Crédit : Photo Agence QMI, JEAN-FRANCOIS DESGAGNES

Séries 2020 de la LNH

Pari réussi pour BriseBois

Jonathan Bernier

Publié | Mis à jour

Julien BriseBois ne s’est pas laissé affecter par la sortie expéditive de son équipe lors des séries l’an dernier. Obtenant un vote de confiance du propriétaire Jeff Vinik, il en a offert un à Jon Cooper avant de se mettre à la recherche des pièces manquantes aux succès du Lightning de Tampa Bay.

Le boulot qu’il a accompli au cours des 17 derniers mois lui a valu une nomination au trophée Jim-Gregory, remis au meilleur directeur général de l’année. Mais surtout, voilà le Lightning à seulement quatre victoires de remporter la coupe Stanley. 

L’histoire est remplie de directeurs généraux qui ont osé prendre des risques dans l’espoir de se rapprocher des grands honneurs. Souvent, l’expérience tourne au vinaigre. À d’autres occasions, comme dans ce cas-ci, les pièces sont tombées pile au bon endroit.

Le tout s’est amorcé en juillet et août 2019 lorsque BriseBois est sorti du marché des joueurs autonomes avec Patrick Maroon, Luke Schenn et Kevin Shattenkirk dans son sac réutilisable.

Maroon et Schenn n’avaient rien à voir avec le modèle d’affaires de l’entreprise. On est loin de parler de marchands de vitesse aux habiletés offensives au-dessus de la moyenne. Quant à Shattenkirk, il venait de voir son contrat être racheté par les Rangers de New York.

Des aubaines 

Mais BriseBois avait noté que chacun d’eux pouvait combler certaines lacunes. Le plus beau dans tout ça, c’est qu’il a réussi à les attirer à Tampa à une fraction de leur salaire antérieur. Shattenkirk a subi la plus grosse coupe, passant de 6,5 à 1,75 million $.

«En raison de nos succès du passé, nous avons été en mesure d’attirer ces trois joueurs. Comme nous, ils voulaient gagner la coupe Stanley, a expliqué le Longueuillois de 43 ans. Ils savaient quelle était notre situation par rapport au plafond salarial. Ils ont travaillé avec nous de façon qu’on ne soit pas obligé de laisser partir d’autres joueurs.»

Le bas taux d’imposition et le soleil de la Floride ont également dû aider l’argument de vente.

Inactif à la date limite des transactions de 2019, BriseBois a, en février dernier, décidé de miser le tout pour le tout. Il a cédé un choix de premier tour en 2020 (acquis des Canucks de Vancouver) et Nolan Foote (choix de première ronde l’an dernier) en retour de l’attaquant Blake Coleman. Puis, il s’est départi d’un autre choix de premier tour cette année pour faire l’acquisition de Barclay Goodrow.

La tête sur le billot 

On le trouvait déjà un peu fou d’avoir échangé deux choix de premier tour et un brillant espoir pour Goodrow et Coleman. S’il avait fallu que la pause de 142 jours se transforme en annulation pure et simple de la fin de la saison et des séries éliminatoires, BriseBois aurait échangé ces trois gros morceaux pour absolument rien.

«C’est certain que ça m’a traversé l’esprit à un certain moment, a admis l’ancien employé du Canadien. Par contre, mon rôle, c’était de faire en sorte qu’on soit à notre mieux en temps et lieu. Pendant la pause, j’ai surtout axé mon attention sur ce qu’on devait faire pour s’assurer d’être prêt lorsque les activités allaient reprendre.»

La stratégie semble avoir été la bonne. Depuis le début du tournoi éliminatoire, le Lightning n’a perdu que cinq rencontres.

On verra ce que parviendront à faire les Stars de Dallas. Toutefois, pour l’instant, la pandémie est l’obstacle le plus coriace qui s’est dressé devant Tampa. Celui qui lui a mis les plus gros bâtons dans les roues.

Une pause positive 

Néanmoins, il considère que la pause a peut-être été une alliée de son équipe.

«On savait que l’on mettrait la main sur des coéquipiers de grande qualité. Cependant, la pause leur a permis de s’habituer à leur nouvel environnement. On a dû tenir un nouveau camp d’entraînement au cours duquel ils ont pu développer des affinités avec les joueurs déjà en place. Sans cette pause, ça n’aurait pas été possible.»

Évidemment, BriseBois ne pourra pas dire mission accomplie tant que ses joueurs ne soulèveront pas la coupe Stanley. Toutefois, peu importe l’issue de cette finale, il aura réussi sa part du mandat.