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F1

Ferrari en perdition

Publié | Mis à jour

La scène était pathétique. Au 19e tour d’une autre épreuve dominée outrageusement par l’écurie Mercedes, les Ferrari de Sebastian Vettel et de Charles Leclerc se sont touchées alors qu’elles se disputaient le... 12e rang.

Alors, imaginez si ce contact, qui n’est pas le premier entre les deux, avait signifié leur abandon... en pleine tempête. Car, oui, c’est une véritable tempête qui déferle au-dessus de la Scuderia en cette saison hors norme.

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Ferrari a atteint le fond du baril au Grand Prix de Belgique dimanche quand ses pilotes n’ont pas été en mesure d’inscrire le moindre point même s’ils ont tous les deux rallié l’arrivée.

Tout aussi pathétique de voir les monoplaces rouges être incapables de résister aux attaques d’une Alfa Romeo ou de perdre un temps précieux à tenter de doubler une voiture de l’écurie Haas. Ces deux équipes ont pourtant l’habitude de rouler en queue de peloton.

Les pilotes n’y peuvent rien

Ne critiquez pas trop les pilotes. La faute est à Ferrari. Pour sa désorganisation certes, mais aussi pour avoir bâti une monoplace carrément mauvaise et produit un moteur qui l’est tout autant.

Le pauvre Leclerc, qui avait réussi à sauver les meubles en début de saison quand il a accédé au podium à deux reprises lors des quatre premières étapes, est maintenant, comme son coéquipier, à court de solutions, et il a clairement laissé savoir son mécontentent pendant la course.

Le Monégasque, que 14e à l’arrivée en Belgique, s’est en effet échappé après un premier arrêt catastrophique de la part de ses équipiers. Ses mécaniciens n’avaient pas préparé les bons pneus, qu’ils ont dû aller chercher à la hâte dans le garage!

Excuses

Furieux, non sans raison, Leclerc s’éclate sur les ondes radio : «Come on... putain de race.»

Un peu plus tard, il s’est excusé pour ses propos tout en regrettant de ne pas avoir fermé la radio.

Tout bascule chez Ferrari, qui, pour la première fois depuis le Grand Prix de Grande-Bretagne en 2014, avait vu, la veille, ses deux pilotes être exclus de la dernière ronde des qualifications (Q3). La course du lendemain aura été la suite logique d’un week-end misérable.

Vettel (13e à Spa-Francorchamps), lui, fait encore pire que son jeune coéquipier, dont le nom figure au 5e échelon du classement cumulatif avec 45 points. Le quadruple champion du monde n’occupe que la 13e place au tableau avec une maigre récolte de 16 points.

Et dire qu’il y a un an, c’est en Belgique que Leclerc avait remporté sa première victoire en F1, avant de compléter un retentissant doublé sur les terres de Ferrari à Monza, dès la semaine suivante.

«Ça ne peut plus continuer comme ça, a déclaré le pilote de 22 ans sur les ondes de la chaîne française Canal +. Malheureusement, a-t-il ajouté, la situation ne devrait guère s’améliorer à Monza. Au contraire, elle pourrait être pire.»

Rester unis

Montré du doigt, le directeur de l’écurie Ferrari a tenté de calmer le jeu en ce dur lendemain de veille.

«Nous sommes déçus et en colère, a indiqué Mattia Binotto, comme doivent l’être nos fans. Nous traversons des moments difficiles, mais on va trouver les moyens de s’en sortir. Nous endossons tous cette responsabilité, moi le premier, a-t-il poursuivi. L’important, c’est de rester unis.»

Les deux prochaines courses auront justement lieu en Italie. D’abord à Monza ce week-end, où, en principe, il s’agira de la dernière course au calendrier à être disputée à huis clos en cette période de pandémie. Et c’est peut-être la meilleure chose qui pourrait arriver à Ferrari, qui ne veut certes pas mal paraître devant des tifosi exigeants.

Puis, ce sera une toute première course au circuit du Mugello, la semaine suivante, un complexe qui non seulement appartient à Ferrari, mais qui va signifier son 1000e départ en Grand Prix.

La presse italienne tire à boulets rouges 

Intraitable, la presse italienne n’a pas ménagé ses mots pour commenter les déboires de Ferrari au Grand Prix de Belgique présenté dimanche.

Nos confrères d’Eurosport ont répertorié quelques manchettes savoureuses au lendemain d’un week-end catastrophique pour la Scuderia.

Pour un, le Corriere dello Sport est allé très loin en affirmant que «la Ferrari n’existait plus et qu’elle a été humiliée dans la maison de la F1».

C’est la première fois en 22 ans qu’aucune monoplace rouge ne terminait dans les points à Spa-Francorchamps quand Sebastian Vettel et Charles Leclerc se sont classés respectivement au 13e et 14e rangs.

«Un chemin de croix»

Il n’est certes pas exagéré d’affirmer que le parcours de Ferrari en Belgique a été l’un des pires de son histoire.

La prochaine escale du grand cirque de la F1 aura lieu à Monza, en Italie, en fin de semaine. Et sans spectateurs en raison de la pandémie.

«Cette Ferrari mérite que la course soit à huis clos, a souligné La Gazzetta dello Sport. C’est un chemin de croix vers Monza.»

L’autre quotidien sportif italien, Tuttosport, n’a guère été plus tendre en écrivant que «la voiture est trop lente et que le cauchemar ne se terminera pas...»

Aux portes de la F1?

Fort de deux autres présences sur le podium la fin de semaine dernière à Spa-Francorchamps en F2, Mick Schumacher continue à alimenter les rumeurs d’une éventuelle promotion en F1 dès la saison prochaine.

Le fils de Michael, septuple champion du monde, serait l’un des principaux candidats pour obtenir un baquet au sein de l’écurie Alfa Romeo en 2021 qui l’a d’ailleurs invité, à la fin de l’année, à participer à une séance d’essais privés destinée aux pilotes recrues.

Après avoir été titré au championnat européen de F3 en 2018, Schumacher, âgé de 21 ans, a entamé cette année sa deuxième campagne dans l’antichambre de la F1 et selon bon nombre d’observateurs, il pourrait bien s’agir de sa dernière.

Même s’il n’a toujours pas de victoire en 2020, il occupe le quatrième rang au classement cumulatif.