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Vincent Destouches

Impact: 5 joueurs qui ont la pression

Impact: 5 joueurs qui ont la pression

Vincent Destouches

Publié 24 août
Mis à jour 24 août

La saison régulière de la MLS a repris ses droits, et l’Impact de Montréal s’apprête à faire sa rentrée... pour la troisième fois de l’année 2020.

En février et mars, les premiers pas de l’Impact version Thierry Henry avaient suscité un certain enthousiasme auprès des partisans. Mais le visage que le Bleu-Blanc-Noir a affiché en juillet, lors du tournoi de reprise à Orlando, a plutôt ravivé des mauvais souvenirs, voire laissé place à l’inquiétude. 

Malgré tout, en cette fin août, Montréal va retrouver son domicile du Stade Saputo dans une position appréciable au classement, puisque le club se retrouve septième, à trois points du podium, avec un match en main sur tout le monde (sauf Nashville). 

Bref, l’occasion est belle d’accrocher le bon wagon en disposant des Whitecaps de Vancouver, mardi, d’autant que les hommes de Marc Dos Santos viennent de subir deux défaites à Toronto.

Mais alors que l’Impact va jouer sur trois tableaux en cette fin de saison – MLS, championnat canadien, Ligue des champions –, beaucoup de doutes subsistent sur le potentiel véritable de cette équipe, ainsi que sur son système préférentiel et sa colonne vertébrale. 

Ils sont beaucoup à devoir hausser leur niveau de jeu. En voici cinq qui ont une pression particulière.

Bojan 

C’est l’évidence. Bojan, qui compte 3 buts et 1 passe en 12 matchs depuis son arrivée, le 7 août 2019, n’est pas au niveau espéré par le club et les fans. Pire, son insertion dans cet effectif ne paraît pas cohérente, lui qui a un profil très (trop?) particulier. En fin de contrat, il devra sortir de grandes prestations pour forcer le club à lever son option pour 2021 – option qui ferait de lui un joueur désigné. Mission impossible? Probablement. D’autant que le club a besoin de faire de la place sous le plafond afin de pouvoir s’améliorer... A priori, Bojan est le fusible le plus évident à faire sauter pour ce faire. Il se pose donc la question de sa motivation à porter l’Impact dans cette fin de saison. Mais au-delà de Montréal, c’est de sa carrière dont il s’agit. Et s’il veut s’ouvrir des portes, il devra bien jouer, point à la ligne.

Rod Fanni 

En difficulté à Orlando, Rod Fanni a dû affronter les gros yeux de Thierry Henry, qui l’a même relégué sur le banc pour le 2e match du tournoi « La MLS est de retour ». Coupable de plusieurs erreurs, dont celle qui a coûté l’élimination à l’Impact, Fanni n’a pas non plus pris sa place de général de la défense. À mon grand étonnement, c’est Binks qui a été le leader vocal, commandant la ligne défensive, l’incitant à remonter, etc. Même si « Flash Papi » paraît insubmersible, les multiples interruptions de saison et les différentes préparations physiques l’ont-ils entamé? Fanni doit répondre sur le terrain et apporter un peu plus de sécurité défensive, d’autant que son avenir n’est pas non plus assuré.

Zachary Brault-Guillard 

À la surprise générale, il n’était pas l’un des pions essentiels de Thierry Henry à Orlando. L’entraîneur a ciblé son poste de latéral/piston droit pour tenter des « coups » lors des deux premiers matchs, lançant Samuel Piette et Shamit Shome à sa place (sans succès). Redevenu titulaire contre DC et Orlando, ZBG n’a pas été un réel facteur, ni même un moteur de l’Impact, contrairement au début de saison. Il est entendu que l’entraîneur-chef s’inquiète de ses largesses défensives. Résultat : on l’a vu moins haut sur le terrain, moins agressif, moins entreprenant. Brault-Guillard doit trouver le juste équilibre dans son jeu, car l’Impact ne peut se priver de ce latéral moderne qui pilonne son couloir et qui apporte verticalité, percussion et largeur à son équipe.

Samuel Piette 

Le Québécois, qui a prolongé avec l’Impact pendant la saison morte, a aussi vu deux joueurs arriver à son poste : le joueur désigné Victor Wanyama et Emanuel Maciel. Le problème, c’est qu’Henry semble privilégier les deux derniers pour le poste de sentinelle devant la défense (qui est le pain et le beurre de Piette). Autant je peux comprendre pour l’Argentin, qui est un numéro 6 moderne, excellant dans la relance et la distribution d’une position basse, autant je trouve que dans une ligue comme la MLS, les qualités du Kényan seraient mieux exploitées dans un poste de milieu relayeur. Mais le débat n’est pas là. Par la force des choses, Piette a dû avancer d’un cran sur le terrain. Il est dorénavant plus exposé dans ce rôle de relayeur, qui situe à la fois ses limites et sa marge de progression. À lui de saisir l’opportunité pour élargir sa palette de jeu (et faire taire ses critiques). Tout de même, ce contexte lui met la pression. J’ai l’impression qu’on ne lui pardonne plus rien... et qu’il sera un des premiers à écoper si les choses tournent mal.

Thierry Henry 

Petite exception ici : il n’est pas un joueur, mais la pression est réelle sur l’entraîneur. Je ne le découvre pas, mais je suis tout de même stupéfait de voir le nombre de personnes qui veulent le voir échouer (surtout en Europe). Sa présence fait en sorte que les résultats de l’Impact sont scrutés à la loupe. Or, son équipe a fait quelques pas en arrière à Orlando. Est-ce qu’il peut en retirer des leçons pour faire avancer son projet de jeu? Il faut l’espérer, car au contraire d’autres clubs, l’Impact ne peut se reposer sur ses individualités. Cela met donc plus de pression sur l’expression collective et... le coaching. Au début de saison, il avait trouvé le bon filon et comme l’équipe tournait bien, plusieurs éléments qu’on n’attendait pas étaient sortis du lot (Urruti, Corrales, Waterman, etc.). À lui de retrouver la recette, car quand on s’appelle Henry, le moindre faux pas coûte cher...