Crédit : Dominick Gravel/Agence QMI

LCF

LCF: que font les joueurs québécois?

Publié | Mis à jour

En cette année qui n’a rien d’ordinaire, les joueurs de la Ligue canadienne de football, qui ont vu leur saison annulée, ont eux aussi dû se réinventer, comme plusieurs autres personnes dans la société. 

Au cours des deux prochains jours, dans une fin de semaine où le match de la Coupe Grey aurait été normalement à l’horaire, nous vous présentons les histoires de Québécois qui se découvrent une nouvelle passion, qui réalisent un rêve ou qui garnissent leur curriculum vitae en prévision de leur après-carrière. 

Patrick Lavoie réalise son rêve d'ado

Pandémie oblige, Patrick Lavoie est de retour à son plan A, 17 ans plus tard.

Au terme de son 5e secondaire, le centre arrière des Roughriders de la Saskatchewan s’est inscrit en techniques de sécurité incendie au Campus Notre-Dame-de-Foy. Recruté par le Rouge et Or de l’Université Laval et sélectionné par les Alouettes en 2e ronde (11e au total) en 2012, Lavoie a délaissé son plan A et s’est tourné vers le football, qui était au départ son plan B.

« Je voulais être pompier avant d’être un joueur de football, souligne celui qui a soulevé la coupe Grey en 2016 dans l’uniforme du Rouge et Noir d’Ottawa lors d’une victoire de 39 à 33 en prolongation face aux Stampeders de Calgary, au cours de laquelle il avait inscrit un touché. Depuis l’âge de 16 ans, je rêve d’être pompier. Je suis vraiment chanceux que la transition se fasse aussi en douceur. Le synchronisme entre l’annulation de la saison dans la LCF et l’ouverture d’un poste est incroyable. Je suis hyper chanceux. Je suis entré au Centre de formation les 14 et 15 septembre au lieu d’avoir une formation de deux semaines et, le 18 septembre, je débutais à la caserne. »

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Faire de nouveau équipe ensemble

Coéquipiers dans les rangs universitaires, les receveurs Marco Dubois et Étienne Moisan le sont de nouveau au sein de l’entreprise Breton Tradition 1944, un leader dans l’industrie agroalimentaire québécoise, où ils ont été embauchés au département des ressources humaines.

«Je mangeais du bacon au déjeuner comme tout le monde, mais je n’avais aucune connaissance de l’industrie porcine, résume Dubois, qui est bachelier en relations industrielles. Je suis natif du centre-ville de Montréal et je ne connaissais rien du cochon.»

Remplaçant à l’Académie Saint-Louis, une institution secondaire privée de Québec, avant le confinement, Dubois recherchait un emploi plus stable.

«Mon ancien coéquipier Christopher Bouchard, avec qui j’ai joué un an à (l’Université) Laval a contacté sa mère, qui est la vice-présidente de Breton et qui cherchait quelqu’un en ressources humaines, raconte-t-il. J’ai passé une entrevue et j’ai été embauché à la mi-mars. Après avoir débuté à l’usine de Saint-Charles de Bellechasse, je travaille maintenant au siège social à Saint-Bernard, en Beauce. C’est parfait pour moi. Je suis dans mon domaine et j’ai beaucoup de choses à apprendre. Comme dans un camp de football où l’on assimile plusieurs jeux en partant, je dois apprendre vite.»

«Comme ancien joueur de la LCF, je pensais que je pourrais coacher comme je le voulais après ma carrière, mais j’ai réalisé que ce n’est pas le cas, de poursuivre le receveur du Rouge et Noir d’Ottawa. J’ai encore l’objectif de coacher et d’occuper un poste de directeur des sports, mais j’aime vraiment ce que je fais et mon projet initial a été repoussé à plus tard.»

«Au début, je pensais qu’il s’agirait d’un emploi temporaire pendant la saison morte, mais j’ai appris à aimer ça plus que je pensais. Je ne retrouve pas l’adrénaline d’un terrain de football et c’est normal, mais le travail d’équipe me plaît beaucoup. On s’aide tous et nous sommes tous proches. J’aime aider les gens à être plus productifs et à solutionner des problèmes. Je ne quitterai pas du jour au lendemain.»

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Félix Faubert-Lussier utilise ses bras à bon escient

Félix Faubert-Lussier a mis ses habiletés manuelles à contribution en se lançant dans l’immobilier pendant cette saison passée loin des terrains de football.

Le demi inséré des Alouettes a acheté un quadruplex à Rosemont dont il a rénové l’intérieur de A à Z. Il habite un des appartements.

«J’ai toujours aimé les travaux manuels et j’avais l’habitude d’en faire, souligne Faubert-Lussier pour expliquer sa décision. C’est valorisant de voir la progression. Tu prends des photos quand tu arrives, et ça change beaucoup à ton départ. Après un gros rush, tu peux relaxer en regardant le produit fini. Les travaux manuels m’ont permis de garder la forme parce que je n’ai pas accès à de gros poids pour m’entraîner.»

«Parce que les entrepreneurs ne travaillaient pas pendant le confinement, j’ai fait plus de travaux par moi-même, d’ajouter Faubert-Lussier. C’est une bonne chose parce que j’ai pu apprendre. Je suis maintenant capable de juger le travail des autres. J’ai aussi réalisé que c’était très possible d’aller chercher mes cartes de la construction. Ça pourrait être une option.»

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Une expérience enrichissante

Même s’il avait apprivoisé l’enseignement grâce à un emploi de suppléant au terme de sa première saison dans les rangs professionnels en 2015, Christophe Normand découvre une toute nouvelle facette du métier d’enseignant en raison de l’annulation de la saison de la LCF.

Enseignant à temps plein à l’école secondaire Monseigneur Euclide-Théberge de Marieville, institution qu’il a fréquentée de 2005 à 2009 et où il a découvert le football, le centre arrière des Alouettes est en effet responsable d’un groupe d’élèves atteints du trouble du spectre de l’autisme (TSA). En compagnie de son mentor Marquis Rodrigue, Normand est responsable d’un groupe de 12 élèves.

«J’aime pas mal ça, souligne le papa de deux jeunes enfants, qui est aussi titulaire d’un groupe régulier d’univers social en deuxième secondaire. L’enseignement est un peu différent. Nous avons un groupe de 10 à 12 élèves et nous sommes toujours deux enseignants. Marquis est comme mon entraîneur. Il m’encadre beaucoup et me sert de mentor. Il a fait sa carrière avec ces groupes d’élèves et c’est rassurant de l’avoir à mes côtés. Sans Marquis, je serais pas mal dans le jus.»

«La dynamique est différente d’un groupe régulier parce qu’on mise beaucoup sur le travail individuel, de poursuivre le détenteur d’un baccalauréat multidisciplinaire de l’Université Laval. On s’adapte à la cadence de chaque jeune au lieu de faire évoluer tout le groupe au même rythme. Comme un entraîneur au football qui adapte ses jeux en fonction de l’adversaire, on adapte notre enseignement au rythme de l’élève.»

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