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Impact de Montréal

Impact: y aura-t-il un match?

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Au moment d’aller sous presse jeudi, on ne savait toujours pas si le match entre l’Impact et le Toronto FC, prévu vendredi soir au stade Saputo, sera disputé.

Tous les signes pointent vers un report dans la foulée des boycottages massifs des activités sportives depuis mercredi, mais aucune confirmation n’a été faite par la ligue et les deux clubs. 

Ci-dessus, voyez les commentaires de Fred Lord à quelques heures du rendez-vous. 

Ce silence laisse tout le monde dans le flou, mais les indices sont cependant nombreux.  

L’Impact n’a tenu aucune rencontre Zoom avec Thierry et des joueurs, ce qui est l’usage la veille d’un match.

Puis la rencontre organisée par le Toronto FC, prévue jeudi à midi, a été retardée, et au bout d’une quinzaine de minutes, un relationniste a tout simplement indiqué qu’elle était reportée et qu’il communiquerait avec les médias plus tard sans donner plus d’explications.

Mouvement   

Le mouvement a été lancé par les Bucks de Milwaukee de la NBA, qui ont refusé de disputer le match contre le Magic d’Orlando, mercredi après-midi.

Il y a eu un effet boule de neige dans tous les autres circuits et la MLS a reporté cinq de ses six rencontres qui devaient avoir lieu mercredi soir, l’autre étant déjà commencée au moment de l’annonce.

L’Association des joueurs, de même que de nombreux joueurs, ont été actifs sur les réseaux sociaux afin de témoigner de leur désir de changement dans la situation sociale aux États-Unis, et plus particulièrement de la façon dont les personnes noires sont traitées.

On ne sait pas encore si le mouvement s’étendra à l’ensemble de la fin de semaine. Seuls l’Impact et le Toronto FC doivent être en action vendredi.

Le calendrier de la MLS comporte toutefois neuf rencontres demain et deux autres dimanche.

Voix discordante   

Une voix discordante s’est toutefois élevée quand le propriétaire du Real Salt Lake, Dell Loy Hansen, s’en est pris à ses joueurs lors d’une entrevue avec une station de radio locale.

Celui-ci n’a pas digéré que son équipe boycotte son match prévu mercredi soir contre le Los Angeles FC.

«Pour moi, le manque de respect est profond. Ils appuient une cause nationale, mais ne soutiennent pas la communauté locale. Ça affecte grandement mon envie d’investir dans cette équipe, que ce soit en achetant des joueurs ou dans la construction de l’équipe.»

Il a même indiqué qu’il n’accueillerait plus de spectateurs au stade et qu’il devrait licencier une cinquantaine de personnes. Il est également propriétaire du Real Monarch de l’USL et de l’Utah Royals FC de la Ligue nationale féminine.

Critiques   

Porte-parole des joueurs de la MLS, Jozy Altidore du Toronto FC lui a répondu de manière cinglante. «Qu’il vende l’équipe, je suis impliqué dans un groupe qui est prêt à l’acheter. Il est temps que ça change.»

Dell Loy Hansen n’en est pas à ses premières frasques puisqu’en 2015, la MLS lui avait imposé une amende de 150 000 $ US pour des commentaires sur les négociations entre la ligue et les joueurs pour un nouveau contrat de travail.

Une joueuse des Royals, Tziarra King, a publiquement critiqué le propriétaire dans trois gazouillis sans équivoque.

On a également avancé que les joueurs du Real Salt Lake s’étaient vu refuser l’accès au centre d’entraînement, jeudi matin, en guise de représailles à leur décision de ne pas jouer mercredi.

Dell Loy Hansen s’est finalement excusé en fin de journée, mentionnant qu’il avait eu une conversation avec le commissaire, Don Garber, qui lui a dit qu’il avait eu tort.

Garber a réagi dans un communiqué laconique, mais il devrait tout simplement le forcer à vendre son équipe.

Les clubs de la PLC ont joué   

La Première ligue canadienne, qui est en plein cœur d’un tournoi à l’Île-du-Prince-Édouard, a choisi de présenter le match entre l’Atlético Ottawa et la Calvalry de Calgary, jeudi.

Mais le mouvement Black Lives Matter a été bien mis en évidence avant la rencontre et les joueurs de toutes les équipes se sont présentés sur le terrain avant le début de la partie, en guise de solidarité.

Le match a commencé, tous les joueurs des autres équipes sont restés autour du terrain, main dans la main, et à 8 h 46, tout le monde a mis le genou au sol en souvenir de George Floyd.

Tout au long de la journée, des dizaines de joueurs de la ligue ont partagé divers messages de soutien à la campagne Black Lives Matter sur Twitter.