Crédit : Photo Dominic Chan, Agence QMI

Hockey

La leçon de transparence d’André Tourigny

La leçon de transparence d’André Tourigny

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 23 novembre 2020
Mis à jour 23 novembre 2020

De nos jours, les entraînements des équipes de hockey sont filmés par tous les réseaux de télévision et les journalistes qui y assistent voient tout ce qui se passe et ils relaient eux aussi des images grâce à leur téléphone cellulaire.

Lorsqu’un incident survient que ce soit une altercation physique ou verbale, une prise de bec ou une remontrance, les images se retrouvent rapidement sur les médias sociaux et à la télévision.

C’est toujours inévitable qu'au terme de l’entraînement l’entraîneur-chef et les joueurs sont questionnés sur le dit sujet par les journalistes.

Souvent, les personnes concernées n’entreront pas dans les détails de la dispute ou de la mésentente pour ne pas faire de vagues. Parfois, l’incident est clos, mais très souvent les spéculations prennent le dessus et la suite a un effet boule de neige.

C’est ainsi pour toutes les équipes et à tous les niveaux.

Cependant, André Tourigny a fait la preuve, la semaine dernière, que la transparence pouvait également être un outil fort et puissant. Un outil qui pouvait mettre en valeur autant l’entraîneur-chef, les joueurs et l’organisation.

Entraîneur-chef de la prestigieuse Équipe Canada junior, Tourigny a su gérer à merveille ce qui aurait pu devenir un problème.

Je vous explique.

Les vétérans Kirby Dach et Dylan Cozens sont arrivés légèrement en retard à l’entraînement. Sur les images captées par les caméras, nous avons vu Tourigny s’approcher des deux joueurs. Il leur a parlé calmement et leur a demandé de regarder l’entraînement des estrades.

Lorsque questionné par les journalistes, Tourigny n’a pas joué à la cachette. Voici ses propos rapportés dans l’article du confrère Kevin Dubé, du Journal de Québec. 

«Ils ont reçu des traitements à la suite de notre rencontre matinale et ils sont arrivés juste à temps pour la pratique. Toutefois, on avait expliqué aux joueurs avant la compétition qu’on commençait à 11h30 et si tu arrives à 11h30, tu es en retard.»

« Les deux joueurs ont décidé de prendre le coup pour l’équipe pour que les règles soient fermes. Ensuite, c’était important pour moi que les joueurs comprennent que ce n’était pas moi qui les avais expulsés, mais bien eux qui ont voulu que les règles soient respectées. Je les ai réunis et leur ai donné tout le crédit. Ce sont deux joueurs qui prennent ça à cœur et qui veulent que ça marche de la bonne façon. Ils ont fait preuve de beaucoup de leadership.»

Voilà. La page était tournée.

Tourigny démontre au pays entier qu’il représente l’autorité, qu’il ne donnera aucun passe-droit et qu’il est honnête et intègre.

De leur côté, les joueurs Dach et Cozens prouvent que l’équipe passe avant tout et que le concept d’équipe est primordial.

Et finalement, l’image projetée par l’équipe canadienne junior est celle d’une équipe unie et déterminée à gagner en équipe.

Et les journalistes ? Et bien ils obtiennent les réponses à leur question. Selon moi, tout le monde en sort gagnant.

Transparence et clarté. Aucune zone grise. Du leadership.

Bravo à André Tourigny.