Ducks c. Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Marc-André Perreault

Nicolas Deslauriers: mentor, policier, papa

Nicolas Deslauriers: mentor, policier, papa

Marc-André Perreault

Publié 14 novembre
Mis à jour 14 novembre

Quand on pense «joueur de hockey», on pense souvent à des millionnaires souvent déconnectés de la réalité. 

Ce n’est pas de la mauvaise foi : c’est presque normal.

Nicolas Deslauriers lui, comprend très bien ce que les gens «normaux» vivent en ce moment. 

Certes, l’attaquant québécois des Ducks gagne bien sa vie, il est un privilégié et il le sait. 

Mais il est aussi propriétaire du centre XPM à St Bruno. Un gym... fermé en raison de la pandémie.

«La vie de joueur, c'est beau, mais je connais la réalité des gens avec ma business», explique-t-il. 

Et qui dit pandémie, dit aussi une routine complètement bouleversée pour les joueurs de hockey professionnels.

Le mentor 

Deslauriers est de retour à Anaheim depuis quelques semaines avec la petite famille.

Les mesures sont moins strictes en Californie, si bien qu’il peut s’entraîner sur glace avec un groupe de huit coéquipiers dans les installations des Ducks.

Et «D-Lo» est devenu le mentor des jeunes Québécois de l’organisation.

«J’aime travailler fort et pratiquer, alors il faut que les jeunes me suivent, souligne le rugueux attaquant. J’ai une bonne relation avec eux, je suis "funny", mais il faut quand même travailler. Je leur dis ce que le coach veut. Si tu ne le fais pas, je n’irai pas le dire, c’est ton problème.»

«J’aurais aimé que quelqu’un fasse ça avec moi en début de carrière.»

Benoit-Olivier Groulx, est l’un des jeunes que Deslauriers a pris sous son aile.

«Quand "D-Lo" est arrivé, tous les Québécois, on était vraiment contents, indique le jeune homme. C’est un mentor pour nous. Son éthique de travail est irréprochable. Sur la glace et au gym, il est toujours le premier arrivé et je peux te dire qu’il ne coupe pas les coins ronds.»

Deslauriers était si concentré, la première fois, qu’il n’avait pas reconnu le choix de deuxième tour des Ducks au repêchage de 2018.

Pourtant, Deslauriers avait côtoyé Groulx en 2010-2011 lors de sa saison avec les Olympiques de Gatineau, dirigé par papa Groulx.

«La 1re fois au camp d’entraînement, il ne m'a pas reconnu et m’as parlé en anglais. Je lui ai dit: tu ne te souviens pas de moi hein?», se souvient le jeune Groulx.

Valorisé à Anaheim 

Cette relation démontre l’importance de Nicolas Deslauriers pour les Ducks d’Anaheim. 

Laissé de côté 20 fois sur 24 à la fin de son séjour avec les Canadiens de Montréal, l’ailier de 29 ans a joué 47 matchs de suite avec les Ducks, en 2019-2020, avant que la pandémie frappe.

En plus de réussir un tour du chapeau à son avant-dernier match, il a terminé la saison avec 14 combats, un sommet dans la ligue et le double du deuxième.

«Ma relation avec le coach a tout changé, admet-il. Dallas Eakins et moi, on a eu un peu la même histoire. Ça ne s’est pas bien terminé pour lui à Edmonton et moi à Montréal. C’était un "fresh start" pour les deux. Quand je suis arrivé, j’étais classé comme un dur, mais je devais prouver à nouveau que je peux jouer au hockey et m’adapter à la nouvelle LNH.» 

«D-Lo» s’est adapté et les Ducks l’ont récompensé avec un contrat de 2 ans et 2 millions de dollars, son plus beau contrat en carrière.

Maintenant, Deslauriers attend, comme tout le monde.

«Des fois, je regarde mes batailles c’est une adrénaline de fou dont je m’ennuie, avoue-t-il. J’ai vraiment hâte que ça recommence. J’ai toujours dit que me battre, c’est aussi le fun que marquer un but mais mon corps, surtout mes mains, avaient besoin de repos. Ça fait du bien.»

Au bout du fil, le Québécois est serein, positif et heureux.

L’exemple parfait d’un changement d’air qui peut relancer une carrière. 

En attendant de la poursuivre, Nicolas Deslauriers continue de travailler aussi fort qu’il l’a toujours fait. 

En entrainant dans son sillon les jeunes de l’organisation californienne et par le fait même, en préparant peut-être son après-carrière.