Crédit : Photo d'archives, Agence QMI

Boxe

«Ça m’a donné de la force»

Publié | Mis à jour

La marche vers le ring sont les derniers moments où la concentration d’un boxeur doit être à son maximum. Avant de monter sur le ring contre Natalie Gonzalez mardi soir, Kim Clavel s’est servi de ces instants pour avoir une pensée pour les résidents qui ont perdu la vie durant la phase critique de la pandémie de la COVID-19.

«J’ai pensé à mes résidents que j’ai côtoyés pendant la pandémie et les résidents qui ont perdu leur combat contre la COVID-19, a indiqué Kim Clavel après son combat en entrevue au "Journal de Montréal". Je voulais aller me battre pour eux autres et pour le "cutman" Bob Miller qui est présentement aux soins intensifs (opération au coeur).

«Ça m’a donné de la force. Je voulais me battre en leur mémoire.»

La boxeuse de 29 ans a su canaliser ses émotions. Par la suite, elle s’est mise dans sa bulle de combat. Lorsque la première cloche a sonné, elle a vécu des sensations qu’elle ne connaissait pas.

«Je me suis sentie spéciale et un peu engourdie, a précisé Clavel. Mon premier round s’est déroulé comme je l’avais imaginé. J’étais stable, rapide et j’ai bien utilisé mon jab.

«Je ne suis pas tombé dans le piège de vouloir trop en faire.»

De la pression

Avec les événements des derniers mois, Kim Clavel n’était plus une inconnue lorsqu’elle s’est pointée dans le ring de «The Bubble» à Las Vegas. Pour la première fois de sa carrière, elle était sous les projecteurs.

«Il n’y avait pas de distraction dans la bulle, mais la pression était bien présente, a expliqué Clavel, qui l’a emporté par décision unanime des juges. C’était une soirée de plusieurs premières pour moi. C’était notamment mon premier combat sur un gros réseau américain de télévision.

«J’ai dû gérer beaucoup de choses dans les derniers mois. Plusieurs personnes m’ont mis sur un pied d’estale en raison de mon Espy Award. Je ne voulais pas être reconnu seulement pour mon côté humanitaire. Je voulais prouver que j’étais à ma place.»

Cette pression s’est évaporée après le premier round. Par la suite, la boxeuse n’a laissé aucune chance à Natalie Gonzalez.

«On a vécu un scénario idéal, a souligné son entraîneuse Danielle Bouchard. La chose à faire dans ce combat pour Kim était de bien gérer la pression.

«C’était gros. C’est la seule Québécoise qui peut boxer à l’heure actuelle. Aux États-Unis, elle a été très convoitée. Elle a réussi à mettre cela dans un petit tiroir et faire ce qu’elle avait à faire. C’est exceptionnel ce qu’elle a accompli.»

En contrôle

De la première à la dernière seconde, Clavel a été en contrôle de son duel contre Gonzalez.

«Je pensais qu’elle essayerait davantage, a souligné Clavel. On l’a neutralisée et on l’a fait hésiter. Elle s’est découragée. Il ne faut pas se méprendre. Gonzalez est une bonne boxeuse.»

«Kim a une très bonne défensive, a ajouté Bouchard. Il y a plusieurs coups de Gonzalez qui sont passés dans le vide. C’est aussi ça la boxe.»

Le crochet de gauche a été l’arme favorite de la boxeuse de GYM. Elle l’a utilisé avec efficacité.

«Avant le combat, j’ai dit à Steph (Larouche) et à Danielle que mon crochet passerait toute la soirée et c’est ce qui est arrivé. Je peux dire que j’ai harponné le barracuda (surnom de Gonzalez) !»

Quelle est la suite des choses pour Clavel ? Il y a un peu d’inconnu à l’horizon.

«J’aimerais boxer au Québec, mais ça va dépendre des décisions de la santé publique, a-t-elle mentionné. S’ils me réinvitent à Las Vegas, je vais accepter l’invitation avec plaisir.»

En attendant, elle profitera de quelques jours de congé pour se reposer et recharger ses batteries pour son prochain défi.

- Dans les minutes après la victoire de Kim Clavel, on a appris que le combat entre Eleider Alvarez et Joe Smith fils aura lieu le 22 août, toujours à Las Vegas.