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Crédit : STEVE MADDEN/AGENCE QMI

Canadiens de Montréal

«Un an et demi, c’est assez long»

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Pour tout athlète de haut niveau, une longue période d’inactivité est un supplice. Imaginez quand cette période s’étire sur une année et demie en raison d’une sérieuse blessure au genou et d’une pandémie que personne n’avait vue venir.

Le 26 mai 2019, sans le savoir, Joël Teasdale allait disputer son dernier match de hockey officiel lorsque ses coéquipiers des Huskies de Rouyn-Noranda et lui ont soulevé la coupe Memorial, emblème de la suprématie au hockey junior canadien.

Le 4 décembre prochain, date à laquelle la Ligue américaine de hockey et le Rocket de Laval espèrent reprendre leurs activités selon l’évolution de la pandémie, il se sera écoulé 18 mois depuis cette fameuse rencontre. Une éternité.

«Je me doutais que ça allait être au moins un an, mais un an et demi, c’est assez long. Le plus long que j’avais arrêté avant était peut-être deux mois, pis même à ça, pendant l’été, je continuais à m’entraîner [...] Je trouve le temps long et j’ai hâte que ça recommence», a avoué l’espoir du Canadien, lors d’une entrevue téléphonique avec Le Journal.

Un défi personnel

À l’instar d’autres joueurs québécois qui se sont montrés prudents dans ces pages quant à la date de reprise espérée par le deuxième circuit nord-américain en importance, Teasdale tempère son enthousiasme.

«Oui, d’un sens, au moins on sait un peu où on s’enligne, alors c’est bon de savoir des choses comme ça, mais en même temps, comme joueurs de hockey, le 4 décembre, on trouve ça loin. Ce n’est pas tout de suite encore. Il y a un peu de positif et un peu de négatif, mais on ne peut pas contrôler ces choses-là», a dit celui qui avait été nommé joueur par excellence au tournoi de la coupe Memorial de 2019.

Teasdale a subi une déchirure ligamentaire du genou droit en août 2019 lors d’un match amical sur la glace de l’Armada de Blainville-Boisbriand, non loin d’où il réside.

Sa période de convalescence devait initialement s’étirer pendant sept mois. Pandémie ou pas, il n’aurait toutefois pas chaussé les patins en séries éliminatoires.

Aujourd’hui, s’entraînant avec le préparateur physique du Rocket, Stefano Lanni, il se considère «pas mal à 100 %».

Lorsque l’action reprendra, il écoulera la deuxième année de son contrat d’entrée de trois ans avec le Canadien.

«Je le vois comme un plus gros défi. J’aurai moins de temps pour me prouver, mais je suis confiant de ce que je suis capable de faire. Je ne suis pas inquiet que je serai capable de performer dans la Ligue américaine. Oui, j’ai moins de temps et c’est malheureux, mais il y a plein de joueurs qui sont dans ma situation. Tout le monde va se battre [pour un poste] et je ne peux pas me plaindre», a assuré l’athlète de 21 ans.

Philosophe

«C’est de l’adversité de plus et on grandit à travers l’adversité. Je n’avais jamais vraiment vécu une grosse blessure et fallait que ça arrive dans ma carrière à un moment donné. Je ne souhaite ça à personne, mais chaque joueur sera blessé au moins une fois dans sa carrière. C’était bon que ça arrive maintenant et j’ai grandi là-dedans puisqu’il y a eu des hauts et des bas.»

En entrevue au confrère Jean-François Chaumont en mars dernier, l’attaquant disait avoir grandement apprécié le soutien de l’entraîneur-chef du Rocket Joël Bouchard à travers cette épreuve. Bouchard l’avait aussi dirigé dans la LHJMQ avec l’Armada.

Cette fois, Teasdale a vanté l’apport indirect qu’ont eu des vétérans du club-école du Canadien.

«J’ai pu voir l’aspect professionnel d’une autre manière durant cette première année. C’était comme si je regardais un documentaire. C’était le fun de me promener et que les joueurs me considéraient dans l’équipe. De voir ce que des joueurs comme Alex Belzile, Karl Alzner et Charles Hudon faisaient, j’ai pris des notes en les regardant aller avant les matchs et après les matchs. Je n’ai pas pu jouer de match, mais je me suis amélioré d’une certaine façon», a-t-il souligné.

Pas surpris

Teasdale n’a par ailleurs pas été surpris que le directeur général Marc Bergevin ne fasse pas appel à ses services lors du camp d’entraînement du Tricolore tenu en juillet en marge de la relance.

«Je pense que c’était clair que j’avais besoin de l’été pour continuer à travailler sur mon genou. Après un an sans jouer, il faut aussi que je travaille sur ma condition physique.»

Pas de doute, il sera prêt quand la rondelle tombera.