SPO-Conférence de presse boxe "L'antre du Tigre"

Crédit : MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

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Boxe: la Santé publique ne veut rien savoir

Publié | Mis à jour

La santé publique n’a pas l’intention d’autoriser la tenue de sports de combat ou de galas de boxe dans un avenir rapproché, selon les informations obtenues par Le Journal de Montréal mardi.

Dans un courriel envoyé par le docteur Richard Massé au promoteur Camille Estephan, on apprend que le plan proposé par Eye of the Tiger Management (EOTTM) a été enfin analysé près de six semaines après sa réception.  

«Nous avons effectivement analysé le protocole soumis pour la tenue de matchs de boxe professionnelle à huis clos au Québec en juillet et en août prochain», est-il écrit dans un courriel dont «Le Journal» a obtenu une copie.

«Actuellement, les combats dans les sports ne sont pas autorisés puisqu’ils impliquent des contacts nombreux et prolongés entre les adversaires, ce qui augmente le risque de transmission du virus de la COVID.»

Puis, il est question du plan soumis par Estephan, le même qui est appliqué par tous les autres promoteurs au monde depuis la relance de la boxe.

«Bien que le protocole prévoit des mesures de protection pour les athlètes et pour le personnel, nous sommes d’avis que la tenue de ces événements est trop risquée à l’heure actuelle», est-il mentionné en conclusion.

Est-ce que les autorités de santé publique de la France ou de l’Allemagne sont plus courageuses que celles du Québec? On peut se poser la question.

Réplique immédiate  

Le promoteur Camille Estephan n’a pas tardé avant de répliquer à ce courriel. Il a ouvert la machine par l’entremise de son avocat.

«Nous déplorons le fait que la Direction générale de la santé publique ait refusé de rencontrer M. Estephan avant de rendre sa décision», est-il écrit.

Dans ce long courriel, il est également question de l’absence de motifs pour justifier le refus de la demande du patron d’EOTTM.

«La décision de la santé publique est déraisonnable. Votre seule justification est de mentionner que les sports de combat impliquent des contacts nombreux et prolongés entre les adversaires.

«Notre demande ne vise qu’à autoriser les événements de boxe professionnelle et non l’ensemble des sports de combat, et ce, dans un environnement très protégé comme indiqué dans notre plan opérationnel déposé le 26 mai 2020.

«Nous ne comprenons pas comment la santé publique a pu autoriser, par exemple, la reprise des sports d’équipes lorsque l’on sait que le nombre de participants exposés à des contacts physiques est beaucoup plus important qu’un sport individuel comme la boxe professionnelle.

«Le manque de considération de la santé publique pour ce secteur d’activité est malheureux et entraînera des conséquences désastreuses pour les acteurs de ce milieu.»

À la fin du courriel, Estephan demande à la santé publique de réviser sa décision. On peut se demander s’il pourra avoir le dernier mot dans ce dossier. La santé publique semble campée sur ses positions pour une durée indéterminée.

Et s’il n’y avait pas de sports de combat avant l’automne? C’est maintenant un scénario qu’il faut envisager. Ce serait un dur coup pour l’industrie de la boxe professionnelle au Québec.