Boxe

Jimmy Boisvert reconnu coupable d'agression sexuelle

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L’entraîneur de boxe Jimmy Boisvert, qui a longtemps travaillé avec le poids lourd Simon Kean, a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur une boxeuse, jeudi, au palais de justice de Trois-Rivières. 

Le soir de l’agression, le 19 novembre 2017, la plaignante dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication s’est retrouvée avec des amis au bar La P’tite grenouille de Trois-Rivières, après un gala de boxe.

Lors du procès, la victime a témoigné que Boisvert s’était d’abord approché d’elle pour souligner son enthousiasme à encourager les boxeurs.

«Il m’a demandé si j’étais bruyante comme ça au lit», a déclaré la dame. Celle-ci a fini par répondre qu’elle était expressive dans toutes les sphères de sa vie.

Plus tard, l’entraîneur a invité la boxeuse à aller voir son premier gym de boxe dans le sous-sol du bar, dont il était propriétaire. À leur arrivée au sous-sol, l’endroit était désert. Il n’y avait plus de gym de boxe.

Jimmy Boisvert a alors essayé d’embrasser sa victime, qui a refusé en lui tournant le tête. L’homme d’affaires a ensuite mis sa main dans la culotte de la victime pour accéder à ses organes génitaux. Il lui a ensuite saisi la main pour la forcer à mettre sa main sur son sexe. Elle lui a plaidé qu’elle avait des menstruations pour qu’il la laisse tranquille.

«J’aurais dû lui mettre mon poing sur la gueule», a-t-elle laissé entendre lors du procès.

Blâmer la victime

Devant le tribunal, Boisvert a blâmé la femme.

«Elle a ouvert la porte pour le sexe et la séduction [...]. Elle a répondu comme une fille intéressée à moi. C’est de sa faute parce qu’on a eu une conversation en disant “oui je crie encore plus fort au lit”... si elle n’avait pas dit ça, je n’aurais pas essayé de l’embrasser», a-t-il dit.

Aux yeux de la procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursière, la décision du juge Jacques Trudel est une victoire qui s’inscrit dans le mouvement «Moi aussi», qui a incité les victimes à briser le silence.

«Avec tout ce qui s’est passé cet été, je suis satisfaite de démontrer que le système de justice est là pour les victimes, même si ce n’est pas facile pour elles. La victime a témoigné avec beaucoup de courage et justice a été rendue. Ça doit être clair pour le monde entier : quand c’est non, c’est non», a soutenu Me Lacoursière.

Les plaidoiries sur sentence se dérouleront le 4 novembre. Jimmy Boisvert risque une peine maximale de dix ans d’emprisonnement.

- Avec les informations d’Amélie St-Yves