Marc Bergevin

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Canadiens de Montréal

«Je crois que Bergevin va les échanger sous peu»

Publié | Mis à jour

Après avoir vu les Canadiens de Montréal connaître un parcours éliminatoire qui, soyons honnêtes, a été largement au-delà des attentes, l’heure est maintenant à l’évaluation. 

Si plusieurs joueurs se sont révélés comme étant de belles surprises, d’autres ont connu d’importantes difficultés au cours de ces éliminatoires 2020. Et la défaite contre les Flyers a également permis de mettre en lumière certains besoins criant de l’organisation dans l’optique où elle souhaite aspirer aux grands honneurs dans les prochaines années.       

Pour analyser le portrait général du CH, à l'heure actuelle, le TVASports.ca a choisi de se tourner vers un homme dont la réputation dans le monde du hockey n’est plus à faire.

Grant McCagg a occupé le poste de recruteur au sein de l'organisation des Canadiens de 2008 à 2010. Encore aujourd’hui, il est activement impliqué dans le monde du hockey, et plus spécifiquement dans l’analyse et le classement des jeunes espoirs.

Il a d’ailleurs fondé le site internet recrutes.ca, et il assiste, chaque année, à un très grand nombre de matchs de hockey. Généralement, McCagg est extrêmement actif sur Twitter lors des matchs du CH, où il ne se gêne pas pour analyser publiquement chaque faits et gestes des joueurs.

L'auteur de ses lignes a d'abord questionné l'homme de hockey sur Jonathan Drouin. 

Ouvertement critiqué en début de séries, le Québécois a ensuite reçu plusieurs éloges à la suite des deux derniers matchs de la confrontation contre Philadelphie, où il a récolté quatre mentions d’aide à la gauche de Nick Suzuki. 

Mais une question demeure : Drouin deviendra-t-il un jour le joueur dominant et constant que tout le monde espérait voir à son arrivée, ou est-il davantage un joueur de 50 points par saison? 

«Jonathan Drouin est le joueur le plus difficile à cerner, honnêtement. Autant il peut paraître mou et en mauvaise forme lorsque les matchs n’ont pas d’enjeu, autant il peut se montrer décisif lorsque les parties veulent dire quelque chose. Je me rappelle à quel point il excellait dans la LHJMQ quand les Mooseheads étaient en difficulté. On dirait que lorsque les Canadiens se retrouvent dans le pétrin, c’est là qu’il se dit qu’il doit jouer. 

Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM

«Il doit avoir cette attitude pendant une saison entière, et non pas seulement quand la saison de l’équipe est en jeu. Dans les deux derniers matchs de la série, Suzuki et lui ont été les meilleurs attaquants des deux équipes sur la patinoire.

«Je crois fermement que Drouin peut récolter 70 points dans cette ligue. Il a tout ce qu’il faut pour amasser 50 mentions d’aide dans la LNH. Il a 25 ans. Les meilleures années des joueurs sont généralement dans la tranche d’âge 24-30. Alors il a encore le temps d’exploser. Il peut à mon avis être une grosse partie du futur des Canadiens.»

Le cas Ryan Poehling       

Le cas Ryan Poehling a également retenu l'attention de McCagg. 

Ces séries 2020 auront été l’occasion d’assister à un jeu de chaise musicale sur le quatrième trio. Dale Weise, Jordan Weal, Alex Belzile, Charles Hudon et Jake Evans se sont tous succédés à un moment ou à un autre sur la quatrième unité. Mais Ryan Poehling n’a jamais été sollicité par ses entraîneurs.

Qu’en pense l’ancien recruteur? 

«On entend tellement de rumeurs sur lui! Mauvaise forme physique, accro à Fortnite... Mais il est encore très jeune! Regardez Patrik Laine. Il n'était pas en bonne condition physique l'an dernier et il est arrivé en grande forme cette année. Poehling doit faire de même et y aller d’une prise de conscience. C'est indéniable. 

«Il ne faut pas oublier que le #25 a toujours démontré beaucoup de caractère dans le passé. Il doit prendre ces séries comme une leçon. Je crois qu’il va se présenter en forme au prochain camp d’entraînement. 

«Il a toujours été l’un des meilleurs au fil de sa carrière, et plus spécifiquement au sein du programme de développement américain. C’est maintenant à lui de rebondir. En début de saison, Poehling était hiérarchiquement en avance sur Suzuki. Regardez où on en est aujourd’hui...»

Deux joyaux    

McCagg a ensuite été invité à se prononcer sur le rendement que pourraient offrir Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi lorsqu’ils auront atteint leur plein potentiel. Les deux jeunes patineurs ont accompli de grandes choses lors des dernières semaines. McCagg s’est montré très élogieux et encouragé dans leur cas. 

«C’est bien la première fois depuis un sacré bout de temps que les partisans des Canadiens peuvent se vanter d’avoir deux joueurs de centre de qualité sur le plan offensif! Nick Suzuki est déjà, en plus de son incroyable rendement en attaque, l’un des meilleurs pour tuer des pénalités. Il est utilisé à outrance en désavantage numérique et ça en dit long sur l’estime que lui portent les dirigeants du Tricolore.

«Quand tu vois un joueur de première année devenir le premier centre de l’équipe en pleines séries éliminatoires, ça en dit très long sur le potentiel du patineur en question. Je ne dis pas qu’il aura exactement le même impact que Patrice Bergeron, mais leurs styles de jeu sont très similaires. Suzuki est excellent dans les trois zones et il aura une belle carrière à frustrer les meilleurs éléments adverses, tout en marquant des buts.»

Crédit photo : Photo Martin Chevalier

Et pour «KK»? 

«Dans le cas de Kotkaniemi, ce qui est plaisant, c’est qu’on a seulement vu la pointe de l’iceberg. Le simple fait de le voir évoluer autant entre le jour un du camp d’entraînement et la fin des séries en dit long sur l’immense potentiel qu’il détient. Je crois sincèrement qu’il peut récolter 50 points dès la saison prochaine. En travaillant encore un peu sur la force de ses jambes, Kotkaniemi pourra réaliser de grandes choses dans cette ligue.

«Présentement, je ne veux pas m’avancer à dire qui sera le centre numéro un entre Suzuki et Kotkaniemi. Ce que je peux dire, pour l’instant, c’est que les Canadiens auront très bientôt un centre 1A et 1B.»

«Ils sont assurément les deux candidats les plus susceptibles d’être échangés»      

Avec la récente élimination du CH, le moment est déjà venu de parler des dossiers prioritaires avec lesquels le directeur général Marc Bergevin devra jongler dans les prochaines semaines. 

Pour McCagg, les situations de Max Domi et Tomas Tatar seront particulièrement intéressantes à suivre.

«Les deux joueurs ont été à plat en séries. Je suis d'avis que les Canadiens ont besoin de mettre la main sur un ailier imposant doté d’importantes aptitudes de marqueur. Je crois que Bergevin va tenter d’échanger Domi et Tatar en compagnie d’un choix au repêchage pour acquérir un joueur du genre.

«Il sait qu’il a besoin d’un marqueur-pur. Le #13 et le #90 sont assurément les deux candidats les plus susceptibles d’être échangés. Bergevin voudra ajouter du poids et du talent sur les ailes.»

«De sérieux prétendants d’ici deux ans»      

La sempiternelle question que tout le monde se pose, maintenant : à quel moment les Canadiens seront-ils enfin considérés comme une équipe qui aspire sérieusement à la coupe Stanley? 

La réponse de McCagg en fera sourire plusieurs. 

«La parité est tellement grande dans cette ligue, que tout le monde a une chance légitime chaque année. Les choses vont tellement vite. Certaines équipes se transforment rapidement en prétendantes aux grands honneurs. Les Flyers et les Islanders, qui n’étaient pas considérées l’an dernier, sont maintenant en demi-finale d’association. 

«Dans le cas des Canadiens, le talent est de plus en plus présent. Si Bergevin complète quelques bons échanges et que Romanov devient le joueur qu’il est supposé devenir, je dirais qu’ils pourront être de sérieux prétendants d’ici deux ans.»

Voilà qui se veut franchement rassurant, non?