Canucks c. Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

Tomas Tatar fait part de ses intentions

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Pour connaître du succès en séries éliminatoires, il faut impérativement que les gros canons produisent. Sans leur contribution, même en misant sur le meilleur gardien de but au monde, le parcours est voué à l’échec.

Évidemment, il aurait été illusoire de croire que le Canadien de Montréal allait prolonger son séjour à Toronto pendant plusieurs autres semaines. Après tout, en vertu de sa fiche à la limite de l’acceptable (,500), il avait été la dernière équipe invitée au tournoi.

N’empêche qu’il n’en aurait pas fallu beaucoup plus pour que la troupe de Claude Julien, alors dirigée par Kirk Muller, surprenne les Flyers de Philadelphie. Une affaire de quelques buts, considérant que trois des quatre revers subis face aux hommes d’Alain Vigneault l’ont été par la marge d’un seul but (l’autre défaite l’a été par une marge de deux buts).

Par conséquent, l’incapacité de certains à produire au même rythme qu’en saison régulière a fini par peser dans la balance. Tomas Tatar, par exemple, a été limité à seulement deux buts au cours des deux rondes dans lesquelles le Canadien a été impliqué. Deux filets inscrits dans le même match: la victoire de 5 à 0 sur les Flyers.

«C’est sûr que j’aurais aimé produire davantage, que j’aurais souhaité marquer plus de buts. Mais les séries, c’est beaucoup plus que ça», a soutenu le Slovaque.

«Contre Pittsburgh, nous affrontions le gros trio des Penguins. Je suis heureux de ce que l’on a accompli défensivement. Contre les Flyers, j’étais fier de notre équipe. Nous avons bien lutté. D’ailleurs, nous pourrions encore parler de Toronto, et non pas de la maison», a-t-il ajouté.

C’est sans doute là où voulait en venir Phillip Danault, son principal comparse des deux dernières saisons, en stipulant qu’à ses yeux, il ne croyait pas que Tatar avait connu de mauvaises séries.

Printemps discrets

Néanmoins, les difficultés que rencontre l’attaquant de 29 ans lorsque vient le temps de produire en séries éliminatoires sont une tendance lourde dans sa carrière. Il y a deux ans, il avait été laissé de côté dans 12 des 20 matchs du parcours ayant mené les Golden Knights à la finale de la Coupe Stanley. Gerard Gallant l’avait même rayé de la formation dans les trois premiers matchs de la ronde ultime.

Ses séries dans l’uniforme des Red Wings de Detroit n’avaient guère été plus reluisantes. Il n’avait marqué que trois buts en 17 rencontres réparties sur trois printemps.

Or, à l’image de ses deux compagnons de trios (Brendan Gallagher et Danault), Tatar amorcera la dernière année de son contrat. Une entente de quatre saisons au cours de laquelle il a touché 5,3 millions $ par hiver, dont 500 000 $ ont été payés par les Golden Knights au cours de chacune des deux dernières campagnes.

Sur quoi Bergevin basera-t-il son évaluation au moment de déterminer la valeur de celui qu’il a acquis dans la transaction impliquant Max Pacioretty et Nick Suzuki? Son rendement en saison ou celui en séries?

Bonne question.

Un environnement motivant

Dans l’autre camp, Tatar, en raison des nombreux contrats à renégocier chez le Canadien et des incertitudes causées par la COVID-19, serait-il prêt à faire une croix sur une possible augmentation de salaire?

La question ne lui a pas été posée directement, mais il semble que l’argent ne fera pas foi de tout dans ses pourparlers avec le directeur général du Canadien.

«Je me considère comme très chanceux. Je me suis fait beaucoup d’amis en dehors du hockey. Les partisans sont merveilleux, a-t-il indiqué. La direction travaille fort pour amener l’équipe au prochain niveau. L’avenir est prometteur, j’aimerais en faire partie. Mais, c’est une business et tout ne dépend pas de moi.»

Une chose est certaine, il a retrouvé ses ailes depuis son arrivée à Montréal. En fait, c’est sous les couleurs bleu-blanc-rouge qu’il a connu les deux saisons les plus productives de sa carrière. Avec 61 points en 68 matchs au moment où la LNH a mis ses activités en pause, Tatar pouvait songer, pour la première fois en sept saisons complètes, atteindre le plateau de 70 points.

«Ça m’a permis d’avoir un nouveau départ. Après la transaction avec les Golden Knights, tout ce que je voulais, c’est venir ici et jouer au hockey. C’est un bon environnement, on peut sentir la passion. Ça m’incite à m’améliorer chaque jour.»