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Crédit : AFP

Séries 2020 de la LNH

Bulletin de séries des joueurs du CH

Jonathan Bernier et Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

De l’avis de plusieurs, le Canadien ne méritait pas d’être invité au tournoi éliminatoire de la LNH. Vingt-quatrième et dernière équipe confirmée, il accusait 15 points de retard sur les Penguins, ses rivaux du tour de qualification. Et pourtant!

Le Canadien s’est défait des Penguins en quatre rencontres avant de baisser pavillon devant les Flyers, en six matchs, lors de la première ronde officielle des séries éliminatoires. 

Ce sont dix matchs au cours desquels l’état-major du Canadien, Marc Bergevin en tête, a eu l’occasion d’évaluer la réaction et la performance de ses joueurs lorsque l’enjeu devient plus grand.

Une occasion qu’il n’avait pas eue depuis le printemps 2017 et dont il aurait dû se passer, en raison de la piètre saison du groupe, sans la pause de 142 jours provoquée par la pandémie.

Une culture pour l’avenir 

Carey Price et Shea Weber ont été à la hauteur des meneurs qu’ils sont. À leur côté, les plus jeunes ont appris.

«Ce sont des leaders qui amènent une culture. Un jour, ces joueurs-là vont partir. Mais ce qu’ils auront amené pour les jeunes de notre organisation, aujourd’hui, va rester pour toujours», a indiqué le directeur général du Canadien.

Nick Suzuki, d’une solidité surprenante pour son âge, s’est élevé au rang de centre numéro un de cette équipe. Derrière lui, Jesperi Kotkaniemi a fait la preuve qu’il s’en passe des choses en cinq mois dans le corps et la tête d’un gamin de 19-20 ans.

Ils sont plusieurs à avoir joué à la hauteur des attentes et quelques-uns à avoir déçu. Mais une chose est certaine : le bilan est beaucoup mieux que ce qu’il aurait été à la mi-avril.

Le Canadien est sorti grandi de Toronto.

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LA BULLE INCREVABLE 

31 CAREY PRICE

10 pj | 5 v | 5 d | 1,78 | ,936

Après une pause de plus de quatre mois, Price ressemblait au Price de 2015, année où il a gravé son nom sur les trophées Vézina et Hart. Au tour de qualification face aux Penguins, le gardien de 33 ans a réussi à jouer dans la tête des Crosby, Malkin et Letang. Face aux Flyers, une statistique résume très bien son parcours. En six matchs, il a donné seulement 11 buts aux Flyers. Des 11 buts, six ont été redirigés par ses propres joueurs. Le CH aura intérêt à trouver un bon gardien numéro deux pour la prochaine saison. Avec un peu plus de repos, Price a prouvé qu’il était encore au sommet de son art. «Price et Weber sont encore à leur top, a dit Bergevin lors de son bilan. Nous n’en doutions pas, mais certaines personnes, oui. Nous avons besoin de bons meneurs.» Le numéro 31 s’est également dit encouragé par le futur de l’équipe grâce aux performances de Nick Suzuki et de Jesperi Kotkaniemi. Il s’agit d’un discours rassurant, surtout que Price a déjà manifesté dans le passé son désir de jouer pour une équipe gagnante.

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6 SHEA WEBER

10 pj | 3 b | 2 a | 5 pts | +3

Weber était un roc à la ligne bleue du CH. Le défenseur de 35 ans a formé un duo très fiable avec Ben Chiarot. Sur le plan défensif, il a contraint au silence le trio de Malkin face aux Penguins et il a fait de même contre l’unité de Sean Couturier contre les Flyers. Pour utiliser les mots de Marc Bergevin, Weber a montré le chemin à suivre en séries et il a enseigné de bonnes valeurs aux plus jeunes joueurs de l’organisation. Dans son bilan, le DG du CH a décrit son capitaine comme une pièce maîtresse de son casse-tête. «Cet homme-là ne me surprend jamais. Il a une grande prestance. Tu ne peux pas développer un leader, tu es un leader né. Depuis que Shea a mis les pieds à Montréal, il n’a jamais cessé de nous impressionner sur la glace et à l’extérieur. Shea est un joueur et une personne incroyable. Il travaille à toutes ses présences. Il s’entraîne bien, il prend soin de lui et il a encore du gros hockey devant lui.»

Crédit photo : AFP

LA BULLE DE PLOMB 

26 JEFF PETRY

10 pj | 2 b | 1 a | 3 pts | +1

Petry a marqué deux buts vainqueurs contre les Penguins. Même s’il n’a pas inscrit un seul point en six matchs dans la série contre l’équipe d’Alain Vigneault, l’Américain a conservé un rôle très important. Défensivement, il est resté très fiable en compagnie de Brett Kulak, l’une des révélations des séries. Petry a été le joueur le plus utilisé en séries avec un temps de jeu moyen de 25 min 17 s, 10 secondes de plus que Weber.

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8 BEN CHIAROT

10 pj | 0 b | 2 a | 2 pts | +2

L’impact de Chiarot ne se lisait pas sur une feuille de pointage. L’ancien défenseur des Jets de Winnipeg a connu de très bonnes séries. Avec Weber et Petry, il complétait le «Big Three» version 2020 du CH. On savait qu’il préconisait un style de jeu robuste, mais il a apporté ça à un autre niveau. Il était méchant en séries. Jason Zucker, des Penguins, et Scott Laughton, des Flyers, ont probablement gardé des traces de la présence de Chiarot avec des ecchymoses sur leur corps.

Crédit photo : Photo AFP

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24 PHILLIP DANAULT

10 pj | 1 b | 2 a | 3 pts | -1

Offensivement, Danault aurait probablement voulu en donner plus. Mais il a rempli son mandat défensivement. Utilisé au centre de Tomas Tatar et de Brendan Gallagher pour les premiers matchs, il s’est retrouvé avec Paul Byron et Artturi Lehkonen pour plusieurs rencontres. Le Québécois a bien joué contre Crosby et il a fait de même contre Couturier. Il a aussi offert de précieuses minutes en infériorité numérique.

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11 BRENDAN GALLAGHER

9 pj | 1 b | 3 a | 4 pts | -1

Jamais personne ne pourra lui reprocher de ne pas dépenser jusqu’à sa dernière goutte d’énergie. Malgré une mâchoire fracturée, il a terminé la 5e rencontre face aux Flyers, et on peut présumer qu’il a fallu que les médecins l’empêchent de disputer le 6e match. «Le cœur d’un lion», a lancé Marc Bergevin. D’ailleurs, on s’en doutait, mais le DG a confirmé que l’Albertain avait souffert d’une blessure à la hanche pendant une bonne partie des séries éliminatoires. Même si sa production en a été affectée, ça ne l’a pas empêché de jouer avec la même intensité et de se présenter dans des endroits difficiles d’accès.

LA BULLE DE CHAMPAGNE 

15 JESPERI KOTKANIEMI

10 pj | 4 b | 0 a | 4 pts | +4

Kotkaniemi revenait au jeu après un séjour à Laval et une blessure à la rate. Le Finlandais de 20 ans a regagné sa confiance dans ce parcours en séries. Utilisé au centre d’un troisième trio, Kotkaniemi a marqué de gros buts, mais il a joué avec hargne, distribuant 36 mises en échec, un sommet chez les attaquants du CH. «Il avait une mentalité différente dès le premier jour du camp en juillet, a résumé Bergevin. Le retour en force de KK n’a rien à voir avec Marc Bergevin, Claude Julien ou Joël Bouchard. Il n’y a pas eu une rencontre magique. C’est KK qui s’est pris en main. On voit le KK que nous imaginions le jour du repêchage.»

Crédit photo : AFP

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14 NICK SUZUKI

10 pj | 4 b | 3 a | 7 pts | +7

Suzuki a montré qu’il avait l’étoffe d’un futur premier centre dans la LNH. Même s’il a célébré ses 21 ans seulement le 10 août dernier, il a joué avec l’assurance et la confiance d’un joueur d’expérience. Marc Bergevin lui a logiquement envoyé des fleurs. «Le joueur prend des décisions pour nous avec ses performances. Je n’ai pas juste aimé sa façon de jouer, mais le moment de la saison. Dans les séries, les parties sont plus difficiles, et il a élevé son jeu. Il a remporté le championnat des marqueurs en séries dans la OHL à Guelph. C’est un joueur de caractère. Chapeau à Nick Suzuki, il devient le jeune joueur prometteur qu’on s’attendait de lui.»

LA BULLE EN EXPANSION 

17 BRETT KULAK

10 pj | 0 b | 3 a | 3 pts | +2

Kulak démarrait le camp avec deux prises contre lui, sans que ce soit de sa faute. Ayant subi un test positif à la COVID-19 et ayant ressenti des symptômes, le défenseur de 26 ans a retrouvé ses coéquipiers au camp avec plusieurs jours de retard. Kulak a toutefois rapidement regagné sa place dans la hiérarchie de l’équipe. Et il a même surpassé les attentes. Il s’est très bien débrouillé dans un rôle de quatrième défenseur aux côtés de Jeff Petry. «Parfois, il a tendance à être nerveux et à douter de lui, a noté Bergevin. Espérons que ce tournoi lui a permis de gagner de la confiance en lui. Quand il joue de cette façon, il devient un rouage important de notre équipe.»

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60 ALEX BELZILE

6 pj | 0 b | 1 a | 1 pt | +1

Il se souviendra longtemps de son séjour à Toronto. Âgé de 28 ans, il a profité de ces séries pour disputer les six premiers matchs de sa carrière dans la LNH. La consécration de plusieurs années d’effort pour celui qui n’a jamais été repêché dans la LNH et qui a traîné son baluchon entre la ECHL et la Ligue américaine pendant huit saisons. Son temps a été limité (6 min 50 s), mais chaque seconde passée sur la patinoire l’a été avec la pédale au plancher. C’est ce qui avait séduit Claude Julien lors du match préparatoire face aux Maple Leafs, même si Belzile avait dû quitter la rencontre après trois présences, blessé. En fait, on peut même se demander si la séduction ne s’était pas amorcée à Bathurst, il y a presque un an.

Crédit photo : Photo Agence QMI, Marc Grandmaison

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61 XAVIER OUELLET

10 pj | 0 b | 1 a | 1 pt | +2

Le Québécois a affiché une certaine progression. Contre les Penguins, beaucoup trop rapides pour lui, il a eu de la difficulté à s’affirmer. Il a souvent été pris à contre-pied, la vitesse du jeu le forçant à prendre de mauvaises décisions. L’affrontement face aux Flyers, plus imposants, mais beaucoup plus linéaires dans leur façon de se déplacer, lui convenait mieux. Il a simplifié sa façon de jouer. Défensivement, il s’est bien débrouillé en désavantage numérique et il s’est assuré de diriger la circulation devant le filet, de façon à ce que Carey Price ait le champ de vision libre. Il a bloqué 21 lancers, ce qui est autant que Shea Weber, en tête de cette colonne chez le Canadien.

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71 JAKE EVANS

6 pj | 0 b | 1 a | 1 pt | -1

Jake Evans a gagné de précieux points dans la course pour le poste de 4e centre de l’équipe. Envoyé dans la mêlée lors du 3e match face aux Penguins, il n’aurait pas été laissé de côté lors des deux matchs suivants s’il n’avait pas été assommé par une mise en échec de Brandon Tanev. On l’a souvent vu à proximité du gardien adverse, prêt à encaisser quelques coups. Le sérieux et la maturité dont fait preuve l’Ontarien de 24 ans ne passent pas inaperçus aux yeux d’un directeur général qui accorde une importance capitale à l’attitude. Contrairement à Ryan Poehling, il est arrivé prêt au camp d’entraînement du mois de juillet. D’ailleurs, Poehling est le seul attaquant du Canadien à ne pas avoir disputé un seul des 10 matchs.

LA BULLE SPÉCULATIVE 

92 JONATHAN DROUIN

10 pj | 1 b | 6 a | 7 pts | +3

On a eu droit à deux Jonathan Drouin. D’abord, celui qui est effacé, qui ne semble pas avoir de deuxième vitesse et qui n’est pas en mesure de bien saisir son rôle lorsque l’équipe n’est pas en possession de la rondelle. Puis, celui qui est allumé. Jumelé à Nick Suzuki, il a retrouvé l’étincelle qui anime les passions. Fougueux, rapide, imaginatif, il ressemblait davantage au Drouin que Marc Bergevin a acquis en retour de Mikhail Sergachev.

Crédit photo : AFP

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62 ARTTURI LEHKONEN

10 pj | 1 b | 3 a | 4 pts | +4

À l’image de sa saison régulière, il a été un as pour museler l’attaque massive adverse, mais un peu trop discret en territoire ennemi. En infériorité numérique, le Canadien a affiché un excellent rendement de 84,4%, accordant seulement sept buts en 45 occasions. Avec son complice Phillip Danault, Lehkonen ne s’est trouvé sur la patinoire que pour trois d’entre eux. Toutefois, son manque de finition autour du filet l’empêche d’être une menace sérieuse. Il a dirigé 20 tirs au but, mais peu d’entre eux rendent difficile la vie du gardien.

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40 JOEL ARMIA

10 pj | 3 b | 2 a | 5 pts | +5

Le Finlandais possède assurément l’une des meilleures dégaines de l’équipe. Avec un peu de chance, il aurait obtenu deux ou trois buts de plus au cours du tournoi. Avec Nick Suzuki, il est le seul attaquant du Tricolore utilisé tant en infériorité numérique que sur l’attaque massive. Cependant, il peut être invisible pendant de longs moments. On comprend que, malgré son gabarit, il ne passera jamais un adversaire à travers la baie vitrée. Mais un peu plus de vigueur et d’autorité quand il bataille pour le disque augmenteraient le temps de possession à son unité.

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41 PAUL BYRON

10 pj | 1 b | 3 a | 4 pts | +4

Il a obtenu ses quatre points dans la série contre les Penguins. Vitesse contre vitesse, Byron peut rivaliser contre n’importe quelle formation. Même s’il ne craint pas le jeu rude et que son niveau d’intensité est toujours au maximum, ça devient un peu plus difficile lorsqu’il y a moins d’espace sur la patinoire. Ce fut le cas contre les Flyers. En raison de la congestion en zone neutre, l’Ontarien a rarement été en mesure de forcer les défenseurs des Flyers à jouer sur les talons en les attaquant à pleins gaz.

Crédit photo : AFP

ÉTAIENT-ILS PRÉSENTS DANS LA BULLE? 

13 MAX DOMI

10 pj | 0 b | 3 a | 3 pts | -3

Marc Bergevin ne pouvait pas être plus clair lors de son bilan de fin de saison en affirmant qu’il s’attendait à plus de Max Domi. Ce dernier se voit comme un joueur de centre, mais il se comporte comme un ailier, chez qui les missions défensives sont un peu moins intenses. Limité à un poste sur le quatrième trio pendant presque tout le tournoi, il a eu une chance en or, en l’absence de Gallagher, de prouver sa valeur et démontrer qu’il n’avait pas laissé ses qualités de «gamer» chez les juniors. Il a échoué, sautant même son tour à l’occasion en troisième période.

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90 TOMAS TATAR

10 pj | 2 b | 0 a | 2 pts | -1

«Il y a des joueurs qui t’amènent en séries et d’autres qui te font gagner en séries», a déjà dit Marc Bergevin. Il semble que Tatar fasse seulement partie de la première catégorie. À l’image de la grande majorité de ses campagnes dans la LNH, il a connu une saison relativement productive avant de s’effacer en séries éliminatoires. Dans son cas, on ne parle pas nécessairement d’un manque d’effort. Cependant, il est peut-être plus difficile pour un joueur de son style de s’affirmer dans le jeu intense et étouffant des séries.

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53 VICTOR METE

10 pj | 0 b | 2 a | 2 pts | +1

Exception faite des deux derniers matchs, où il a retrouvé un certain aplomb, Mete a connu un séjour difficile à Toronto. Il est mobile, mais pas suffisamment pour compenser son petit gabarit. Ses rivaux, et pas nécessairement les plus gros, ont fait ce qu’ils voulaient de lui dans les coins de patinoire et devant le filet de Carey Price. L’arrivée d’Alexander Romanov l’exclura fort probablement du top 6.

Crédit photo : AFP

ILS SE SONT PERDUS DANS LA BULLE 

22 DALE WEISE

5 pj | 0 b | 0 a | 0 pt | -1

Claude Julien a voulu miser sur des joueurs d’expérience pour amorcer les séries éliminatoires. C’est ainsi que Dale Weise a pu disputer les cinq premiers matchs des séries, même s’il avait passé la majeure partie de la saison avec le Rocket de Laval. Il semble que Kirk Muller n’ait pas eu la même philosophie. Il l’a rapidement envoyé sur la passerelle, préférant donner de l’expérience aux jeunes.

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54 CHARLES HUDON

2 pj | 0 b | 0 a | 0 pt | +0

Charles Hudon n’a pas amorcé son séjour à Toronto de la bonne façon en ratant l’autobus menant l’équipe à l’entraînement matinal en prévision du match préparatoire contre les Maple Leafs. Il n’y a sans doute aucun lien à faire avec l’événement, mais Hudon a dû patienter jusqu’au cinquième match de la série contre les Flyers pour voir de l’action. Plus les saisons avancent, plus il semble reculer dans la hiérarchie des attaquants de l’équipe.

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43 JORDAN WEAL

2 pj | 0 b | 0 a | 0 pt | +0

Souhaitant sans doute garder ses deux unités de supériorité numérique de la saison régulière intactes, Claude Julien a fait confiance à Jordan Weal pour amorcer la série de qualification face aux Penguins. Devant l’inertie de l’attaque massive (0 en 5), mais surtout celle de l’attaquant, l’entraîneur a agi après le deuxième match. L’athlète de 28 ans possède un excellent coup de patin, mais son implication à forces égales laisse à désirer.