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Canadiens de Montréal

Les trois éléments qui ont coulé le CH selon Daniel Brière

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La série Canadiens – Flyers avait une signification bien particulière pour Daniel Brière. 

C’est que le Québécois, au fil de sa prolifique carrière dans la LNH, a évolué pour les deux formations. Que ce soit à Montréal ou à Philadelphie, il a connu de bons moments et garde d’excellents souvenirs des deux marchés.      

Le petit droitier, maintenant retraité, était donc bien heureux d’apprendre que le CH allait se frotter aux Flyers. Il n’allait certainement pas se faire prier pour regarder cette confrontation éliminatoire impliquant ses deux anciennes équipes. 

Comme on le sait, les Flyers ont finalement remporté la série 4-2. Mais à en croire Brière, les choses auraient pu (et dû!) être différentes. 

Dans le cadre d’un entretien téléphonique avec le TVASports.ca, le sympathique gaillard a accepté de livrer ses impressions sur ce qu’il avait retenu et constaté de la série. 

«Plus la confrontation avançait, et plus les émotions étaient présentes des deux côtés. C’est devenu une excellente série. En bout de ligne, les Canadiens ont donné énormément de fil à retordre aux Flyers. Beaucoup plus que ce que les gens pensaient. 

«J’ai été très impressionné par la détermination du CH. Si l’on exclut Carey Price, il ne fait aucun doute que les Flyers avaient l’avantage, sur papier, dans les autres facettes du jeu.

«Honnêtement, je crois qu’on aurait dû voir un match numéro sept dans cette série. Le Tricolore n’a vraiment pas été chanceux. Mais malheureusement, c’est ça les séries. Tu peux avoir tout le talent du monde, ça prend aussi un peu de chance pour l’emporter.»

La saga Gallagher-Vigneault      

L’un des événements ayant marqué cette série est sans aucun doute la guerre de mots entre Marc Bergevin et Alain Vigneault par rapport à la blessure à la mâchoire subie par Brendan Gallagher. 

Vigneault, à deux reprises, avait lancé une flèche à «Gally» par rapport à son attitude suivant le contact avec Niskanen. 

Bergevin, lui, s’était dit «très déçu» des propos du pilote des Flyers.

Qu’en a pensé Brière? 

«Je n’ai jamais eu l’impression qu’Alain cherchait à mettre de l’huile sur le feu. Au départ, il a seulement voulu dire qu’il ne croyait pas que Gallagher s’était blessé sérieusement. Ça s’est reviré contre lui lorsqu’on a appris la gravité de la blessure de Brendan. 

«Pour le CH, c’est très triste d’avoir perdu Gallagher. Il aurait assurément pu faire la différence dans le match #6, mais aussi dans la série complète. Un joueur de la trempe de Gallagher peut changer bien des choses de par sa simple présence. 

«D’un côté, Vigneault voulait protéger ses joueurs, mais de l’autre Bergevin était frustré de voir son joueur souffrir autant. J’ai vécu les deux côtés en tant que joueur. Je peux comprendre l’état d’esprit des deux clans.»

Un sempiternel problème résolu?      

À l’instar de la majorité des observateurs, Brière s’est dit ébahi par le rendement des jeunes Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi. 

Le Québécois est même d’avis que le CH, par la bande, a probablement réglé un problème qui perdure depuis plusieurs saisons. 

«Ces deux jeunes-là ont été excellents. Ils étaient beaux à voir. C’était agréable. Kotkaniemi et Suzuki ont pris l’attaque du CH en main, carrément. Qu’ils aient été capables de faire cela à un aussi jeune âge, ça en dit long sur leur potentiel. 

«Je veux insister sur le cas de Nick Suzuki. Je crois fermement qu’il pourrait devenir le joueur de centre #1 tant recherché à Montréal depuis plusieurs années. Le futur s’annonce très prometteur à Montréal.»

Pas de panique avec Domi et Tatar      

Si plusieurs ont critiqué le rendement de Max Domi et Tomas Tatar lors de ces éliminatoires, Daniel Brière, lui, s’est plutôt montré rassurant. Il a même une hypothèse concernant les difficultés qu’ont connu les deux patineurs. 

«Ce sont des choses qui arrivent en séries éliminatoires. Parfois, certains joueurs connaissent des difficultés contre des équipes bien précises. Dans mon cas, c’était plus laborieux contre certains clubs. Et je savais c’était lesquels. Il ne faut pas trop s’en faire avec le rendement de Tatar et Domi lors de dix matchs éliminatoires. 

«D’ailleurs, chez les Flyers, on a vu la même chose se produire avec Giroux et Couturier. Ils n’ont pas, eux non plus, livré la marchandise sur le plan offensif. Cela dit, un apport plus important de Tatar et Domi aurait considérablement aidé les Canadiens...»

Difficile, vous en conviendrez, de ne pas donner de poids aux propos d’un homme qui a récolté 116 points en 124 matchs éliminatoires...