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LHJMQ: «une bagarre pourrait faire du sens si...»

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Les bagarres ont-elles encore leur place dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ)?

Le sujet, polarisant, est revenu sur la table dans les derniers jours. 

C’est que jeudi dernier, le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, a soumis deux idées aux propriétaires de son circuit. Ce dernier, visiblement, se range du côté des gens qui en ont assez des combats. Voici donc ses deux propositions.

1. Un bagarreur sera désormais chassé pour 15 minutes.

2. Un joueur sera suspendu après cinq bagarres.

Après avoir pris conscience des idées du commissaire, les différentes équipes ont été appelées à voter. Résultat? 10 formations se sont dites en faveur des propositions, alors que huit ont mentionné être contre. Il aurait fallu que 12 formations votent «oui» pour que le projet du commissaire soit adopté. 

La situation demeure donc la même pour le moment. Des bagarres peuvent toujours avoir lieu dans la LHJMQ. 

Jeudi soir, lors de l’émission «JiC», Jean-Charles Lajoie et Louis Jean ont discuté en long et en large de cet épineux dossier. Voyez le segment complet dans la vidéo ci-dessus.

Louis Jean a d’ailleurs ouvert le bal en dévoilant sa position sur le sujet. 

«Si dans le feu de l’action, je coupe au filet et tu m’attends juste pour me servir un double-échec au visage, un combat pourrait faire du sens. On appelle cela de l’émotion. Après ça, je n’ai aucun problème que les sanctions soient plus sévères. Un 15 minutes? Une suspension prolongée? Ça me va! Si les deux joueurs impliqués jettent les gants dans le feu de l’action, ce n’est pas insensé. 

«Ce que je ne veux plus voir du tout, par contre, c’est un combat engendré par une mise en échec légale où le joueur doit, selon la vieille mentalité, répondre de ses actes. Ça, ça n’a plus sa place! Autant dans la LNH que dans le junior! Un combat où il y a un instigateur, c’est assurément à proscrire.»

Louis Jean s’est ensuite questionné sur la pertinence d’ajouter des mesures disciplinaires supplémentaires en ce qui a trait aux combats. Pour le journaliste, le circuit Courteau fait déjà très belle figure à cet égard et s’améliore chaque année. Alors pourquoi serrer la vis davantage? 

«Au cours des sept dernières saisons, on est passés de 447 combats à 124 cette année. 0,73 combats par match à 0,25. 101 instigateurs à 10 cette saison. À la lumière des faits que je viens de te soumettre, peut-on vraiment parler des bagarres comme d’un problème majeur? Je ne pense pas. Je suis ouvert à l’abolition des combats, mais on dirait qu’ils s’en vont d’eux-mêmes actuellement.»

Jean-Charles Lajoie monte aux barricades 

La prise de position de Louis Jean a semblé inspirer «JiC». Pour lui, justement, il est temps de profiter du fait que les bagarres soient de plus en plus rares pour les éradiquer complètement. 

«Pourquoi ne fait faire le dernier petit bout de chemin qu’il nous reste à faire, Louis? On pourrait ensuite dire que l’on est la première ligue junior canadienne à interdire les combats.»

L’animateur a ensuite soumis une idée qui mérite assurément d’être entendue. 

«Qu’attend la LHJMQ pour imposer la grille complète jusqu’à 18 ans? De cette façon, on interdirait aussi les bagarres impliquant les jeunes de moins de 18 ans. Donc tu sors tous les mineurs du tourbillon que sont les bagarres. Le jour de leur 18e anniversaire, ces joueurs-là décideront bien s’ils veulent porter la demi-visière ou non. 

«Ça règlerait le cas des histoires tordues où un jeune fait huit heures d’autobus en se demandant comment il va s’y prendre pour casser le nez d’un dur à cuire de 19 ans. Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi quatre clubs québécois, incluant les Foreurs et les Huskies, ont voté contre un durcissement des règles entourant les combats. Ça ne me rentre pas dans la tête.»

Louis Jean a finalement conclu sur cette note. 

«Ça prend du courage et du cran pour abolir complètement les bagarres. Je ne suis pas sûr qu’on soit rendus là. Peut-être qu’on devrait. Mais une chose est sûre : le jeune de 16-17 ans qui arrive au camp d’entraînement ne devrait même pas avoir à se demander s’il doit jeter les gants. Que ces jeunes-là jouent au hockey!»