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Canadiens de Montréal

EXCLUSIF: L'agent de Romanov revient sur la longue saga

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Enfin, Alexander Romanov est fixé. 

Depuis la suspension des activités de la Ligue nationale de hockey (LNH) liée à la pandémie de COVID-19, le Russe mettait les bouchées doubles à l’entraînement, à Moscou, sans savoir s’il allait pouvoir enfiler l’uniforme du CH lors des éliminatoires.       

Son agent Dan Milstein travaillait jour et nuit avec l’Association des joueurs (AJLNH) sur ce dossier, étant en contact constant avec le syndicat. 

Le verdict est tombé dans les derniers jours : Romanov ne pourra pas jouer, mais il pourra au moins rejoindre l’équipe et s’entraîner avec ses nouveaux coéquipiers. 

Lors d’un entretien téléphonique avec le TVASports.ca, Milstein est revenu sur cette longue saga qui a impliqué l’un des plus beaux espoirs du Tricolore et de la LNH. 

Je voulais d’abord savoir ce que tu pensais de la décision de la Ligue nationale de hockey d’empêcher Romanov de jouer. C’est un droit que les joueurs dans sa situation possédaient et qui leur a été enlevé.         

Dans les coulisses, on murmurait que la LNH n’avait vraiment pas aimé les contrats signés par Kirill Kaprizov, Romanov et cie qui n’étaient pas assortis d’une date d’entrée en vigueur. Est-ce que tu as vu ça un peu comme une tape sur les doigts de la part de la Ligue?         

Dan Milstein : Non, pas du tout. On savait que ça allait être un problème depuis le début du processus. Derrière les portes closes, j’avais des conversations quotidiennes au téléphone avec l’Association des joueurs. J’ai soumis plusieurs lettres. L’Association a effectué un travail remarquable, et ce fut un plaisir de travailler avec elle durant ce processus. Aujourd’hui, on a créé un précédent avec Ilya Sorokin en brûlant la seule année du contrat d’entrée en plus de conclure une prolongation d’une saison.  

Pour revenir à Romanov, c’est dommage que la LNH ne lui permette pas de jouer, car Alex veut jouer au hockey le plus vite possible. La décision faisait partie des négociations entre les joueurs et la partie patronale. 

Est-ce qu’on t’a donné une raison, une explication pour justifier pourquoi ce droit lui était enlevé?         

Dan Milstein : Non, je n’ai pas été inclus dans de telles discussions avec la Ligue. Je vais te lire ce que contenait grossièrement une de mes lettres... Chris Kreider a été d’une aide cruciale pour permettre aux Rangers de New York d’atteindre la finale de l'Est en 2012. L’an passé, il y a eu Cale Makar avec l’Avalanche du Colorado ou encore mon client Vladislav Gavrikov avec les Blue Jackets de Columbus. Chaque année, il y a un précédent avec plusieurs joueurs dans cette situation, que ce soit des joueurs provenant des collèges américains ou de l’Europe. 

J’accepte le verdict. Regarde ça de cette façon : au moins, ces joueurs peuvent venir en Amérique du Nord et faire partie de leur équipe dans la bulle. Et même s’ils ne peuvent pas prêter main-forte sur la patinoire, ils peuvent aider leur équipe à l’extérieur de celle-ci. 

Donc, pour de jeunes joueurs comme Romanov et Sorokin, c’est une excellente occasion de s’acclimater à la vie en Amérique du Nord, faire partie du système, apprendre et être un membre de l’équipe.

Est-ce qu’il y avait une once de doute dans ton esprit que Romanov allait signer un contrat valide en 2019-2020 (donc brûler une année) quand les détails de la nouvelle convention collective ont commencé à être dévoilés?         

Dan Milstein : Non. Dès que la convention collective a été dévoilée vendredi, on savait qu’on pourrait négocier un contrat et le signer. On l’a construit des heures avant l’ouverture de la fenêtre de 53 heures. Tard vendredi soir, on connaissait le verdict. On a eu des conversations de samedi à dimanche et tout est tombé en place. 

Quel est le sentiment de Romanov au bout de ce long processus?         

Dan Milstein : Alex, comme plusieurs autres dans sa situation, était prêt à jouer durant tout ce temps. Il gardait espoir, il patinait et il s’entraînait pour que son corps soit prêt. Évidemment, il a des sentiments mitigés. En même temps, il y a un petit soulagement de son côté de pouvoir rejoindre l’équipe. S’il ne peut pas l’aider sur la patinoire, il peut l’aider en dehors.

On sait qu’il y a une clause qui permettra à Romanov de jouer dans la KHL s’il est cédé dans la Ligue américaine la saison prochaine. C’est assez standard dans les contrats d’entrée des joueurs russes. Mais la question à mille dollars est : Romanov pourrait-il jouer en Europe au cours de la prochaine saison morte et demeurer admissible à jouer dans la LNH en 2020-2021?         

Dan Milstein : De ce qu’on comprend, il pourrait aller jouer là-bas. Mais avant toute chose, on discuterait avec Montréal de ce qui est le plus logique. L’équipe a d’excellentes installations qui sont ouvertes à l’année longue. 

Alors, il pourrait jouer dans la KHL durant la saison morte et ensuite rejoindre le CH quand les camps d’entraînement en prévision de la saison 2020-2021 prendront leur envol?         

Dan Milstein : Je ne crois pas qu’il jouerait dans la KHL, car il n’y a pas d’entente entre la LNH et la KHL concernant les transferts. Même si on en venait à considérer la possibilité qu’il joue en Europe, ce serait probablement dans l’un des pays faisant partie du portail de transferts de la Fédération internationale de hockey (IIHF).  

Mais je ne veux même pas en discuter. Comme je l’ai mentionné, on va consulter Montréal pour déterminer la voie à suivre. 

Est-ce que Romanov débarque à Montréal avec de la compagnie? Est-ce qu’il cohabitera avec un coéquipier?         

Dan Milstein : Il va arriver seul à Montréal. Ça fait partie de l’adaptation, il devra décider ce qu’il veut faire. J’imagine qu’il vivra seul en appartement. Quand il sera arrivé à Montréal, on va en discuter. 

Avec tout ce temps entre les mains pour s’entraîner, est-ce que tu sais, par hasard, combien de livres il a ajouté à sa charpente?         

Dan Milstein : Non, je n’ai pas cette information. En bref, il s’est entraîné sans arrêt. Il n’a pris aucune pause, car il savait que la possibilité qu’il puisse jouer durant les séries existait. Alors, à travers cette période, il a gardé la forme, il a travaillé fort chaque jour et il a aussi patiné. 

En terminant, il faut que je te demande comment les derniers jours ont été pour toi. Je veux dire, as-tu eu la chance de dormir?         

Dan Milstein : (Rires.) C’est beaucoup de travail, mais rien n’a changé. Je n’ai pas pris un congé de maladie depuis 1998. Je finis toujours par trouver une solution. J’ai des clients partout à travers le monde. Quelque part sur la planète, c’est 5h de l’après-midi. Je dois être disponible en tout temps. Tout le monde croit être en mesure de faire ce boulot. Tout le monde veut le faire avant de comprendre ce que ça demande.