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Crédit : AFP

NBA

La NBA, un chef de file

Mathieu Boulay

Publié | Mis à jour

Depuis le début du mouvement Black Lives Matter, les dirigeants de l’Association nationale de basketball, avec le commissaire Adam Silver en tête, ont montré de l’ouverture et de la souplesse face aux événements à caractère racial qui déchirent la population américaine depuis trois mois.

«La NBA a embarqué à 100 % dans le mouvement, a indiqué l’entraîneur associé de l’équipe masculine du Rouge et Or de l’Université Laval, Pascal Jobin. Je ne connais pas le pourcentage des autres ligues professionnelles comme la NFL ou le baseball, mais entre 80 et 85 % des joueurs de la NBA sont des athlètes afro-américains.» 

Lors de la relance des activités dans la bulle à Orlando, les dirigeants de la ligue ont autorisé la diffusion du slogan Black Lives Matter sur les écrans géants. Puis, ils ont accepté que les joueurs mettent des slogans d’une liste prédéterminée sur leurs uniformes.

«Au fil des années, la NBA a été un modèle en termes d’inclusion, a poursuivi Jobin. Ils n’ont pas hésité à embaucher des femmes comme arbitres ou des latinos à des postes clés. C’est la référence des ligues professionnelles à ce chapitre. Ils n’oublient pas que le basketball, c’est mondial.»

Plate-forme 

Selon Jobin, il aurait été surprenant que la NBA mette fin à sa saison de façon abrupte.

«C’est clair que les joueurs veulent jouer. Ça va leur donner une plate-forme pour continuer de diffuser leurs messages à la population, surtout avec les élections américaines qui s’en viennent», a ajouté l’ancien entraîneur du défunt Matrix de Montréal.

«Par exemple, l’entraîneur des Clippers de Los Angeles, Doc Rivers, dont le père a été policier, a mentionné mercredi qu’il doit y avoir des changements à tous les niveaux au sein de la police.»

«Il n’aurait pas pu tenir de tels propos s’ils avaient décidé de mettre fin à la saison. LeBron James a aussi penché en faveur d’un retour au jeu. Pourquoi les gens l’écoutent-ils ? Parce qu’il est un bon joueur de basketball avant tout. Leur plus grand pouvoir, c’est quand ils disputent des matchs.»

Kaepernick, le sonneur d’alarme 

On a tendance à l’oublier, mais c’est le quart-arrière Colin Kaepernick qui a joué le rôle de sonneur d’alarme il y a quatre ans. On se souvient qu’il s’était agenouillé durant l’hymne national américain pour protester contre les inégalités raciales.

«Il s’est fait barrer par toutes les équipes après son geste. Pourtant, tout ce qu’il a fait, c’est de faire réaliser aux gens qu’il y avait des problèmes raciaux importants aux États-Unis», a souligné Jobin.

Puis, depuis quelques mois, plusieurs athlètes professionnels ont repris le flambeau de Kaepernick, dont LeBron James. Le mouvement a fait boule de neige grâce aux réseaux sociaux.

«Il n’y a pas que LeBron qui s’est levé. Ce sont tous les joueurs de la NBA qui sont unis dans cette cause.»

«De plus, pendant la pandémie, les gens ont pris d’assaut les réseaux sociaux et on dirait qu’ils se sont conscientisés à ce qui passait dans la société. Ils se sont rendu compte que ce qui se déroulait était inacceptable.»

«Aujourd’hui, avec les vidéos et les réseaux sociaux, tu ne peux plus te cacher. Plusieurs incidents se sont déroulés dans les années 1970, 80 et 90, mais on ne croyait pas que c’était arrivé.»

Selon les plus récents développements, les séries de la NBA reprendront leur cours aujourd’hui et demain dans la bulle d’Orlando. Il sera intéressant de voir la réaction des joueurs de chaque équipe à leur retour au jeu.