Marc-André Perreault

Ça, Mike Babcock, c'était chien!

Ça, Mike Babcock, c'était chien!

Marc-André Perreault

Publié 05 novembre 2020
Mis à jour 05 novembre 2020

Dans le hockey, comme dans tous les sports, il y a des records... et des rendez-vous manqués avec l’histoire.

Des plateaux mythiques non atteints pour différentes raisons.

Il y a les blessures, l’âge, les suspensions, les négociations de contrat.... et les égos.   

L’égo de Babcock   

Le 3 avril 2011, Mike Modano est à quatre matchs d’atteindre le plateau mythique des 1500 matchs. 

À 40 ans, il deviendra seulement le 21e joueur de l’histoire de la LNH à atteindre ce plateau.

Le scénario est presque parfait, les Red Wings reçoivent justement le Wild du Minnesota.

Vingt-trois ans plutôt, les North Stars (du Minnesota) avait fait de lui le 1er choix au total du repêchage.

Seul problème, Mike Babcock, qui est entraîneur chef des Red Wings à l’époque, a une autre idée en tête... et un égo démesuré.

Et ce soir-là, Babcock décide de laisser de côté Modano, 2e américain le plus prolifique de l’histoire de la LNH derrière Brett Hull (qui est né au Canada mais possède la double nationalité) avec 1374 points.

Oui, c’était un deuxième match en deux soirs pour Detroit, Oui les Wings étaient dans une lutte serrée au classement, mais comme on dit, «come on»!

Mike Modano a finalement terminé sa carrière en ayant joué 1499 matchs.

Crédit photo : AFP

Pour la petite histoire, l’égo de Mike Babcock a récidivé l’an passé lorsqu’il a laissé de côté Jason Spezza lors du premier match de la saison des Maple Leafs contre le Canadien.

Spezza est un vétéran respecté, natif de Toronto, qui venait de signer un contrat d’un an avec les Maple Leafs.

Vous auriez dû voir son visage après l’entraînement matinal quand il a su qu’il ne jouerait pas le soir. Le pauvre. 

Est-ce que c’était vraiment nécessaire de le laisser de côté et ainsi humilier Spezza?

On ne souhaite jamais de mal à personne, mais plusieurs anciens joueurs de Babcock, dont Chris Chelios et Mike Commodore n’ont pas pleuré quand Mike Babcock a été congédié par les Leafs.

Disons que c’est aussi reconnu dans le milieu journalistique que Mike Babcock ne se prend pas pour vous savez quoi...

998 pour Pronovost    

Si le plateau des 1500 est très rare, le plus symbolique est probablement celui des 1000 matchs.

Il y a souvent une cérémonie, on donne un bâton en argent au joueur avant la rencontre, des fleurs pour la conjointe et les enfants. 

On prend des photos et tout le monde est content. 

Même si 345 joueurs ont réussi l’exploit, c’est toute une réussite.

Le Québécois Jean Pronovost a vu le compteur s’arrêter à 998 (comme Brent Ashton)

Pronovost a quand même connu toute une carrière ponctuée d’une saison de 52 buts et 104 points à Pittsburgh en 1975-76.

En 1980-81 le vétéran a eu une saison très respectable à Washington avec 58 points en 80 matchs.

Mais la suivante, à 35 ans, il joue 10 matchs (4 points) avant d’être rétrogradé dans la ligue américaine et ne jamais être rappelé.

Oui les croyances religieuses de Pronovost ne faisaient pas l’unanimité dans le vestiaire, mais les Red Wings étaient surtout en plein virage jeunesse.

Pronovost et d’autres vétérans ont payé.

Autres rendez-vous manqués   

Des rendez-vous manqués, il y a en des tonnes.

Les deux racontés plus hauts sont ceux qui m’ont le plus frappés. 

Mais voici d’autres exemples qui me viennent en tête.

Andreï Markov, à qui il manque 10 matchs pour atteindre le plateau des 1000 pour avoir été trop gourmand dans ses demandes salariales

Crédit photo : Photo d'archives, Ben Pelosse

Martin Lapointe, qui a été incapable de se trouver un contrat de fin de carrière et ainsi s’arrêter à 991 matchs

Daniel Brière en aura joué 973, étant laissé de côté plus souvent qu’à son tour lors de ses dernières saisons

Andrew Cogliano, un chic type, avait joué 830 matchs de suite avant de recevoir une suspension pour un coup impuni des centaines de fois dans l’histoire

Mark Messier, à qui il manquait 12 matchs pour dépasser Gordie Howe pour le plus grand nombre de matchs joués en carrière.

Henrik Lundqvist n’était qu’à 13 matchs de devenir le 2e gardien de l’histoire, avec Martin Brodeur, à disputer 900 matchs avec la même formation.

Je sais, il y en a des tonnes. Vous, lequel vous a le plus marqué?