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Engagé dans le combat que mène son frère

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Le gardien de but et espoir du Wild du Minnesota, Dereck Baribeau, n’a pas à regarder bien loin pour relativiser la situation actuelle qui le prive de son sport favori. Son frère Maxime a appris le mois dernier qu’il était aux prises avec une réapparition de son cancer testiculaire.

Cette nouvelle est tombée comme une tonne de briques dans la famille du hockeyeur originaire de L’Ancienne-Lorette. À 31 ans, près d’une dizaine d’années après un premier combat, son frère aîné a entamé une nouvelle bataille contre la maladie.

Tout en soutenant émotionnellement son frangin à distance, puisque ce dernier vit à Alma, au Lac-Saint-Jean, Dereck Baribeau a choisi de poser une action concrète dans cette lutte. Il a démarré une campagne de financement associée à Movember, mouvement qui se consacre à la prévention de la santé masculine. En 24 heures seulement, il a déjà recueilli plus de la moitié de l’objectif visé de 2000 $.

«Je sais que mon frère va passer à travers ça, c’est un combattant qui est toujours généreux avec tout le monde. Il a tellement toujours donné que je me suis dit que c’était peut-être le temps de lui redonner à son tour et de lui montrer qu’on est là pour lui», a confié l’ancien portier des Foreurs, des Remparts et du Drakkar en entrevue téléphonique avec Le Journal, mardi.

Touché directement

Si le grand gardien de 21 ans a embrassé la cause par le passé en se faisant notamment pousser la moustache, symbole de l’appui au mouvement, elle a une signification bien particulière cette fois.

«Toutes les années, je le faisais pour supporter la cause, mais le fait que ça arrive à quelqu’un dans la famille, ça me touche directement. Je trouvais important de ramasser des dons.»

«J’en avais parlé à mon frère pour être sûr qu’il soit correct avec ça et afin de relater son histoire. Il y a plusieurs personnes qui sont touchées par ça [la santé masculine]. Il ne faut pas que les gens aient peur d’en parler et il ne faut pas que ce soit un sujet tabou», soutient Baribeau, qui a disputé une première saison professionnelle l’an passé dans la ECHL et dans la Ligue américaine.

Un battant

Baribeau est en contact presque quotidiennement avec son frère Maxime qui amorcera bientôt ses traitements de chimiothérapie. En raison de la pandémie de COVID-19, il doit se contenter de le soutenir virtuellement pour le moment.

«Quand on se revoit, c’est comme si on s’était vus la veille. On se parle par téléphone et on l’aide à passer à travers ça. Max est un gars positif qui rit tout le temps. Je ne suis pas inquiet et il va rester positif. Et on va être là pour l’aider dans les moments plus difficiles.»

Si le hockey sert de gagne-pain à l’ancien du Blizzard du Séminaire Saint-François, l’incertitude reliée à la prochaine campagne est bien secondaire depuis l’annonce du diagnostic. Comme quoi il n’y a pas que le sport dans la vie.

«Présentement, je ne peux pas jouer au hockey, mais il y a des choses pires que ça dans la vie. Mon frère vit des moments pas mal plus tough et les journées où ça me tente moins d’aller à l’aréna, je me dis qu’il y a bien pire», avoue-t-il.

Baribeau a hâte d’être fixé

À l’instar de milliers de hockeyeurs professionnels, Dereck Baribeau nage en pleine incertitude en prévision de la prochaine saison. En principe, la fierté de L’Ancienne-Lorette écoulera la deuxième année d’un contrat de trois ans avec l’organisation du Wild du Minnesota.

L’an dernier, remis de blessures à la hanche et à l’aine, il avait signé ses premiers succès dans la ECHL à Allen, au Texas (15 PJ - ,914), avant de goûter à la Ligue américaine avec le Wild de l’Iowa l’instant de quatre rencontres (,875) avant que la pandémie casse le party.

Il attend impatiemment les directives du Wild.

«Si je le savais [où je jouerais], je te le dirais, mais je n’ai aucune idée ce qui se passe, a répondu le jeune homme avec son franc-parler habituel. C’est entre les mains du Wild.»

Le camp comme objectif

Allen fait partie des 13 équipes de la ECHL qui amorceront leur campagne les 11 et 12 décembre alors que les activités de la LAH ne reprendront pas avant février.

«S’il faut que j’aille à Allen, je vais sauter dans mon auto et y aller, sinon je vais attendre le camp de la LNH [date inconnue]. Je veux laisser une bonne impression au camp [...]. Je veux montrer au Wild pourquoi ils m’ont choisi et je veux montrer que je suis dans les plans de l’équipe», a assuré Baribeau qui avait signé un contrat après avoir fait bonne impression à titre d’invité au camp du Wild en septembre 2017, et ce, quelques mois après avoir été ignoré au repêchage de la LNH.

Baribeau s’est préparé dans les derniers mois en compagnie du Québécois Frédéric Chabot, nouvellement responsable des gardiens du Wild après avoir œuvré comme entraîneur du développement des joueurs de cette position de l’équipe.

Baribeau voit grand

Sans dire ouvertement qu’il vise le poste de numéro un avec le club-école, Baribeau aspire à un plus grand rôle, mais la compétition s’annonce féroce. Il sera notamment en lutte avec Hunter Jones, choix de deuxième ronde en 2019 tout droit sorti des rangs juniors.

«Je ne suis aucunement complexé et je veux jouer ma game. On a une job à faire, tous les deux, et c’est d’arrêter la rondelle. Je n’ai pas été repêché, mais on est à la même place. C’est le fun de pratiquer, mais le trip, c’est de jouer des matches. Les gens les plus passionnés vont avancer plus dans des temps comme ça.»