Canadiens de Montréal entrainement

Crédit : Pierre-Paul Poulin / JdeM

Canadiens de Montréal

Un camp hors norme

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Claude Julien avait le sourire d’un homme heureux. Loin de la patinoire depuis le 12 mars, date de l’interruption de la saison dans la Ligue nationale de hockey (LNH) en raison de la pandémie de la COVID-19, l’entraîneur en chef du Canadien de Montréal a retrouvé un semblant de normalité.

Pour une deuxième journée d’affilée, Julien a ressorti ses patins et son sifflet pour diriger l’entraînement du Tricolore, mardi au complexe d’entraînement de Brossard. 

«On est des bibittes routinières, il y a des choses qu’on fait depuis qu’on joue au hockey et qu’on est entraîneurs, a rappelé Julien. Ça a été bizarre et différent depuis quatre mois, mais c’est plaisant de revenir au jeu et de faire ce qu’on aime. C’est comme recommencer une nouvelle saison, même si on en finit une.

«On sait que nos chances étaient minimes de participer aux séries. J’ai dit aux gars: on ne devrait pas être gênés d’y participer. L’an dernier, on n’était pas là et trois équipes (Vegas, Dallas et Colorado) y étaient avec une moins bonne fiche que nous.»

À sa sortie d’un second entraînement de près d’une heure, Julien a rencontré les journalistes pour la première fois depuis le début de la phase 3 de la relance des activités. C’était via l’application zoom dans la grande salle de conférence, où il n’y avait pas un seul journaliste devant lui. Un contraste frappant avec sa réalité habituelle.

«John [Lu], je ne peux pas te voir, alors je me demande ce que tu portes aujourd’hui. As-tu ton nœud papillon?»

Julien a lancé cette boutade au collègue de TSN, qui est toujours tiré à quatre épingles aux entraînements ou aux matchs du Tricolore.

Ne pas oublier son masque... 

L’ancien gagnant de la Coupe Stanley avec les Bruins de Boston en 2011 a décrit la principale différence dans son travail en période de pandémie.

«C’est de ne pas oublier de mettre mon masque à la minute que je sors de mon bureau, a-t-il répondu. Le reste est plus ou moins pareil. On regarde des vidéos, on passe du temps au gymnase. La seule chose qu’on fait plus sérieusement, c’est de resserrer toutes les choses. 

«Avant cette situation, les gars aimaient arriver de bonne heure, déjeuner, passer du temps ensemble. Maintenant, c’est plus serré, on veut respecter les critères et rester en santé. Après l’entraînement, on encourage les joueurs à retourner chez eux.

«Si tu n’es pas prudent, tu mets tout le monde en danger. Je pense que nos joueurs comprennent ça. Ce sont des athlètes qui ont été disciplinés toute leur vie. Je pense qu’ils comprennent ce qu’ils doivent faire pour protéger les autres.»

Sur la glace, Julien et ses adjoints ne portent toutefois pas le masque afin de s’exprimer plus librement et de mieux respirer en patinant.

De l’amélioration et les Penguins 

D’ici le premier match du tour de qualification prévu pour le 1er août à Toronto, Julien travaillera d’abord sur sa propre équipe avant d’établir des stratégies pour contrer les Penguins de Pittsburgh.

«En ce moment, la majorité des joueurs, on le savait, ils connaissaient le système. C’est plus une question d’améliorer des aspects de notre jeu qui nous donneront du succès, a-t-il expliqué. On se concentre sur nous-mêmes et la semaine prochaine, on va approcher les étapes pour bien se préparer pour Pittsburgh. 

«Dans un camp normal, les joueurs passent des tests et on voit s’ils sont en bonne forme. Les gars ont eu la chance de patiner et de se garder en forme. Cette fois, on n’a pas eu ce luxe-là avec tous les joueurs. On ne veut pas surtaxer les joueurs et les mettre en position vulnérable, pour ceux qui n’ont pas eu le même entraînement que s’il n’y avait pas eu de COVID.»

Pour une deuxième journée d’affilée, les défenseurs Brett Kulak et Xavier Ouellet n’ont pas participé à l’entraînement. Shea Weber, quant à lui, a retrouvé ses coéquipiers uniquement dans les dernières minutes de la séance.

«Je m’attends à voir Weber mercredi, mais je ne peux en dire plus», a répliqué Julien en respectant la consigne du silence de la LNH et de l’Association des joueurs.