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Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Canadiens de Montréal

«Ce n’est pas Alcatraz!»

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Une clôture ceinture le Royal York, hôtel emblématique du centre-ville de Toronto. Des policiers et des gardiens de sécurité surveillent chacune des entrées. De l’extérieur, ça ressemble à une petite forteresse.

On n’y attend pas la visite de la reine d’Angleterre, de Justin Trudeau ou de Donald Trump. À l’intérieur de ce vaste périmètre de sécurité, on y retrouve sept équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH), dont les Canadiens de Montréal et les Maple Leafs de Toronto.  

Le décor reste semblable devant le Scotiabank Arena, le domicile des Leafs. Encore une fois, une clôture entoure les lieux pour bloquer les portes principales et des agents de la sécurité surveillent les déplacements.

Pour y entrer, il faut absolument une passe émise par la LNH. Bienvenue dans l’univers de l’une des deux villes-bulles.

«Ce n’est pas Alcatraz, a répliqué l’ailier Tomas Tatar avec le sourire. J’étais sceptique au départ. Nous prenions du temps pour choisir les villes-bulles. Mais la LNH a bien fait ses devoirs. C’est bien de passer du temps avec les coéquipiers. Nous retournions à la maison durant la phase 3 [le camp à Brossard]. Maintenant, nous restons avec les coéquipiers. Nous passons du temps ensemble.»

«C’était la seule option possible pour jouer, a renchéri l’ailier Paul Byron. On voit ce qui arrive au baseball et au football. Pour la santé et la sécurité, c’est la meilleure façon. On ne peut pas sortir de l’hôtel. C’est un peu dur parfois, mais ça reste le meilleur choix pour notre santé. Nous avons aussi choisi deux villes au Canada [Toronto et Edmonton]. Encore une fois, c’était la bonne décision, puisque les cas de COVID-19 sont plus faibles ici qu’aux États-Unis.»

Un étage aux couleurs du CH 

Claude Julien a également salué le travail des dirigeants de la LNH pour créer cet environnement sécuritaire.

«C’est bien organisé. Ils ont pensé à plusieurs choses pour le bien de tout le monde. La sécurité, les tests, les repas, tout est bien fait. Ça prendra quelques jours pour s’adapter. À Brossard, c’était la même chose. Pour le moment, nous croisons les autres équipes. Ça ressemble à un tournoi de hockey quand nous étions plus jeunes. Nous restons dans les mêmes hôtels. Nous n’avons jamais expérimenté une telle situation. Notre étage à l’hôtel est décoré à nos couleurs et avec notre logo. Nous restons ensemble sur la route. Nous espérons que le voyage durera quelques mois.»

«À Brossard, nous ne sortions pas à l’épicerie et aux restaurants, a poursuivi Julien. C’était à l’aréna et chez nous. J’ai des voisins qui m’apportaient des choses. Maintenant, c’est resserré encore plus. Nous restons dans la bulle. Nous avons tout ce qu’il faut. Pour arriver jusqu’à la coupe Stanley, nous devrons respecter les consignes.»

La peur du baseball 

Dans les rues de Toronto, on ne ressent pas la fièvre des séries. En matinée, un soleil de plomb frappait sur la Ville Reine. À 30 degrés Celsius, sans compter l’humidité, on ne parle pas d’une température propice au hockey. Mais pour la LNH, c’est probablement mieux sans une fièvre. On ne veut surtout pas qu’elle s’invite dans la bulle.

Au premier jour des entraînements à Toronto et à Edmonton, les dirigeants de la LNH avaient une bonne nouvelle. Il n’y a eu aucun cas positif à la COVID-19 dans la dernière semaine sur les 4256 tests effectués.

Il s’agit d’un immense contraste avec le baseball majeur. Uniquement chez les Marlins de Miami, on y compte 14 personnes touchées par le virus. 

«C’est une source d’inquiétude, même si on parle d’un autre sport, a dit Bruce Cassidy, l’entraîneur des Bruins de Boston. Je me croise les doigts pour que ça reste un incident isolé. Je ne sais pas si c’est relié au fait que l’État de la Floride reste un point chaud aux États-Unis pour la transmission de la COVID-19.»

«C’est malheureux ce qui arrive avec les Marlins. Mais nous sommes dans une bulle ici à Toronto, le baseball n’a pas opté pour ce concept, a renchéri Cassidy. J’ai toujours dit aussi que nos joueurs devaient rester prudents avant d’arriver à Toronto. Il y a une responsabilité qui nous revient. Une fois dans la bulle, c’est un environnement très sécuritaire. 

«J’y suis depuis une courte période, mais je peux déjà parler d’un très bon travail de la part de la LNH. Il y a de l’espace pour chacune des équipes, les repas sont excellents et il y a moyen de se divertir à l’intérieur de la bulle. Je crois que nous réussirons à nous en sortir. La vie dans la bulle est comme un voyage sur la route, mais on parle d’un long voyage.»