Ryan Kesler

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LNH

«J'allais aux toilettes 30 à 40 fois par jour»

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Plusieurs joueurs de la Ligue nationale de hockey (LNH) consommeraient tous les jours de match du toradol, un anti-inflammatoire pour traiter les douleurs aiguës qui est habituellement prescrit pour une durée maximale de cinq jours.

C‘est ce qu’il a été possible d’apprendre dans le documentaire «The Problem of Pain», diffusé mardi soir par la chaîne TSN. Des études ont en effet montré qu’une utilisation prolongée peut mener à des effets indésirables, tels que des problèmes sérieux au foie, aux reins ou à l’estomac. 

Plusieurs joueurs ont ouvertement témoigné à ce sujet, dont Ryan Kesler, qui affirme avoir développé de nombreux problèmes de santé en raison de sa surconsommation. On lui a notamment diagnostiqué la maladie de Crohn l’automne dernier.

«J'avais des trous dans le côlon et des ulcères, et en gros, tout mon intestin a eu des spasmes, a dit l’ancien des Canucks de Vancouver à la caméra. C'est très désagréable. J'allais aux toilettes 30 à 40 fois par jour. Et quand tu vas aux toilettes, c'est du sang pur. C’est épuisant. C'est terrible. Et tout ça parce que je n'étais pas au courant de ce que ce médicament pouvait potentiellement me faire.»

«Tous les joueurs dans un vestiaire prend un médicament contre la douleur, n’importe quoi qui peut aider pour la douleur et te permettre de jouer», a-t-il affirmé.

Comme Superman 

Selon plusieurs intervenants, c’est parce que le milieu est très compétitif – un peu plus de 700 joueurs seulement jouent dans la LNH chaque saison – que les joueurs prennent la décision de jouer malgré les blessures et la douleur. De plus, la culture du hockey pousse les gens de glorifier les athlètes qui demeurent dans la formation même lorsqu’ils sont blessés.

Ainsi, les médicaments pour bloquer la douleur ont fait leur place dans le quotidien des athlètes. Certains continuent d’ailleurs d’en consommer après leur retraite sportive. C’était le cas de Derek Boogaard, qui est décédé après avoir consommé de l’alcool alors qu’il subissait un traitement antidouleur à l’oxycodone.

«Ça faisait partie de ma routine, a révélé l’ancien défenseur Kyle Quincey. Je prenais ça tous les jours à la fin de ma carrière. Il n’y avait aucune façon de disputer toute une saison sans ça. Quand tu prends du toradol, ça masque toutes les douleurs, peu importe à quel point tu es magané. Et ça n’enlève pas la lucidité, alors tu peux te concentrer et jouer un match. Tu peux littéralement courir et percuter un mur et ne rien sentir.»

«À quel point je me sentais bien avec ce médicament? Je me sentais comme Superman. Je ne pouvais pas me blesser.»

Kesler s’est d’ailleurs confié dans ce documentaire pour tenter de faire changer les choses.

«Je crois que c’est important que les docteurs et les entraîneurs s’assoient avec les joueurs pour expliquer les risques. Je n’ai jamais su ce que ça pouvait me faire. Je sens que si j’en parle, ça aidera tout le monde.»