Crédit : Douglas DeFelice-USA TODAY Sports

Impact de Montréal

Impact : un club «imprévisible»

Impact : un club «imprévisible»

Vincent Destouches

Publié 23 juillet
Mis à jour 23 juillet

Il fallait une victoire. Rien qu’une victoire pour mettre le pied dans la porte de la ronde de 16.

L’Impact a fait le travail, dans ce qui ressemblait déjà à un match éliminatoire, une sorte de seizième de finale contre DC United.

Voilà maintenant les hommes de Thierry Henry en phase finale du tournoi «La MLS est de retour», et ils auront l’honneur d’en donner le coup d’envoi samedi soir à 20h, contre Orlando City, match qui sera présenté à TVA Sports.

Orlando est invaincu dans ce tournoi. Orlando a terminé premier d’un groupe où figurait des clubs d’élite comme New York City et Philadelphie. Orlando est à la maison, dans un environnement (y compris climatique) bien connu.

De quoi faire peur? Bof.

En tout respect pour Orlando, si l’Impact a peur d’affronter une équipe qui n’a jamais accédé aux séries éliminatoires en cinq saisons d’existence en MLS, ce n’est même pas la peine d’entrer sur le terrain. 

Les Lions ont un momentum intéressant, qui vient surtout du fait qu’ils ont réussi à aligner deux victoires consécutives pour la première fois depuis deux ans (mai 2018). La dernière partie de cette phrase devrait vous faire tiquer... ça vous situe le portrait d’une équipe qui n’a jamais cessé de tanguer, autant sur la pelouse que dans les bureaux administratifs.

À l’instar de l’Impact et d’autres clubs, Orlando est en pleine transformation. Le club floridien cherche à créer une culture gagnante, mais les fondations ne sont pas solides.

Défense resserrée

La défense d’Orlando est devenue la pire de l’histoire de la MLS, en 2018, avec 74 buts encaissés - Cincinnati a fait encore pire la saison suivante avec 75.

Sous la houlette de James O’Connor, qui avait resserré un peu les boulons, Orlando a réduit ce chiffre à 52, en 2019. Un total tout de même élevé, mais en nette amélioration. 

Mais c’est vraiment depuis l’arrivée de son nouvel entraîneur, Oscar Pareja, qu’Orlando présente une défense enfin de calibre pour les joutes de la MLS. 

Robin Jansson (photo, ci-dessous) est le roc de cette défense, Antonio Carlos est apparu parfois hésitant, mais il s’est amélioré de match en match, et Pedro Gallese semble être le gardien que les Lions ont toujours cherché.

Maintenant, tout n’est pas parfait. Orlando a tout de même encaissé un but lors de chaque match de ce tournoi. Ce n’est pas une défense à toute épreuve, et tant mieux, car l’Impact a toujours de la difficulté à se créer une tonne d’occasions. 

Pareja a trouvé son XI, et il n’en a pas varié tout au long des trois matchs de groupe – à l’exception de Dom Dwyer, blessé et absent contre Philadelphie. Et les résultats sont là pour prouver que la recette fonctionne.

Elle fonctionne d’autant mieux qu’elle a permis de relancer des joueurs qui figuraient dans l’effectif depuis plusieurs saisons et qui trouvent enfin la confiance et leur place sur le terrain. 

C’est le cas notamment d’Oriol Rosell, produit de l’académie du FC Barcelone, et de Chris Mueller, auteur de trois buts jusqu’ici.

Le joueur désigné Nani, quant à lui, livre la marchandise. Il apporte autant de calme que de créativité, et sa présence sur le terrain semble libérer Mauricio Pereyra, le meneur de jeu et autre joueur désigné d’Orlando. 

Nani n’est plus aussi virevoltant que par le passé, mais donnez-lui du temps et de l’espace, et vous en paierez le prix.

Henry l’imprévisible

Si le XI et le style d’Orlando ne varient pas d’un match à l’autre, on ne peut pas en dire autant de l’Impact. 

Henry est toujours à la recherche de la bonne carburation. Pour la première fois cette saison, il a dérogé à son système à trois défenseurs pour passer à quatre derrière contre DC.

Résultat? Une prestation défensive plus aboutie, plus compacte, au détriment de la possession et des promesses dans le jeu entrevues contre Toronto. 

Il y a encore un équilibre à trouver entre l’étanchéité défensive et l’utilisation du ballon souhaitées par l’entraîneur montréalais.

La bonne nouvelle, cependant, c’est que l’équipe d’Henry est capable de s’adapter à plusieurs schémas, et elle en devient imprévisible pour l’adversaire. 

Aussi et surtout, il y a une certaine montée en puissance physique et technique qui se ressent notamment dans le nombre croissant de duels gagnés par les Montréalais dans ce tournoi.

Et puis, d’habitude, Orlando est un adversaire qui réussit plutôt bien à Montréal. Le Bleu-Blanc-Noir a même une fiche positive (3 victoires, 2 défaites, 1 nulle) lorsqu’il va visiter les Lions...