Repêchage LNH 2020

Crédit : Photo courtoisie, Lucas Chudleigh/Apollo Multimedi

Canadiens de Montréal

Kaiden Guhle rêve d’Équipe Canada junior

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Depuis cinq ans, le Canadien de Montréal a compté quatre représentants au sein de l’équipe canadienne au Championnat du monde junior. Nick Suzuki et Josh Brook ont porté les couleurs de l’unifolié en 2019, Victor Mete en 2018 et Noah Juulsen en 2017.

Des quatre, seul Mete a gagné la médaille d’or lors du Mondial junior, qui se déroulait alors à Buffalo, aux États-Unis.

Si le CH n’avait envoyé aucun joueur l’an dernier au tournoi présenté à Ostrava, en République tchèque, il pourrait à l’inverse y avoir un espoir avec l’équipe d’André Tourigny cette année dans la bulle à Edmonton.

Kaiden Guhle, le choix de premier tour (16e) du Tricolore au dernier repêchage, a reçu une invitation au camp, qui aura lieu du 16 novembre au 13 décembre à Red Deer, en Alberta.

«C’est incroyable. Chaque fois que tu reçois une invitation au camp avec l’équipe canadienne, c’est un immense honneur, a dit Guhle en entrevue téléphonique au "Journal de Montréal", lundi. Mais ça devient encore plus gros pour le Mondial junior. J’ai grandi en regardant ce tournoi. Avec une invitation, c’est un pas de plus vers la réalisation d’un objectif.

«Quand tu penses aux grands joueurs qui ont représenté le Canada au Mondial junior, c’est assez incroyable. Ce serait un sentiment spécial si je parvenais à gagner un poste. En plus, le tournoi se passera à seulement 30 kilomètres de ma ville natale, Sherwood Park.»

15 défenseurs invités

Tourigny et ses adjoints ont expédié des cartons d’invitation à 15 défenseurs. De ce groupe, Bowen Byram et Jamie Drysdale ont remporté l’or l’an dernier. Ils ont donc déjà leur place au sein de l’équipe. Il restera ainsi six postes à combler pour les 13 autres défenseurs.

«Je ne peux pas dire que je suis sûr de percer la formation, j’aime mieux dire que je me battrai pour ma place, a expliqué Guhle. Il y aura 15 bons défenseurs à ce camp. Ils ne sont pas là par hasard. Je dirais que les 15 gars ont de bonnes chances. Pour être choisi, je devrai connaître un bon camp et je devrai rester fidèle à mon jeu.»

Quand Guhle parle de 15 bons défenseurs, il n’a pas tort. On y retrouvera cinq autres choix de premier tour en plus de lui. Byram (Avalanche, quatrième) et Thomas Harley (Stars, 18e) sont des choix de premier tour en 2019, alors que Drysdale (Ducks, sixième), Braden Schneider (Rangers, 19e) et Justin Barron (Avalanche, 25e) ont connu leur sort dès le tour initial en 2020.

Même identité

Guhle a offert une réponse empreinte de maturité quand on lui a demandé quelle sera la clé pour attirer l’attention des décideurs d’Équipe Canada.

«Je garderai la même identité. Je ne devrai pas commettre l’erreur de devenir le défenseur que je ne suis pas, a répliqué le défenseur gaucher de 6 pi 3 po et 184 lb. Je jouerai selon mes forces, je garderai la même mentalité. J’ai toujours connu du succès en jouant mon style, en conservant mon ADN.

«Je risque d’obtenir des missions plus défensives et de jouer des minutes en infériorité numérique, a-t-il continué. Ça ne me dérange absolument pas, je sais qu’il y a des gars probablement plus offensifs que moi à ce camp.»

Carte différente

Joint par «Le Journal de Montréal», Tourigny a décrit Guhle comme un très sérieux candidat pour l’un des huit postes disponibles à la défense.

«Kaiden peut se démarquer dans plusieurs aspects, a noté l’entraîneur en chef des 67’s d’Ottawa. Il est très bon défensivement, il a une bonne lecture du jeu, il patine très bien, il est robuste et il peut jouer contre les meilleurs trios de l’équipe adverse. C’est un gars avec une mentalité défensive, mais il bouge aussi très bien la rondelle.»

«C’est important d’avoir un bon mélange de joueurs dans une équipe. Même si Kaiden est bon avec la rondelle et qu’il a un assez bon instinct offensif, il reste plus un arrière à caractère défensif. C’est difficile de jouer contre lui. Et tu as besoin de ce type de défenseur dans une équipe.»

Le lendemain du repêchage, soit le 7 octobre, Marc Habscheid avait comparé Guhle à un Kevin Lowe des temps modernes. Une comparaison qui était venue aux oreilles du jeune défenseur des Raiders de Prince Albert.

«Je suis trop jeune pour le connaître comme joueur. Mais je sais qu’il s’agit d’un beau compliment de la part de Marc [Habscheid]. Lowe a gagné la coupe Stanley à plusieurs reprises [cinq fois avec les Oilers, une fois avec les Rangers]. Et je l’ai déjà rencontré. Ma cousine [Breanne] a marié son fils, Keegan. C’est un drôle de hasard.»

Le début du vrai travail

Le 6 octobre dernier, Kaiden Guhle a entendu son nom sortir de la bouche de Marc Bergevin comme premier choix au repêchage du Canadien, le 16e au total. Près d’un mois plus tard, l’Albertain de 18 ans reste le même jeune homme.

«Non, il n’y a pas trop de changements dans ma vie, a dit Guhle lorsque joint par "Le Journal de Montréal". Je garde la même vieille routine. Je me réveille, je pars pour le gymnase, je vais à l’aréna.

«Dans une année normale, j’aurais déjà vécu un camp de développement, un camp des recrues et le véritable camp avec le Canadien. Mais avec la pandémie, il n’y a rien de normal.

Je vivrai un camp éventuellement et j’aurai la chance de visiter Montréal un jour.»

Guhle vient d’une famille de hockeyeurs. Il n’a pas à aller trop loin pour demander des conseils. Son grand frère, Brendan, a déjà joué 59 matchs dans la LNH. Ancien choix de deuxième tour des Sabres de Buffalo en 2015, le défenseur cherche maintenant à gagner sa place au sein de l’organisation des Ducks d’Anaheim. Cette année, Brendan a fait la navette entre San Diego, dans la Ligue américaine, et Anaheim.

Depuis le jour de son repêchage, Kaiden a écouté plusieurs recommandations.

«J’ai reçu plusieurs conseils, mais ça tourne souvent autour du même sujet, a-t-il expliqué. On me dit constamment qu’une fois qu’on est repêché, c’est le début du vrai travail. C’est juste une étape dans notre cheminement. Je le savais déjà, mais c’est bon de se faire marteler le même message.

«Je devrai travailler pour gagner un jour un poste à Montréal. Il y a un repêchage tous les ans, le Canadien sélectionnera encore de bons défenseurs dans le futur. On ne peut tout simplement pas ralentir, il faut toujours travailler le plus fort possible dans le but de s’améliorer.»

Départ en janvier

Contrairement à la LHJMQ, la Ligue junior de l’Ouest a repoussé de plusieurs semaines le début de sa saison. En théorie, Guhle et les Raiders de Prince Albert joueront leur premier match vers le 8 janvier, date probable du lancement des activités dans l’Ouest.

«Il s’agira d’une saison spéciale et différente, a reconnu Guhle. Nous jouerons contre les six mêmes équipes du Manitoba et de la Saskatchewan pour toute l’année. Mais c’est mieux que de ne pas jouer au hockey du tout. Nous jouerons contre de bonnes formations, il y aura de bonnes rivalités.

«J’aurai un avantage à mon retour dans la WHL grâce à ma participation au camp d’Équipe Canada et de ma possible présence au tournoi, a-t-il enchaîné. Ça fait longtemps que je n’ai pas joué un match, mais je regagnerai le rythme d’une rencontre en participant à un camp avec les meilleurs joueurs chez les juniors au pays.

«Si jamais, je ne fais pas l’équipe, j’aurai profité de plusieurs semaines sur la glace à un niveau très élevé. Mais j’ai en tête de gagner ma place avec cette équipe. Ce serait encore mieux pour moi.»

La WHL sera formée exceptionnellement de quatre divisions la saison prochaine. Celle dont fera partie l’équipe de Guhle, les Raiders de Prince Albert, comprendra six autres formations de la Saskatchewan et du Manitoba: les Broncos de Swift Current, le Ice de Winnipeg, les Wheat Kings de Brandon, les Blades de Saskatoon, les Pats de Regina et les Warriors de Moose Jaw.