Séries 2020 de la LNH

La LNH en arrêt pendant deux jours

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La Ligue nationale de hockey (LNH) a décidé d’emboîter le pas aux autres circuits de sports professionnels en Amérique du Nord : les matchs prévus, jeudi et vendredi soirs, dans les bulles de Toronto et d’Edmonton, seront remis à une date ultérieure.

Les équipes de la LNH qui sont toujours actives ont discuté de la possibilité d’appuyer le mouvement «Black Lives Matter» et de dénoncer les inégalités raciales et la brutalité policière en boycottant une rencontre. Les joueurs ont finalement décidé d’aller de l’avant avec cette forme de protestation. 

 «Après de longues discussions, les joueurs de la LNH croient que la meilleure chose à faire est de prendre du recul et de ne pas jouer les matchs de ce soir [jeudi] et de demain [vendredi] comme prévu. La LNH appuie la décision des joueurs et reprogrammera ces quatre matchs à compter de samedi et ajustera le reste du calendrier de la deuxième ronde en conséquence», ont écrit le circuit Bettman et l’Association des joueurs dans un communiqué conjoint.

Jeudi soir, les Islanders de New York et les Flyers de Philadelphie, ainsi que les Canucks de Vancouver et les Golden Knights de Vegas devaient être en action. Des duels opposant le Lightning de Tampa Bay aux Bruins de Boston et l’Avalanche du Colorado aux Stars de Dallas étaient prévus vendredi.

Un peu plus tôt dans la journée, l'Alliance pour la diversité au hockey (HDA) a formellement exigé que la LNH suspende les matchs prévus en soirée. C'est du moins ce qu'a affirmé l'attaquant des Sharks de San Jose Evander Kane, au lendemain de la vague de boycotts dans d'autres ligues majeures sportives.

L’Association des entraîneurs de la LNH soutient entièrement la décision des joueurs et de la ligue. «Le temps d’écouter est passé, il faut maintenant agir. Nous ne pouvons pas prétendre comprendre la souffrance des hommes et des femmes noirs devant ces injustices raciales insensées et qui n’en finissent plus. Demander l’imputabilité et faire la lumière sur cet enjeu est le seul chemin vers le changement.»

Le mouvement de protestation qui frappe présentement le sport professionnel a été déclenché par l’intervention policière brutale dont a été victime l’Afro-Américain Jacob Blake, dimanche dernier, dans le Wisconsin. L’homme a été grièvement blessé lorsqu’il a reçu plusieurs projectiles dans le dos pendant son arrestation.

Les joueurs réagissent 

Les joueurs des quatre équipes de l’Association de l’Ouest toujours dans la course pour l’obtention de la coupe Stanley se sont réunis pour ne former qu’un afin de s’adresser aux médias.

Nazem Kadri, Pierre-Édouard Bellemare, Ryan Reaves, Jason Dickinson et Bo Horvat se sont tous alignés au podium, alors que leurs coéquipiers s’étaient tous placés derrière eux.

«Je ne pourrais pas être plus fier de ces gars, a indiqué Reaves, d’entrée de jeu. La position que nous prenons [jeudi] en est une qui perdurera. Les deux prochains jours ne pourront pas tout changer, mais les conversations et la prise de position sont puissantes, particulièrement de la part de cette ligue.»

Voyez les propos de Ryan Reaves dans la vidéo ci-dessus.

«Nous savons que ces deux journées ne changeront pas tout, a renchéri Bellemare. C’est un message que nous envoyons à nos organisations et la LNH que nous voulons avancer dans la bonne direction. Nous sommes ici parce que nous ne sommes pas heureux de ce qui se produit en ce moment.»

«C’était une décision importante à prendre et nous avons pris la bonne, a pour sa part mentionné Horvat. Nous devions faire quelque chose et nous lever ensemble.»
Le mouvement de solidarité a commencé jeudi matin, selon les dires de Reaves. L’homme fort des Golden Knights de Vegas s’est réveillé avec quelques messages de la part du défenseur du Lightning de Tampa Bay Kevin Shattenkirk sur son téléphone cellulaire. Puis, s’en est suivi des messages des joueurs des Canucks de Vancouver.

«C’est un message encore plus puissant, a mentionné Reaves. La conversation a commencé avec des joueurs blancs d’autres équipes qui voulaient parler.»

«Dans le futur, ce devra être la ligue au complet. Pas seulement l’affaire d’un ou deux gars», a ajouté Kadri.

La Ligue nationale de hockey a emboîté le pas à plusieurs autres ligues sportives qui ont décidé de suspendre temporairement leurs activités après que leurs joueurs aient décidé de boycotter les matchs afin de protester contre les inégalités raciales. Le mouvement «Black Lives Matter» atteint de nouveaux sommets depuis dimanche, alors que Jacob Blake, un homme noir, a reçu plusieurs coups de feu de la part d’un policier blanc.

Tous les matchs prévus à l’horaire jeudi et vendredi seront remis à une date ultérieure.

Les entraîneurs appuient entièrement les joueurs 

Les quatre entraineurs-chefs toujours présents dans la bulle à Edmonton ont quant à eux donné leur soutien complet aux joueurs et à la ligue.

Rick Bowness, des Stars de Dallas, Jared Bednar, de l’Avalanche du Colorado, Travis Green, des Canucks de Vancouver, et Peter DeBoer, des Golden Knights de Vegas, se sont présentés ensemble devant les médias, jeudi, pour s’exprimer sur la situation.

«Ça vient des joueurs et c’est soutenu par toute l’équipe. Si je peux jouer un rôle là-dedans, je suis absolument ouvert. Je suis ouvert aux idées. Je ne prétends pas savoir par où commencer, mais je suis ouvert à tout», a lancé DeBoer.

«On sait tous que ce seul geste ne changera rien, mais on espère qu’il mettra de la lumière sur le racisme systémique. Pas seulement dans ce pays, mais partout dans le monde», a poursuivi l’entraineur des Golden Knights.

«Nous sommes tous contre les injustices sociales qui ont lieu partout dans le monde. Si les joueurs sentent que c’est la meilleure façon de soutenir la cause, ils ont tout notre appui. Je suis fier de leur prise de position», a indiqué Bowness.

Bednar ressentait aussi beaucoup d’admiration pour les joueurs de l’Avalanche et de la LNH. «Je suis fier d’eux, qu’ils prennent le temps de se réunir et d’en arriver à une décision informée. Je crois que de prendre la décision en groupe, pas seulement dans notre bulle mais aussi dans celle de l’Est, ça envoie un message fort (...) Même si ça ne fait qu’éduquer notre équipe et que ça fait naître des idées, je crois que c’est positif.»

Travis Green croit aussi que les joueurs ont fait la chose à faire. «Il y a le sport et il y a des choses plus grandes que le sport. Je n’étais pas surpris du tout ce matin quand les gars voulaient parler à Ryan Reaves (qui a mené le mouvement). Je sentais que c’était la chose à faire.»

«Je suis derrière les joueurs. Le racisme et l’injustice doivent cesser. Il faut qu’il y ait du changement et prendre action est un moyen d’y arriver. De voir les joueurs essayer de changer les choses, ça me rend fier en tant qu’entraineur», a conclu le pilote des Canucks.