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NBA

Steve Nash, nombril vert ou non?

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Embauché comme entraîneur-chef par les Nets de Brooklyn la semaine dernière, le Canadien Steve Nash admet que son ascension vers ce poste a été pour le moins prématurée.

Certains observateurs ont ainsi mentionné que l’homme de 46 ans n’avait pas suffisamment d’expérience comme instructeur, lui qui a été le directeur général de la formation canadienne senior de basketball et qui a passé les cinq dernières années comme conseiller au développement des joueurs chez les Warriors de Golden State. Néanmoins, l’ex-joueur vedette ne semble pas trop s’en faire et croit en ses moyens.

«Oui, j’ai sauté les étapes, honnêtement, a-t-il dit mercredi en point de presse, par le biais de propos relayés par le réseau YES Network. Mais en même temps, je pense que le fait de mener une équipe de la NBA pendant presque deux décennies est plutôt unique.»

Nash a donc évoqué ses nombreuses années chez les Suns de Phoenix, avec qui il a effectué deux séjours, soit de 1996 à 1998 et de 2004 à 2012, ainsi que chez les Mavericks de Dallas entre 1998 et 2004. Il compte deux titres de joueur le plus utile à son équipe et huit invitations au match des étoiles durant sa carrière s’étant conclue en 2014.

Maintenant, il se dit prêt pour un défi plutôt différent et pour ce faire, son passé l’aidera, selon lui.

«Être le visage d’un club est un privilège. Représenter la tête d’une formation sur le plancher, penser rapidement, composer avec des personnalités et des gens aux habiletés différentes, rassembler des personnes, collaborer avec l’entraîneur et des assistants pendant pratiquement deux décennies : ce n’est pas comme si je n'avais rien fait», a-t-il poursuivi.

Critiques

Malgré tout, quelques-uns sont demeurés sceptiques vis-à-vis le choix des Nets, qui ont complété la saison 2019-2020 avec Jacque Vaughn comme pilote intérimaire après le départ de Kenny Atkinson le 7 mars. Vaughn était l’un des rares Noirs ayant décroché le poste d’entraîneur dans la NBA et il a repris ses fonctions d’adjoint une fois l’arrivée de Nash officialisée.

Admettant avoir «bénéficié du privilège d’être un Blanc», le Canadien a ajouté ne pas être certain que son embauche soit un exemple approprié pour une conversation sur la présence des Noirs au poste d’instructeur-chef dans le circuit Silver.

Aussi, l’ancien propriétaire des Suns, Jerry Colangelo, avait pris sa défense le weekend dernier.

«Ce n’est pas lui qui est la cause de ce faible nombre de Noirs à cet emploi dans la NBA. On lui a offert une opportunité et c’est un gros nom. Il comprenait qu’en disant oui, il allait créer de la spéculation, mais il était prêt à cela, a-t-il affirmé au quotidien "New York Daily News". Nous vivons dans des temps précaires et chaque décision est scrutée à la loupe. Et le sujet de la race est évoqué. Parfois, c’est justifié, parfois, ce ne l’est pas.»