Crédit : DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

LHJMQ

Les bagarres toujours permises

Kevin Dubé

Publié | Mis à jour

Même si elle a interdit les sports de combat au Québec jusqu’à nouvel ordre par le truchement d’un décret, la Santé publique n’a pas l’intention de faire de même avec les bagarres au hockey pour l’instant, mais elle reconnaît qu’elles rendent les risques de contamination à la COVID-19 «plus élevés».

C’est ce qu’a mentionné la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, Marie-Hélène Émond, dans un échange de courriels avec Le Journal, mercredi.

«Il n’est pas du ressort de la Santé publique de dicter les règles de pratique d’un sport, nous a-t-on répondu. Toutefois, la Santé publique recommande que les mesures de distanciation physique en vigueur soient respectées en tout temps et en tout lieu, et ce, que les activités physiques, sportives ou de loisirs se déroulent à l’extérieur ou à l’intérieur. Cela vaut autant pour les parties de hockey que pour les entraînements.»

Dans le même courriel, la Santé publique laisse ensuite entrevoir sa position sur les combats au hockey en contexte de pandémie.

«Toutefois, en situation de jeu, les rapprochements et les contacts de courte durée sont permis pourvu qu’ils soient peu fréquents. Il faut comprendre que le virus se propage principalement par gouttelettes et dans des endroits clos. Les contacts, comme dans les cas de bagarres au hockey, augmentent le risque de propagation, d’autant plus que les parties se déroulent généralement à l’intérieur, dans un aréna.»

«La pratique du hockey et particulièrement les bagarres dans ce sport résultent souvent en sueur et salive abondantes. Bien évidemment, la distanciation physique de 2 mètres n’est pas respectée entre les adversaires lors de bagarres sur la glace. Les risques de contamination sont donc plus élevés», conclut Mme Émond.

Rappelons que le décret numéro 689‐2020 du 25 juin 2020 demande «qu’aucun contact physique direct lors d’un affrontement dans un sport de combat ne soit autorisé».

Le hockey n’étant pas un sport de combat à proprement parler, l’interdiction des bagarres pour des raisons de santé publique devrait passer par un autre décret de ce genre.

LHJMQ

L’interdiction ou non des combats aurait un effet direct sur la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), qui a présenté son plan de relance la semaine dernière et qui vise toujours un retour au jeu le 1er octobre prochain.

Rappelons qu’un vote devait être tenu en février dernier à ce sujet (élimination des bagarres), mais qu’il avait finalement été reporté.

Aux dires des gouverneurs à qui Le Journal a parlé, rien n’a encore été discuté à l’interne à ce sujet, mais une autre rencontre est prévue pour le mois d’août.

«On veut que les athlètes jouent de façon sécuritaire et le reste a plus ou moins d’importance. On aura des règles qu’il faudra respecter, et si ça inclut d’interdire les bagarres, ce ne sera qu’une bonne chose. Comme je l’ai dit il y a quelques mois, ce n’est qu’une question de temps avant que ça se règle», n’a pas hésité à réitérer au Journal le président des Remparts de Québec, Jacques Tanguay.

M. Tanguay se veut l’une des voix fortes en faveur de l’abolition des combats dans le circuit Courteau depuis le début.

Redémarrage

La LHJMQ a toutefois bien d’autres chats à fouetter en ce moment.

Le circuit, dont les grandes lignes du plan de relance ont été dévoilées par La Presse samedi dernier, espère toujours présenter ses premiers matchs en octobre prochain, devant spectateurs.

Le plan, présenté au cabinet de la ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, se veut encore très embryonnaire, et plusieurs autres dossiers devront être réglés avant de voir un match de la LHJMQ en octobre. Il devra surtout être entériné par la Santé publique.

Ce dernier comprend notamment un calendrier de 60 parties, plutôt que 68, un réaménagement en trois divisions de six équipes et des matchs qui n’opposeraient que des rivaux de division.

Plus pressant

Il s’agit de la priorité du circuit, à l’heure actuelle, a assuré le directeur des communications de la LHJMQ, Maxime Blouin, lorsque questionné sur la réponse de la Santé publique à propos des bagarres au hockey.

«Nous sommes conscients que certaines pratiques sont plus risquées en contexte de pandémie et c’est pourquoi nous travaillons avec la Santé publique. Toutefois, pour l’instant, notre priorité est le retour au jeu qui passe par l’acceptation de notre plan par les gouvernements des quatre provinces couvertes par la ligue ainsi que d’en venir à des ententes de compensations financières pour les pertes économiques engendrées par la pandémie», a-t-il répondu.