Canadiens de Montréal

«C’est encore au point zéro» - Phillip Danault

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Brendan Gallagher a paraphé une prolongation de contrat de six ans et de 39 millions $. Jeff Petry a aussi paraphé une prolongation de contrat de quatre ans et de 25 millions $. Si Marc Bergevin a distribué plusieurs millions en plein cœur d’une pandémie, il n’a toujours pas réglé le dossier de Phillip Danault.

Récipiendaire du trophée Jean-Béliveau pour son implication au sein de la communauté, Danault savait qu’on lui parlerait plus de ses négociations avec le CH que de ses bonnes actions à l’extérieur de la patinoire.

Dès la deuxième question d’une généreuse visioconférence de près de 30 minutes, le Québécois de 27 ans n’a pas eu d’autre choix que de s’aventurer sur la question de son prochain contrat.

«Ma réponse sera plate, a répliqué Danault. J’aimerais ça rester authentique. Actuellement, il n’y a pas de négociations. C’est encore au point zéro.»

Dans une récente entrevue avec le collègue Jean-Charles Lajoie sur les ondes de TVA Sports, Bergevin avait apporté un son de cloche un peu différent.

«On a eu des discussions en septembre et ça ne s’est pas déroulé comme le voulaient les deux clans, donc on a mis ça sur la glace en attendant, avait expliqué le DG. Je n’exclus pas qu’éventuellement, on va retourner à la table de négociations.»

Il n’y a pas un million de théories pour expliquer cette pause dans les pourparlers. Généralement, ça s’explique par une vision différente sur le plan financier ou sur la durée du contrat.

Questionné à savoir si c’était une question d’argent ou d’années, le numéro 24 s’est tourné vers une réponse classique.

«Je laisserai ça entre les mains de mon agent.»

Bien calme

Danault restait bien en paix avec sa situation contractuelle. Jamais il n’a cherché à ajouter de l’huile sur le feu.

«Je serai au prochain camp. Le Canadien m’a donné un contrat de trois ans il y a deux ans [15 juillet 2018], a-t-il rappelé. Il me reste une saison à jouer avec le Canadien. Après, on verra ce qui arrivera. J’honorerai mon contrat jusqu’à la fin. Ce sera entre les mains de Marc, il décidera de l’avenir.»

Dans un marché comme celui de Montréal, Danault se retrouvera encore plus sous les réflecteurs s’il n’obtient pas un contrat avant le prochain camp qui reste toujours à une date indéterminée. Il pourrait devenir joueur autonome sans compensation à la fin de la saison 2020-2021.

«Je vis au jour le jour. J’ai fait l’erreur la dernière fois avant de signer mon contrat de trop y penser. J’étais plus jeune et je trouvais ça difficile. J’étais différent. Je ne changerai pas mon style. Je sais qui je suis et qui je suis en train de devenir. Je suis en parfait contrôle de mes moyens. La décision ne me revient pas. Je veux rester à Montréal. Je comprends la business. J’ai confiance que de bonnes choses arriveront.»

Le contrat de Pageau

Dans un contexte où le plafond salarial demeurera stable à 81,5 millions $ pour les prochaines saisons, Bergevin a déjà dit qu’il aura des choix déchirants à faire. Oui, il aimerait garder Danault à Montréal. Mais il cherchera à le faire pour le bon prix.

Danault gagnera 3,083 millions $ cette saison pour la dernière année d’un pacte de trois ans. Dans le jeu des comparaisons, il pourrait utiliser le contrat de Jean-Gabriel Pageau avec les Islanders de New York (six ans et 30 millions $) comme base de négociation. Mais Lou Lamoriello a offert ce pacte de 5 millions $ par année à Pageau avant la crise de la COVID-19.

Des propos nuancés

Après l’élimination du CH au premier tour des séries face aux Flyers, Danault avait fait sursauter certaines personnes en mentionnant qu’il ne voulait pas se contenter d’un rôle de troisième joueur de centre derrière les deux jeunes de l’équipe, Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi. En gros, il avait lancé comme message qu’il n’avait pas l’intention de se limiter à un rôle défensif.

«Je peux revenir sur ce sujet, a-t-il dit. Je n’ai jamais dit que je voulais être le premier centre tous les soirs. De ma façon de voir les choses, c’est que le jour où je me décrirai comme un centre uniquement défensif, c’est quand j’arrêterai de m’améliorer. Je ne veux pas me placer dans une chaise précise.»

«J’aimerais servir de mentor pour les deux jeunes, a-t-il continué. Je veux qu’on s’aide et qu’on gagne ensemble. Je crois énormément en eux. Ils ont une bonne attitude et un beau potentiel.»

Voyez l'entrevue avec Danault dans la vidéo ci-dessus.