LNH

LNH: on n'est pas sorti de l'auberge!

LNH: on n'est pas sorti de l'auberge!

Renaud Lavoie

Publié 18 novembre
Mis à jour 18 novembre

La nouvelle convention collective entre la LNH et l’Association des joueurs a été scellée en juin avec la promesse que les séries de 2020 allaient être disputées et que le contrat de travail allait être valide jusqu’à la saison 2025-2026. 

La convention collective stipule aussi clairement qu’elle pourrait être prolongée d’une saison si les joueurs ont une dette de 125 millions à 225 millions $ envers les propriétaires durant la durée de l’entente.   

Je vous rappelle que les propriétaires et les joueurs se partagent équitablement (50/50) les revenus hockey.

Historique  

Au départ la LNH souhaitait commencer la saison 2020-2021 le 1er décembre, mais elle a rapidement changé d’idée alors qu’on ne savait même pas si on allait trouver un vaccin pour combattre la COVID-19 cet automne. 

La NBA a décidé de prendre les devants et a déclaré que sa saison allait commencer le 22 décembre. Évidemment, la LNH ne pouvait demeurer les bras croisés, et c’est pourquoi la date du 1er janvier est arrivée. Officiellement, on peut maintenant dire que le souhait de la Ligue est d’avoir une saison de 60 matchs, mais les dirigeants demandent aussi d’autres concessions financières aux joueurs, au-delà de ce qui avait été négocié en juin.

Les joueurs avaient accepter de reporter 10% de leur salaire pour la saison 2020-2021 (payés trois ans plus tard) et de redonner 20% de leur salaire (via l’escrow) aux propriétaires. L’argent placé en fiducie (escrow) était aussi fixe durant toute la durée du contrat de travail; 14 à 18% pour la saison 2021-2022, 10% pour la saison 2022-2023 et 6% annuellement pour les trois dernières saisons de l’entente.

Pour y arriver, le plafond salarial doit demeurer stable à 81,5 millions $ annuellement, tant et aussi longtemps que la LNH n’atteint pas 4,8 milliards $ en revenus annuellement.

Le problème  

Les joueurs et propriétaires ont signé la dernière convention collective il y a cinq mois, sachant très bien qu’il était probable qu’il n’y ait pas ou peu de spectateurs dans les gradins lors de la saison 2020-2021. Maintenant que ça se confirme, des propriétaires se demandent bien comment ils vont être en mesure de limiter les pertes avec peu d’entrées d’argent. Les revenus provenant des droits de télévision représentent au maximum 40% des revenus de la LNH, ce qui est insuffisant.  

C’est pourquoi la LNH a demandé aux joueurs d’autres concessions. D’abord, qu’ils reportent un autre 13 à 16% des salaires qu’ils devaient toucher la prochaine saison, et qu’ils augmentent aussi la part de leur salaire qu’ils doivent placer en fiducie (escrow) lors des trois dernières saisons de l’entente. Je vous rappelle que le pourcentage était fixé à 6% annuellement pour les trois dernières saisons.

La réponse  

Sur le dernier point, de ce qu’il m’a été permis d’apprendre, c’est que les discussions devraient être très courtes si la LNH insiste sur un changement dans le pourcentage des salaires que les joueurs doivent placer en fiducie lors des trois dernières saisons de l’entente. Ce ne sera pas possible, me dit-on.

Par contre, il est possible que les joueurs acceptent de reporter une partie de leur salaire la saison prochaine, mais pas autant que les propriétaires l’exigent. Si ces derniers insistent pour que ce soit entre 13 à 16%, il est fort possible que ce soit rejeté totalement, à moins que les propriétaires acceptent de faire d’autres concessions ailleurs. Il y a donc une certaine ouverture.

La philosophie  

Présentement, la philosophie des membres de l’AJLNH est la suivante. Si les joueurs avaient un problème avec un point important dans la convention collective signée en juin et qu’ils demandaient aux propriétaires une modification avant le début de la prochaine saison, la réponse serait non.

Autre point. Lorsque la convention collective de 2013 a été signée (ils ont vu leur part du gâteau passer de 57% des revenus à 50%), personne n’avait prévu que le dollar canadien allait perdre au moins 20% de sa valeur face au dollar américain et que les joueurs allaient devoir redonner 13% de leur salaire annuellement aux propriétaires. Les joueurs n’ont pas exigé de rouvrir la convention collective, malgré le fait qu’ils n’aimaient pas du tout cette entente.

Les propriétaires, de leur côté, n’avaient pas prévu que la pandémie allait encore être au cœur des problèmes aujourd’hui. 

Bref, on n’est pas sorti de l’auberge et la patience est de mise, même si une entente devra survenir bientôt pour que la saison commence en janvier.