Crédit : Eric Bolte-USA TODAY Sports

Impact de Montréal

«Notre corps prend un sacré coup» -Saphir Taïder

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Le contexte actuel est difficile pour tout le monde et même si on a tendance à percevoir les athlètes professionnels comme des privilégiés, eux aussi subissent les contrecoups de la pandémie.

C’est le cas de Saphir Taïder, milieu de terrain de l’Impact, qui pourrait disserter pendant longtemps sur les effets négatifs que la COVID-19 a eus sur sa famille.

Comme il devait se rendre à Orlando pendant une période qui pouvait dépasser plus d’un mois, le clan Taïder a dû s’ajuster. L’athlète est père de trois enfants en bas âge et sa conjointe donnera naissance à un quatrième bébé dans les prochaines semaines.

«Ça fait quelques semaines qu’on a demandé l’autorisation pour que les enfants reviennent à Montréal. Ils sont actuellement avec la famille en France. Ça fait depuis le 15 juin qu’ils sont partis et que je ne les ai pas vus», a-t-il raconté lors d’une visioconférence vendredi.

Du même souffle, le numéro 8 a révélé qu’il allait enfin pouvoir serrer sa progéniture dans ses bras. Un moment qu’il attendait depuis longtemps, on l’imagine bien.

«Les enfants arrivent ce soir [vendredi] à 19 h 55 parce qu’on a reçu l’autorisation du gouvernement jeudi en fin d’après-midi.»

Taïder est donc craintif quand il pense à la prochaine phase du calendrier de la MLS, une fois que les six matchs contre les deux rivaux canadiens auront été joués.

«Si je devais aller à New York dans trois semaines, pour moi et pour eux ça serait invivable.»

S’il évoque cette possibilité, c’est parce que c’est une solution qui est envisagée. Advenant que les voyages transfrontaliers ne soient pas permis, les équipes canadiennes devraient alors se relocaliser aux États-Unis et le Red Bull Arena a été mentionné comme domicile temporaire du Bleu-blanc-noir.

Pas de transfert demandé

Taïder dit ne pas du tout songer à demander un transfert pour être relocalisé en Europe, ce qui simplifierait peut-être les choses d’un point de vue familial. Il est toutefois inquiet quand il pense à l’avenir.

«C’est clair que je préfère ne pas y penser parce que ça serait fou et illogique», a-t-il martelé, ajoutant que sa situation n’était pas unique.

«Je pense à moi, mais il y a beaucoup de joueurs qui sont dans une situation délicate. Partir comme ça aux États-Unis pendant deux mois, pour un sportif de haut niveau, c’est illogique.»

«Ce n’est pas la solution parce que psychologiquement, les joueurs ne tiendront plus et pour bien jouer, il faut être libéré mentalement.»

Il a également été question de la présence de 250 spectateurs lors des matchs locaux, et pour tout dire, Taïder estime que ça ne fera pas une bien grande différence.

«C’est bien, ça nous fait plaisir surtout pour eux parce qu’on ne ressentira pas vraiment la différence. Au moins, ils pourront venir au stade et prendre un peu de plaisir.»

Pénible pour le corps

L’athlète de 28 ans reconnaît que le rythme continuellement cassé par les pauses cette saison est difficile.

«On est contents de pouvoir continuer de jouer au football, mais les circonstances sont un peu compliquées parce qu’on arrête et on reprend. Notre corps en prend un sacré coup. Je ne sais pas si on sera prêts.»

Il sait au moins que les quatre matchs disputés lors du tournoi à Orlando auront révélé certaines choses qui ont servi de base de travail depuis la reprise des entraînements.

«Tout n’a pas été beau à Orlando. On a peut-être souffert d’un manque de préparation tactique parce qu’on n’a pas eu beaucoup de temps pour travailler ensemble avec un entraîneur qui arrive.»

«Oui il y a des choses à corriger et on a appris. Ça fait deux semaines qu’on travaille ensemble pour gommer toutes les petites choses qui nous ont fait défaut là-bas.»