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Canadiens de Montréal

«Il n’y a aucune animosité entre Max et moi»

«Il n’y a aucune animosité entre Max et moi»

Louis Jean

Publié 02 septembre
Mis à jour 02 septembre

Max Domi a été vivement critiqué pour sa mauvaise saison et ses performances décevantes en séries éliminatoires. Certains remettent même en question son attitude. Lors de son bilan de fin de saison, le directeur général des Canadiens, Marc Bergevin, a été candide et direct : il s’attendait à plus du numéro 13.

Comment expliquer que l’attaquant qui a mené l’équipe avec une récolte de 72 points en 2018-19, dont 28 buts, puisse régresser de la sorte l’année suivante? Comment est-ce possible que celui qui était en train de devenir un favori de la foule par sa fougue, son enthousiasme, sa détermination et sa production, soit soudainement devenu le bouc émissaire qu’il faut échanger à tout prix? 

Difficile de mettre le doigt sur ce qui a fait dérailler la saison de Domi. Est-ce la pression de son année de contrat? Est-ce son attitude et manque d’imputabilité? Est-ce en raison de distractions extérieures? Est-ce le rôle et les responsabilités qu’on lui confiait? Est-ce parce qu’il jouait «au-dessus de sa tête» l’année précédente? 

Mardi, on apprenait que Domi coupait les ponts avec son agent Pat Brisson. Le timing était particulier, puisque des discussions avaient été entamées pour une prolongation de contrat. Domi est maintenant représenté par Darren Ferris, de Quartexx Management. Certains y voit une indication que Domi cherche à sortir de Montréal?

D’abord, réglons une chose. J’ai eu une bonne discussion avec Brisson hier soir. Il a été très clair dans ses propos. 

«Il n’y a aucune animosité entre Max et moi, a-t-il indiqué. Nous avons encore une bonne relation. Il a fait beaucoup de sacrifices en raison son diabète. Ça requiert de l’énergie et de l’émotion. Juste d’aller dans la bulle était exceptionnel. Je vais toujours être derrière lui et je lui souhaite la meilleure des chances. »

Tout ceux qui croient que la séparation est liée au fait que Brisson et Bergevin sont des amis de longue date et que l’agent favoriserait son ami au détriment de son client ne connaissent rien au hockey. Brisson n’est pas devenu l’agent le plus influent dans son sport pour rien. Il a une réputation béton. Brisson travaille pour ses joueurs. Bergevin travaille pour Geoff Molson et le bien de l’organisation. Point.

L’avenir de Domi 

Quel est l’avenir de Domi à Montréal?

Difficile à dire avec certitude. Selon ma compréhension du dossier, le Canadien ne cherche pas à se défaire de Domi. On souhaite lui donner une chance de se racheter. S’il revient, ce sera un contrat d’un an ou trois ans. Deux ans ne fait aucun sens, puisque cela l’exposerait à l’autonomie complète. Peu importe le scénario, le contrat que Domi risque d’obtenir en serait un qui lui donnerait la responsabilité de prouver hors de tout doute qu’il est un joueur offensif et qu’il veut vraiment être à Montréal pour longtemps. 

La question est maintenant est de savoir si le natif de Toronto souhaite revenir. 

«Je connais Max et sa famille depuis qu’il est gamin, m’a confié Ferris. Je peux te dire qu’il adore Montréal et qu’il souhaite sincèrement y demeurer. C’est l’équipe qui décidera dans quelle direction elle veut aller. La dernière saison a été difficile pour Max, mais il n’y a pas d’animosité envers l’équipe.» 

Réparer les pots cassés  

Une chose est indéniable, quelque chose s’est brisé au cours des derniers mois. La production de Domi a chuté de façon considérable. Il n’était pas le joueur dominant qu’on connaît. 

La chose la plus facile, c’est de dire que l’organisation ou que l’entraîneur ne l’utilisait pas de la bonne façon. C’est aussi facile de jeter le blâme uniquement sur le joueur. La réalité est qu’il y a une tendance qui se dessine. Rien ne fonctionnait avec les Coyotes. Domi a dû quitter pour se justifier. En est-il au même stade avec le Canadien? Domi doit grandir, il doit maturer et se prendre en main à la suite de cette année difficile. Ça commence d’abord avec lui. 

Est-il est prêt à accepter, vraiment accepter, le rôle qu’on lui confie? Est-il prêt à jouer à l’aile si on juge que Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi l’ont devancé dans l’organigramme? Est-il prêt à se donner entièrement à son équipe et se responsabiliser? Un tête-à-tête entre Julien et Domi sera sans doute nécessaire pour réparer les pots cassés et replacer les choses. Mais si la réponse aux questions est oui, vous allez revoir le Domi de la première année avec le bleu-blanc-rouge. Si la réponse est non, la suite est pas mal plus compliquée et imprévisible.