quel point cet organe est à la fois fragile, sensible et essentiel.

Lorsqu’un joueur est touché à cet endroit, on se raidit, et on prie un peu. On s’imagine à quel point ça doit faire mal. On sait aussi que si la blessure est sérieuse, il y a de bonnes chances que la carrière de l’athlète soit terminée.

C’est malheureusement ce qui est arrivé au vétéran défenseur des Islanders de New York, Johnny Boychuk, dont la retraite a été confirmée mercredi. Touché accidentellement à l’œil par le patin de l’attaquant des Canadiens Artturi Lehkonen dans un match disputé en mars dernier, Boychuk a décidé que c’était terminé pour lui. L’Albertain, le cœur gros, a admis que sa «vision périphérique est assez mauvaise» et que son nerf optique a été touché. 

Malheureusement, Boychuk est loin d’être le premier à subir pareil sort. D’autres joueurs ont, dans le passé, subi des blessures semblables, spécialement à l’époque où les joueurs ne portaient pas de casque ou de visière. Certains ont aussi choisi de revenir au jeu par la suite en dépit des dommages causés à leur yeux. Mais presque chaque fois, leur malheur frappe l’imaginaire et reste dans les mémoires.

Voici cinq autres cas qui ont marqué les esprits :

Bryan Berard, 11 mars 2000 

Premier choix au total du repêchage de 1995, le défenseur portait les couleurs des Maple Leafs lorsqu’il a été atteint au visage par le bâton de Marian Hossa, des Sénateurs, le 11 mars 2000. Le geste était purement accidentel : Hossa venait d’effectuer un tir et la lame de son bâton s’est retrouvée dans l’œil de Berard à la fin de son mouvement. Atteint profondément, Berard a subi une déchirure et un détachement de la rétine. L’Ontarien a toutefois été en mesure de revenir au jeu après avoir raté la saison 2000-2001. Même s’il ne voyait pratiquement que d’un œil, il a finalement disputé six saisons dans la LNH après sa blessure.

Bernard Parent, 17 février 1979 

Le gardien québécois Bernard Parent a été l’un des trois ou quatre meilleurs à sa position dans la LNH des années 1970. Cependant, peu de gens se souviennent que sa carrière a pris fin de manière prématurée, en 1979, lorsque la lame du bâton de Don Maloney, des Rangers, s’est logée dans son œil. Même si Parent portait un masque, il a été atteint solidement. Après n’avoir rien vu de cet œil pendant deux semaines, la lumière a fini par revenir, mais pas suffisamment pour que le célèbre gardien de but, deux fois champion de la Coupe Stanley avec les Flyers, puisse poursuivre sa carrière.

David-Alexandre Beauregard, 16 octobre 1994 

Repêché par les Sharks de San Jose quelques mois plus tôt, Beauregard portait l’uniforme du Laser de Saint-Hyacinthe, dans la LHJMQ, lorsqu’il a été atteint dans l’œil par le bâton d’un joueur des Bisons de Granby. Beauregard, qui n’avait que 18 ans à l’époque, a perdu la vue de son œil gauche pour de bon. Cela ne l’a toutefois pas empêché de continuer à jouer. S’il n’a jamais pu évoluer dans la LNH, Beauregard, un attaquant au talent de marqueur indéniable, a poursuivi sa carrière jusqu’en 2013, jouant dans plusieurs ligues professionnelles en Amérique du Nord et en Europe. À sa façon, le natif de Montréal a connu une carrière tout à fait exceptionnelle.

Saku Koivu, 26 avril 2006 

Les Canadiens avaient bien amorcé leur série de premier tour contre les Hurricanes, au printemps 2006, et la menaient 2-0 lorsque leur capitaine, Saku Koivu, est tombé au combat lors du troisième match. Le valeureux capitaine finlandais se trouvait près du filet adverse lorsque le bâton de Justin Williams, des Hurricanes, est allé se loger dans son œil gauche. Koivu a immédiatement su que c’était grave et il s’est dirigé à toute vitesse vers le vestiaire. Il n’a ensuite rien vu de cet œil pendant deux jours. Touché à un os orbital, Koivu a finalement pu récupérer et revenir au jeu la saison suivante, même si son œil n’a plus jamais été comme avant. Entre-temps, les Hurricanes sont revenus de l’arrière pour éliminer le CH et ensuite remporter la Coupe Stanley...

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Crédit photo : OLIVIER JEAN/LES ARCHIVES/LE JOURNAL DE MONTREAL/AGENCE QMI

Pierre Mondou, 9 mars 1985 

Le natif de Sorel-Tracy a connu une belle carrière dans la LNH, cumulant 456 points en 548 matchs, tous disputés sous les couleurs du CH. Cependant, le Québécois a dû retirer à 29 ans, en 1985, après avoir été atteint à l’œil par le toujours indélicat défenseur Ulf Samuelsson, qui à l’époque jouait pour les Whalers de Hartford. Mondou venait tout juste de marquer lorsque le salaud défenseur suédois l’a atteint. Le numéro 6 est vite rentré au vestiaire et n’a ensuite plus joué dans la LNH. Il s’est toutefois repris, par la suite, en devenant recruteur pour les Canadiens et les Devils du New Jersey, notamment.