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Crédit : AFP

Indycar

Takuma Sato, vainqueur de l'Indy 500

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

Takuma Sato est devenu dimanche le 20e pilote de l’histoire à remporter l’épreuve mythique des 500 Milles d’Indianapolis au moins deux fois.

Le vétéran pilote japonais a doublé Scott Dixon avec 20 tours à parcourir pour prendre la tête de l’épreuve et ne plus jamais la quitter.

Sato, il est vrai, a été favorisé par un sérieux accident impliquant l’Américain Spencer Pigot à cinq boucles de la fin, qui a forcé les officiels à déployer le drapeau jaune jusqu’au baisser de rideau.

Contrairement au NASCAR, la série IndyCar ne prévoit pas de prolongation et doit signifier la fin de la course dès que le total de tours prévu initialement est atteint.

Le Torontois James Hinchcliffe a été le meilleur des deux Canadiens inscrits à la compétition en ralliant l’arrivée au septième rang.

Quant au double champion du monde de F1 Fernando Alonso, à son deuxième départ au Indy 500, il n’a pu faire mieux que la 21e place, concédant même un tour au vainqueur.

Un effort d’équipe

«Je cherche les mots pour décrire mes sentiments», a dit le pilote de 43 ans, déjà vainqueur de cette classique annuelle il y a trois ans. «Nous avons effectué notre dernier arrêt au puits de ravitaillement un tour avant celui de Scott. Nous savions qu’il aurait été une menace à la fin, mais nous avons tenu le coup.»

«Je dois remercier mon équipe pour son effort soutenu. C’est la récompense d’un travail acharné. Les circonstances ont fait que nous n’avons pas eu à forcer la note à la fin. On n’y peut rien, mais l’important, c’est que Spencer ne soit pas blessé.»

Une fois sorti de son bolide amoché, l’Américain a paru sonné. L’équipe de secouristes l’a conduit au centre médical du circuit, où il a obtenu son congé quelques minutes plus tard.

L’impact a été particulièrement violent avec le mur de protection, à l’entrée des puits, qu’il a heurté à très haute vitesse.

Spencer doit certes remercier les dirigeants de la série d’avoir implanté de nouvelles mesures destinées à améliorer la sécurité de ses pilotes. On n’est pas certain, en effet, qu’il serait sorti vivant d’une embardée aussi violente si elle était survenue il y a quelques années.

Sept abandons

Présentée à huis clos pour la première fois en 104 ans et reportée de trois mois en raison de la pandémie, la course a été fertile en rebondissements. Au total, sept pilotes ont été forcés à l’abandon, la plupart à la suite d’accidents, sans gravité toutefois.

Au 25e tour, le Suédois Marcus Ericsson, autre transfuge de la F1, était victime d’un dérapage qui mettait un terme à son parcours. Puis, au 41e tour, l’Ontarien Dalton Kellett, à son premier départ au Indy 500, a lui aussi heurté un mur de protection, ce qui allait signifier son retrait.

Au 92e tour, un autre moment d’inquiétude est survenu quand les pilotes Conor Daly et Oliver Askew ont heurté le mur à quelques secondes d’intervalle. Askew, particulièrement, a été chanceux de s’en tirer sans blessure malgré la force de l’impact.

Rahal troisième

Graham Rahal, fils de Bobby Rahal, l’un des copropriétaires de l’écurie gagnante, a pris le troisième rang. Santino Ferrucci et Josef Newgarden ont complété le top 5. Bobby Rahal avait remporté cette course prestigieuse en 1986.

Meneur au championnat de la série IndyCar, Dixon, lui, convoitait un deuxième succès sur le célèbre ovale de l’Indiana après sa victoire en 2008.

«C’est un résultat décevant», a reconnu le Néo-Zélandais, qui a mené 111 des 200 tours de la course. «Nous avions certes la voiture pour gagner, mais je dois donner crédit à Takuma, qui a mené la course au bon moment.»

Détenteur de la position de tête, Marco Andretti, petit-fils de Mario, s’est fait doubler avant la fin du tour initial et n’aura jamais été en mesure de renouer avec le premier rang. Il a terminé à une décevante 13e place.

Quant à Simon Pagenaud, vainqueur de l’épreuve l’an dernier, une touchette avec Ryan Hunter-Reay au 132e tour lui aura valu un arrêt imprévu au puits pour changer un aileron endommagé. Son nom apparaît à la 22e place au tableau final.

Déception pour Alonso

À sa première présence aux 500 Milles d’Indianapolis en 2017, Fernando Alonso était un candidat à la victoire quand il a mené le peloton pendant 27 tours avant d’être victime d’un ennui mécanique.

À sa deuxième participation à cette course mythique dimanche, après avoir raté sa qualification l’an dernier, le double champion du monde s’est montré très discret.

Le vétéran espagnol a terminé son parcours au 21e rang, non sans avoir concédé un tour au vainqueur, le Japonais Takuma Sato.

Après s’être élancé de la 26e place quand le signal du départ a été donné, Alonso a su remonter le peloton pour occuper le 15e rang à la mi-course.

«Il a été très difficile de maintenir le rythme des meneurs, a expliqué Alonso. Notre moteur [Chevrolet] manquait cruellement de puissance.»

Les monoplaces de Sato et des trois pilotes qui l’ont suivi au fil d’arrivée étaient toutes motorisées par Honda.

«Heureux d’avoir terminé»

Malgré cette performance mitigée, Alonso ne cachait pas sa satisfaction d’avoir tout au moins complété la course pour la première fois de sa carrière.

«C’est certain qu’on aurait souhaité un meilleur résultat, a-t-il avoué, mais je me suis rendu jusqu’à la fin. Honnêtement, je suis heureux d’avoir terminé cette épreuve. C’est une expérience enrichissante dont je vais me souvenir toute ma vie.»

Alonso a affirmé avoir éprouvé un problème avec l’embrayage après la mi-course.

«Lors de mes derniers arrêts au puits de ravitaillement, toutes mes relances se faisaient avec un démarrage manuel, a-t-il raconté. Mes mécaniciens devaient me pousser pour que je puisse reprendre la piste.»

Recruté par l’écurie Renault, Alonso renouera avec la F1 pour les deux prochaines années. Toute participation au Indy 500 est donc exclue avant 2023.

RÉSULTATS DE LA 104E PRÉSENTATION DES 500 MILLES D’INDIANAPOLIS

1. Takuma Sato (JAP/Rahal-Letterman) 200 tours

2. Scott Dixson (N-Z/Ganassi) 200 tours

3. Santino Ferrucci (E-U/DCR) 200 tours

4. Graham Rahal (E-U/Rahal-Letterman) 200 tours

5. Josef Newgarden (E-U/Penske) 200 tours

6. Pato O’Ward (MEX/McLaren) 200 tours

7. James Hinchcliffe (CAN/Andretti) 200 tours

8. Colton Herta (E-U/Andretti-Steinbener) 200 tours

9. Jack Harvey (G-B/Meyer Shank) 200 tours

10. Ryan Hunter-Reay (E-U/Andretti) 200 tours

11. Helio Castroneves (BRÉ/Penske) 200 tours

12. Felix Rosenqvist (SUÈ/Ganassi) 200 tours

13. Marco Andretti (E-U/Andretti-Herta) 200 tours

14. Will Power (AUS/Penske) 200 tours

15. Zach Veach (E-U/Andretti) 200 tours

16. J.R.Hildebrand (E-U/Dreyer&Reinbold) 200 tours

17. Max Chilton (G-B/Carlin) 200 tours

18. Charlie Kimball (E-U/Foyt) 200 tours

19. Tony Kanaan (BRÉ/Foyt) 199 tours

20. Rinus VeeKay (P-B/Carpenter) 199 tours

21. Fernando Alonso (ESP/McLarenSP) 199 tours

22. Simon Pagenaud (FRA) Penske 198 tours

23. Ben Hanley (G-B/Dragon Speed) 198 tours

24. Sage Karam (E-U/Dreyer&Reinbold) 198 tours

25. Spencer Pigot (E-U/RLL) 194 tours

26. Ed Carpenter (E-U/Carpenter) 187 tours

27. Alexander Rossi (E-U/Andretti) 143 tours

28. Alex Palou (ESP/Coyne) 121 tours

29. Conor Daly (E-U/Carpenter) 91 tours

30. Oliver Askew (E-U/McLaren SP) 91 tours

31. Dalton Kellett (CAN/Foyt) 82 tours

32. Marcuss Ericsson (SUÈ/Ganassi) 24 tours

33. James Davison (AUS/DCR) 4 tours