Crédit : Photo d'archives, Martin Chevalier

Boxe

Une recette à retrouver

Mathieu Boulay

Publié | Mis à jour

Yves Ulysse jr et Mathieu Germain feront les frais de la finale du gala d’Eye of the Tiger Management, dans une semaine à Rimouski. Même s’il sera présenté à huis clos, il existe une effervescence autour de ce combat parce qu’il oppose deux boxeurs du Québec.

À l’époque où il était promoteur, Régis Lévesque était un maître dans l’art d’organiser et de « promoter » les combats impliquant deux athlètes de la Belle Province.

C’est une recette qui s’est perdue quelque peu dans les années 2000 avec l’ascension de quelques boxeurs québécois sur la scène internationale et de la mise sur pied de plusieurs combats de championnat du monde devant les caméras des réseaux américains de télévision.

Ça n’a pas empêché les promoteurs Jean Bédard et Yvon Michel d’organiser le mégacombat entre Jean Pascal et Lucian Bute, en janvier 2014. À ce jour, ce fut le plus gros événement organisé en sol québécois.

Pour cette soirée, le Centre Bell était rempli à craquer. Avec le recul, ce fut aussi une des meilleures sous-cartes à avoir été présentée au Québec. Artur Beterbiev, Eleider Alvarez, Oscar Rivas, Mikael Zewski, Sébastien Gauthier et Ulysse jr en faisaient partie.

Du nombre, deux sont devenus champions du monde : Alvarez et Beterbiev. Ce n’est pas rien.

Depuis cette soirée mémorable, on a eu droit à d’autres duels à saveur locale, mais l’intérêt n’a jamais pu rivaliser avec celui du duel Pascal-Bute.

Trilogies

Dans les décennies 70, 80 et même 90, les combats entre deux Québécois étaient très populaires. Qui ne se souvient pas de la trilogie entre Dave Hilton et Stéphane Ouellet ou de celle entre Alain Bonnamie et Hilton ?

Ces chocs avaient suscité les passions chez les amateurs et dans les journaux. Chaque déclaration était scrutée à la loupe. Pas de langue de bois entre les boxeurs jusqu’à la première cloche de leurs duels.

Cette intensité, durant les semaines qui précédaient leurs affrontements, piquait la curiosité des spectateurs qui s’entassaient dans les différents amphithéâtres.

Si on remonte plus loin dans le temps, on avait eu droit à plusieurs autres événements de ce type au Québec. On n’a qu’à penser au combat entre Donato Paduano et Fernand Marcotte en 1972.

Il ne faut pas oublier aussi celui entre Paduano et Jean-Claude LeClair en 1974 qui avait rempli le Forum de Montréal. C’était l’époque où les gens devaient se déplacer pour assister à une carte de boxe.

Place à Germain-Ulysse

Où se situe le choc Germain-Ulysse parmi ces classiques ? Difficile à dire parce qu’il sera disputé à huis clos, une première pour ce type d’événement.

Avec plusieurs semaines de promotion et une sous-carte régulière, on peut penser qu’il aurait attiré une foule de 3000 ou 4000 personnes au Centre Bell ou au Centre Vidéotron. Toutefois, en raison de la pandémie, les amateurs devront se rabattre sur le site Punching Grace ou le Canal Indigo pour regarder cette carte de cinq combats.

Sur le plan sportif, c’est un duel que les intervenants veulent voir depuis quelques années. Les deux pugilistes ont des styles qui pourraient donner un spectacle excitant.

Le Journal de Montréal a rencontré les deux boxeurs dans les derniers jours afin d’en connaître plus sur leurs sensations à une semaine de leur affrontement.