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«Personne ne savait que j’avais gagné le Conn-Smythe»

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Le Québécois Jean-Sébastien Giguère avait réalisé une performance d’anthologie lors du printemps 2003 avec les Mighty Ducks d’Anaheim, si bien qu’il s’était mérité le titre de joueur le plus utile des séries éliminatoires. Et ce, même si aucun coéquipier n’était là pour le partager avec lui.

Et c’est compréhensible. Les Mighty Ducks venaient d’échapper la coupe Stanley lors du septième match de la finale face aux Devils du New Jersey de Martin Brodeur. Et comme la partie se déroulait au domicile des Devils, les joueurs de la formation californienne ne voulaient que quitter l’édifice.  

Alors, ils sont tous retraités au vestiaire, sauf Giguère, qui est resté, seul de son camp, sur la patinoire pour recevoir le trophée Conn-Smythe des mains du commissaire, Gary Bettman.

«Les gars n’ont aucune idée que j’ai gagné le Conn-Smythe, a confié Giguère, jeudi, lors de l’émission Dave Morissette en direct sur les ondes de TVA Sports. À l’ancien aréna des Devils, en sortant de la patinoire, il y avait une table, où les gars faisaient leurs bâtons. 

«Je suis sorti de la glace et il n’y avait personne pour m’aider, tout le monde était dans la chambre. Donc j’ai déposé le trophée sur la table, je ne voulais pas l’emmener dans la chambre, je ne trouvais pas ça approprié.»

Ainsi, le Québécois est rentré les mains vides dans le vestiaire.

«Je ne pouvais pas ramener un trophée individuel comme ça, a-t-il continué. Je l’ai déposé sur la table et je suis allé dans la chambre. Personne ne savait que j’avais gagné le Conn-Smythe pendant au moins 30 minutes. Les gars ont ensuite vu le trophée (sur la table) et ils ont réalisé que c’était moi qui l’avais gagné et ils sont venus me féliciter. Ce n’était pas vraiment un moment où l’on voulait se réjouir.»

En rétrospective, Giguère est fier de sa performance du printemps 2003. Toutefois, il échangerait volontiers son trophée Conn-Smythe contre la coupe Stanley.

«Il n’y a pas une journée qui ne passe pas que je n’échangerais pas ce trophée pour la coupe Stanley, a-t-il indiqué. Le hockey, c’est un sport d’équipe. Quand tu te rends jusqu’à un septième match de la finale, l’esprit d’équipe est tellement grand. Tu es allé à la guerre avec tes "chums" et tu as tellement souffert pendant ces deux mois-là, que de perdre dans ce septième match et d’avoir gagné le Conn-Smythe, et j’en suis fier aujourd’hui, mais j’aurais aimé mieux gagner la coupe Stanley. On joue pour ça.»

Par chance pour lui, Giguère a pu mettre la main sur le trophée quatre ans plus tard, alors que les Ducks ont défait les Sénateurs d’Ottawa en cinq matchs lors de la finale.

À voir dans la vidéo ci-dessus.