Crédit : DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

LHJMQ

Une situation problématique dans la LHJMQ

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Même si le dossier traine en longueur, les équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) demeurent optimistes de pouvoir compter sur leurs joueurs internationaux avant que la saison ne prenne son envol, le 2 octobre prochain.

Le dossier est géré par la Ligue canadienne de hockey, mais la LHJMQ a acheminé les lettres des quatre provinces dans lesquelles elle opère au gouvernement fédéral pour obtenir la permission d’accueillir ces hockeyeurs. 

N’étant pas considérés comme des travailleurs essentiels avec les restrictions aux frontières canadiennes en raison de la pandémie de la COVID-19, ils sont retenus dans leur pays en attente du feu vert du ministère de l'Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada et de l’Agence des services frontaliers.

Même si la saison ne commence que dans trois semaines, le temps commence à filer, surtout que ces joueurs d’outre-mer devront respecter la quarantaine obligatoire de 14 jours en foulant le pays.

«Quand tu as le meilleur gardien de la ligue, c’est un peu stressant, avoue en entrevue téléphonique au Journal l’entraîneur-chef et directeur général du Phoenix de Sherbrooke, Stéphane Julien, en parlant du Slovaque Samuel Hlavaj, recrue défensive du circuit l’an passé. Cela dit, je ne voudrais pas être dans leurs souliers et le gouvernement a peut-être d’autres priorités.

«En même temps, il y a eu des précédents avec les joueurs de la LNH [dans les villes-bulles] et je ne vois pas une grande différence [...] On contrôle ce qu’on peut contrôler et on sait que la ligue fait les efforts nécessaires.»

Le réputé journaliste de TSN, Rick Westhead, a rapporté vendredi que des lobbyistes de la Ligue canadienne avaient rencontré des représentants du ministère dans les dernières semaines. Toujours selon lui, les agents de joueurs disent qu’il y a des préoccupations reliées au nouveau coronavirus pour les joueurs étrangers.

Joueurs importants 

Pour la plupart des équipes, les joueurs européens seront les dernières pièces à ajouter dans la création de leur nouvel alignement. Ils auront leurs mots à dire dans les succès de leur club respectif.

«On ne peut pas se priver d’eux», a confié le directeur général de l’Armada de Blainville-Boisbriand, Pierre Cloutier. Son club attend avec impatience l’arrivée des Russes Yaroslav Likhachev et Maxim Bykov, qui ont déjà une année d’expérience dans les Basses-Laurentides.

«Cela dit, je ne suis pas alarmiste et le temps va faire son œuvre, a poursuivi Cloutier. Il y a encore du temps avant que la saison commence. S’ils sont là pour le premier match, même s’ils n’ont pas eu la chance de pratiquer, ils savent à quoi s’attendre. Je ne suis pas inquiet et la situation va s’éclaircir dans les jours qui viennent.»

Les équipes ont prévu le coup si l’impasse n’est pas dénouée avant le début de la campagne en gardant plus de joueurs sur leur liste finale. N’empêche que cela est loin d’être le scénario idéal.

«Ça signifierait que mon premier gardien aurait 17 ans sans jamais avoir goalé dans la ligue, explique le coach de Sherbrooke. On veut encore gagner cette année, et ça change les plans, c’est sûr. Pour l’instant, on n’a pas de deuxième gardien.»

Différent à Victoriaville 

La situation est toutefois différente à Victoriaville où les Tigres habilleront les Russes Mikhail Abramov et Egor Serdyuk lors du coup d’envoi. Abramov a pu entrer au pays après avoir participé au camp estival des moins de 20 ans de son équipe nationale en raison de son contrat avec les Maple Leafs de Toronto tandis que Serdyuk n’a jamais quitté les Bois-Francs depuis le début de la pandémie.

«Cela a été bénéfique qu’il reste chez nous, il est l’un de nos joueurs les plus en forme [...] On se retrouve dans une situation quand même intéressante», a lâché le directeur général Kevin Cloutier, qui croise les doigts afin que l’Ukrainien Alexander Peresunko, qui n’a pas le statut d’Européen aux yeux de la LCH, débarque dans les prochains jours.