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Football universitaire RSEQ

Saison en péril, le monde est «abasourdi»

Richard Boutin

Publié | Mis à jour

Les sports-études et les ligues scolaires du RSEQ sont en péril pour l’automne.

Même si les camps d’entraînement sont commencés depuis deux semaines et que tout se passe sans problèmes, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a semé la consternation dans le milieu étudiant, mercredi matin, lors d’une entrevue sur les ondes de KYK 95,7 Saguenay.

«Ce n’est pas nouveau le groupe-classe fermé et on ne peut pas assouplir les règles en amont», a-t-il répondu, quant à savoir si le sport et les arts allaient pouvoir profiter d’un statut différent. «Il y a un principe de précaution que l’on doit respecter lors de la rentrée scolaire.»

Tous ont entendu l’hypothèse voulant que le sport scolaire soit en arrêt jusqu’au 1er octobre même si aucune confirmation n’est encore tombée.

Commotion générale

«Le monde scolaire est abasourdi tout comme les élèves et les parents», a résumé le directeur général du Séminaire Saint-François, Luc Savoie, qui a été convié tout comme ses collègues à une rencontre Zoom aujourd’hui avec le sous-ministre de l’Éducation, Éric Blackburn.

«Ça prend de la cohérence. Depuis un mois, le soccer et le basketball ont repris, tout comme le football depuis deux semaines. Le risque n’est pas de zéro, mais l’école est l’endroit le plus sécuritaire. Nos jeunes sont très sensibilisés aux règles sanitaires. Ils sont prudents parce que la dernière chose qu’ils veulent c’est de perdre leur sport.»

En accord avec le principe des bulles-classes, Gustave Roel estime que le ministère de l’Éducation doit faire preuve de souplesse pour le sport.

«On adhère au principe, mais il doit y avoir des alternatives pour le sport, a expliqué le président et directeur général du RSEQ qui garde espoir tant que la politique du gouvernement n’est pas officielle. On souhaite une bulle-classe et une bulle-sport. Le sport pratiqué de façon sécuritaire et éthique peut être un vecteur pour contrer la pandémie. Ça fait partie de la mission du RSEQ de favoriser l’éthique.»

Plan B

Savoie et Roel savent que le milieu du football ne demeurera pas les bras croisés si le ministère de l’Éducation demeure inflexible.

«Ce n’est pas notre choix numéro un, mais on travaille pour les jeunes et la meilleure option est qu’ils puissent faire du sport qui est une partie intégrante de leur vie à l’école, a souligné le DG du SSF. Oui je serais prêt à ce que nos jeunes évoluent dans un circuit chapeauté par Football Québec.»

«Les mordus de football vont jouer coûte que coûte, de renchérir Roel. Parce que la pratique est permise par Football Québec, rien ne les empêchera de jouer. Sans porter les couleurs et le nom de l’école, les équipes composées de joueurs du milieu scolaire vont se retrouver au sein d’une ligue. Dans la région de Montréal, les jeunes se joindront au football associatif [civil] qui amorce ses activités en fin de semaine.»

Au Québec, au niveau secondaire, un total de 220 000 étudiants évoluent dans une ligue scolaire et on retrouve 8500 jeunes dans les différents sports-études. «Je suis un peu nerveux parce que la rentrée se fera lundi, mais je garde espoir que le bon sens va prévaloir», de conclure Savoie.