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Yvon Michel met son égo de côté

Philippe Asselin

2020-09-22T22:33:26Z

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Le promoteur de boxe Yvon Michel a fait le choix de ne pas porter la suspension qui lui a été imposée par la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) du Québec en appel.

C’est ce que le grand patron du Groupe GYM a indiqué mardi, lors d’une entrevue téléphonique.

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À la fin du mois de juillet, la RACJ a servi une suspension de 15 jours à son organisation pour avoir organisé un combat jugé concerté entre l’ancien combattant de l’UFC Patrick Côté et l’homme fort Hugo Girard, le 29 septembre 2019, dans le cadre d’un gala tenu au centre Pierre-Charbonneau, à Montréal. 

Cette finale avait pourtant comme objectif d'amasser des sous pour une bonne cause.

Quelques semaines plus tard, le promoteur avait clamé haut et fort qu’il «ne le prenait pas» et qu’il allait faire appel. La situation actuelle l’a toutefois incité à changer son fusil d’épaule.

«C’est une question financière. Nous avons fait une évaluation avec nos avocats pour savoir combien ça couterait de porter la cause en appel», a expliqué Yvon Michel, en précisant que cela aurait coûté entre 40 000 et 45 000 $.

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«En ce moment, les ressources financières sont très rares, a-t-il poursuivi. Nous n’avons aucun revenu. Nous avons donc décidé de laisser notre égo de côté.»

Persuadé de sa non-culpabilité 

Avec cette décision, il ne faut cependant pas conclure qu’Yvon Michel donne raison à la RACJ, bien au contraire.

«Nous sommes toujours convaincus que la Régie a erré avec cette décision. Dans l’ensemble, ils ont très bien évalué le dossier. Mais ce point-là, nous ne pensions même pas que ce serait retenu, car nous étions convaincus que c’était au-delà de la juridiction de la Régie.»

Rappelons qu’en plus du combat entre Côté et Girard, l’organisme gouvernemental enquêtait sur la présence de plusieurs membres du crime organisé à l'intérieur du périmètre de sécurité réservé aux officiels, aux services d'urgence, aux médias et aux invités de l'organisateur lors de cet événement. GYM a été blanchi des trois accusations reliées à cette affaire.

Pas de réel impact 

Considérant qu’il est maintenant permis d’organiser des événements de boxe au Québec depuis la fin du mois d’août, Yvon Michel a techniquement déjà purgé sa suspension. Cela n’a donc pas eu d’effet, car le Groupe GYM n’avait et n’a toujours l’intention d’organiser un gala prochainement.

«Ça n’a aucun impact sur notre organisation, mais c’est juste plate d’avoir été reconnu coupable pour une histoire de la sorte», a dit le promoteur.

GYM aimerait pouvoir tenir un gala en décembre, mais Yvon Michel est bien conscient qu’il n’est pas maître de son sort.

«Nous sommes dans une période extrêmement difficile pour toute la société. Si nous voyons une ouverture, nous allons le faire. Présentement, je ne trouve pas que nous avons des conditions gagnantes pour notre organisation et nos athlètes.»

«C’est difficile pour tous nos boxeurs. Il faut cependant mettre ça en perspective à l’intérieur de notre société en général. Il y a des maux plus importants que les nôtres», a-t-il relativisé en faisant référence aux gens malades et aux entreprises dans une situation plus précaire que la sienne.

Des inquiétudes 

Qu’à cela ne tienne, la pandémie a été très dure sur les finances du Groupe GYM. Yvon Michel le dit ouvertement, son organisation a perdu plus d’un million $ dans les derniers mois, mais ce n’est pas ça qui alimente ses inquiétudes.

«Mes craintes ne sont pas financières et je ne suis pas inquiet sur notre capacité de reprendre nos activités. Ce qui m’inquiète, c’est quand nous serons en mesure de revenir. Quand serons-nous capables de faire des événements qui permettront à nos boxeurs d’atteindre leurs objectifs?»

«Pour l’instant, nous sommes en hibernation et nous regardons bien ce qui se passe pour être en mesure d’intervenir au bon moment», a-t-il conclu.

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