MLS

Pour l’amour du ballon rond

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Le tournoi de retour de la Major League Soccer bat son plein en Floride. Au sein du groupe d’officiels, on retrouve les Québécois Richard Gamache et Oscar Mitchell-Carvalho, qui n’ont pas hésité à lever la main pour participer à cet événement unique.

Avec la situation qui prévaut en Floride, on peut penser que les deux officiels ont pris un pari risqué. Toutefois, ce n’est pas de cette façon qu’ils analysent la situation.

«J’ai décidé de me proposer pour l’amour du sport, a raconté Richard Gamache. On ne savait pas quand le soccer professionnel allait à nouveau jouer des matchs au Québec et au Canada. C’était la seule façon de vivre un peu de soccer cette année.»

«Par contre, pour moi, la santé devait être à l’avant-plan. Avec les informations que j’avais en mains, j’étais confortable de venir à Orlando.»

Ils ont été rassurés par le protocole établi par les autorités de la MLS pour les risques liés à la COVID-19.

«On a eu la garantie qu’ils pouvaient nous encadrer de façon sécuritaire, a précisé Oscar Mitchell-Carvalho. La MLS l’a prouvé en renvoyant deux équipes à la maison parce qu’elles avaient trop de cas. Elle a démontré qu’elle voulait garder la bulle la plus étanche possible.»

«Comme on le sait, le nombre de cas a explosé en Floride depuis quelques jours, mais on n’a pas eu de répercussions ici. Ça prouve que nous sommes bien isolés.»

La vie dans la bulle

Pour un officiel, le tournoi de la MLS est loin d’être un camp de vacances même s’il se déroule sur le complexe de Disney à Orlando.

Tout d’abord, Gamache et Mitchell-Carvalho devaient être disponibles pour une période minimale de 25 jours. Avant de sauter dans l’avion, ils devaient présenter deux résultats négatifs aux autorités de la MLS.

À leur arrivée à la bulle, ils ont été testés une première fois et ils devaient attendre leurs résultats dans leur chambre. Le délai pouvait aller jusqu’à 12 heures avant d’avoir le feu vert.

«Nous sommes dans une section du complexe comme chaque équipe», a expliqué Gamache, qui est arbitre adjoint. On a des aires communes où on est obligés de porter un masque. On a une salle de rencontre qui nous sert aussi de salle de repas.»

«Pour les activités extérieures, on est divisés dans des groupes d’une douzaine d’arbitres. C’est avec les membres de notre groupe que nous faisons nos assignations. De cette façon, ça limite le nombre de contacts et s’il y a une éclosion, elle est plus facile à contenir.»

Et les tests de la COVID-19? Les officiels sont testés tous les jours pairs de leur séjour. Ils sont également testés la veille et le jour de leurs matchs.

Puis, avant d’embarquer dans l’autobus qui conduit les officiels au terrain, un responsable prend la température de tout le monde. S’il y a un moindre de doute, la personne est renvoyée dans l’hôtel pour un test de contrôle.

Les arbitres trouvent tout de même le moyen de s’amuser entre les entraînements, les matchs et les tests.

«En plus d’une piscine extérieure et des installations sportives extérieures, on a une petite chambre où on peut relaxer et avoir du plaisir en groupe, a précisé Mitchell-Carvalho. Il y a des jeux de société et une table de ping-pong. C’est aussi important de rester en santé sur le plan mental.»

Le calme après la tempête

La MLS a connu un début de tournoi chaotique avec plusieurs cas de COVID-19 et l’exclusion de deux formations. À l’interne, tout semble rentré dans l’ordre.

«Lors des premiers jours, c’est sûr qu’il y avait des questions au sujet du protocole, a expliqué Gamache. Plusieurs se demandaient si ça tiendrait la route.»

«Par contre, on a appris que les problèmes des deux équipes avaient commencé avant leur arrivée dans la bulle.»

Est-ce que le tournoi de la MLS va pouvoir être complété? Gamache n’a aucun doute dans son esprit.

«Je crois que la phase critique est terminée. Les cas ont été bien gérés, a-t-il mentionné. Selon moi, il n’y a aucune chance que le tournoi soit annulé.»

«Les décisions de la MLS sont prises de façon adéquate, et la santé des joueurs est la priorité.»

Durant leurs carrières, les arbitres vivent toutes sortes de situations. Gamache et Mitchell-Carvalho pourront dire qu’ils ont pris part à un tournoi qui demeurera dans les annales de leur sport.

Un 100e match particulier

L’exploit est passé sous silence dans les médias la semaine dernière. Le 10 juillet dernier, lors d’un match entre les Sounders de Seattle et les Earthquakes de San Jose, Oscar Mitchell-Carvalho était en devoir pour son 100e match dans la MLS.

«C’était ma première assignation du tournoi», raconte l’arbitre québécois au sujet de son exploit. Bien sûr, elle s’est déroulée dans des conditions particulières.»

«Je vais toujours m’en souvenir. Lorsque j’ai sauté sur le terrain, je ne me suis pas senti de façon différente que d’habitude. J’étais plutôt concentré sur la tâche qui m’attendait lors du match.»

«Je n’ai pas vraiment réalisé ce que j’avais accompli avant le coup de sifflet final.»

Lors de ses premiers pas dans la MLS, Mitchell-Carvalho ne savait pas qu’il atteindrait ce plateau.

«Je m’étais fixé des objectifs que je voulais atteindre. Au début, c’était 50 matchs. Lorsque tu l’atteins, c’est la preuve que tu as été capable de t’établir dans la MLS et que tu as réussi à performer.»

«Après le match Seattle-San Jose, mon superviseur m’a dit que j’étais correct pour 100 autres matchs!»

Comment a-t-on célébré cet exploit dans la bulle de la MLS?

«On a simplement eu droit à un dessert spécial à notre retour du terrain», a raconté l’arbitre âgé de 38 ans. Après le match, mon exploit a été souligné par les autres officiels avec qui j’ai travaillé. Puis, mon superviseur m’a mentionné à la blague que je suis prêt pour un autre 100 matchs!»

Chaud, chaud, chaud!

Dans les derniers jours, on a constaté que la chaleur et l’humidité ont été omniprésentes durant les matchs à Orlando. Les joueurs ont souffert, mais les arbitres aussi.

«Jeudi, j’étais en devoir pour la rencontre Atlanta-Cincinnati, qui se déroulait le matin, explique Richard Gamache. Il devait faire 42 degrés avec l’humidité.»

«J’étais du côté face au soleil. Je pensais mourir tellement il faisait chaud.»

Lorsque la température est aussi chaude, les joueurs ont droit à une pause pour s’hydrater à chaque demie. C’est le cas depuis le début du tournoi de retour de la MLS.