Gala Makhmudov vs Rice

Crédit : PIerre-Paul Poulin / JdeM

Boxe

Clavel gonflée à bloc

Mathieu Boulay

Publié | Mis à jour

Kim Clavel aura une double mission, mardi prochain, alors qu’elle affronte l’Américaine Natalie Gonzalez sur une carte de Top Rank présentée à Las Vegas.

Tout d’abord, elle doit vaincre Gonzalez. Puis, dans un deuxième temps, elle doit livrer une performance qui saura convaincre les dirigeants de Top Rank de lui offrir un contrat de plusieurs combats.

«C’est une vitrine exceptionnelle qui m’est offerte, a expliqué Kim Clavel lors d’un point de presse par vidéoconférence. J’ai une bonne adversaire devant moi. Ça devrait donner de la bonne boxe et de la bonne télévision.»

«J’ai hâte de représenter le Québec avec brio.»

Elle est bien consciente du contexte particulier dans lequel elle monte sur le ring. La boxe professionnelle au Québec n’est toujours pas déconfinée par la santé publique.

«Je me sens choyée et chanceuse d’avoir cette opportunité, a-t-elle mentionné. Toutefois, je mérite cette chance. J’ai un promoteur qui a travaillé fort pour que je l’obtienne.»

«Je veux vivre le moment présent et ce qui se passe au Québec avec la santé publique, je m’en occuperai à mon retour. Toute ma concentration est sur mon combat.»

Pas un combat facile

Clavel (11-0, 2 K.-O.) sait très bien qu’elle doit se méfier de Gonzalez (6-0, 1 K.-O.), une fille qui a gagné les Golden Gloves chez les amateurs.

«Elle possède un bon background amateur, a souligné Clavel. C’est une fille assez agressive et qui travaille surtout en combinaison. J’ai confiance qu’on va pouvoir lui jouer un tour. J’ai hâte d’appliquer notre stratégie.»

Son entraîneure Danielle Bouchard tient le même langage que sa protégée au sujet de Gonzalez.

«On connait des filles qu’elle a affrontées chez les amateurs et on a aussi analysé des vidéos d’elle chez les professionnels, a-t-elle précisé. Elle possède un bon jab. Si elle le peut, elle lance en combinaison.»

«Par contre, Kim est extrêmement bien préparée et elle possède un meilleur jab que son adversaire. On a des petites surprises pour elle.»

Camp spécial

Avec la pandémie de la COVID-19, Bouchard et Stéphan Larouche ont dû être créatifs durant le camp d’entraînement qui s’est tenu dans les Laurentides.

«C’est l’un des camps les plus complexes que j’ai eu à mettre sur pied, a confirmé Larouche. Lorsqu’Éric Lucas est devenu champion du monde contre Glen Catley (2001), on était chez Bob Miller dans la région de New York. On était aussi archaïques et on avait dû revenir à la même type de base.»

«On était donc un peu en terrain connu malgré tout. On savait dans quoi on s’embarquait. À partir du moment où tu prends cette décision, tu laisses aller ton imagination.»

Larouche a notamment concocté des exercices avec roches dans les montagnes. Clavel était aussi en contact quotidien avec son préparateur Frédéric Laberge afin de modifier les exercices selon les éléments qu’elle avait sous la main.

«C’était un camp assez unique, a affirmé Clavel. J’aurais aimé présenter une téléréalité de type 24/7 pour démontrer à quel point c’était exceptionnel. On retient plusieurs points positifs et on va conserver certains exercices pour les prochains camps.»

«On a pris du plaisir à l’organiser, a ajouté Bouchard. C’était la première fois qu’on pouvait vivre le quotidien ensemble. La communication était plus facile. Je suis convaincu que les résultats seront au rendez-vous.»

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Un exemple pour la Santé publique selon Michel

Le promoteur Yvon Michel croit que le combat de Kim Clavel à Las Vegas servira d’exemple aux autorités de la santé publique du Québec.

«Ce sera une belle preuve démontrée par quelqu’un de chez nous qu’il est possible de faire des combats de façon sécuritaire, a souligné Michel. Le protocole de Top Rank, que devront suivre Kim et son équipe, compte six pages. Tout est super bien structuré.»

Même s’il appuie la démarche de Camille Estephan, il n’a pas parlé au patron d’Eye of the Tiger Management dans les derniers jours sur une possible alliance pour des discussions avec le gouvernement.

«Je n’ai pas eu l’occasion de le faire, a ajouté Michel. De ce que je sais, le plan de Camille ressemble à celui de l’UFC en plusieurs points. Le gros problème, ce n’est pas le protocole, mais bien l’absence de dialogue avec les autorités de la santé publique.

«C’est ce qui rend la situation encore plus outrageante.»

Au cours des derniers jours, Estephan a reçu une bonne nouvelle alors que la santé publique a ouvert la porte aux discussions. Est-ce qu’on pourrait avoir droit à une bonne nouvelle la semaine prochaine ?

Une chose est sûre, la pression est forte sur le docteur Horacio Arruda et son groupe de conseillers.

Peu de changements

Les boxeurs peuvent être parfois superstitieux avant un combat. Toutefois, avec le protocole instauré la bulle de Top Rank, certaines habitudes peuvent être bousculées.

Mais pas Kim Clavel. Elle très confortable avec la situation qu’elle va vivre dans les prochains jours.

«Je n’aurais pas à changer grand-chose parce que je suis dans une sorte de bulle depuis le début de mon camp d’entraînement, a souligné la boxeuse de 29 ans. Je suis confiné avec mes entraineurs. Cette bulle, on va simplement la transporter à Las Vegas.

«Je suis habitué de suivre des règlements et des protocoles. J’ai travaillé dans les CHLSD et des protocoles, j’ai dû en suivre. Ce n’est pas quelque chose qui me déboussole. Bien au contraire.»