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Crédit : DANIEL MALLARD/JOURNAL DE QUÉBEC/AGENCE QMI

Football universitaire RSEQ

«C’est déchirant» - Ronald Hilaire

Publié | Mis à jour

L’entraîneur-chef de l’équipe de football de l’Université McGill, Ronald Hilaire, trouve ça difficile d’être loin de ses étudiants-athlètes.

«C’est déchirant, a-t-il affirmé avec émotion. Je considère mes jeunes comme mes propres enfants. Les membres de mon équipe, c’est une prolongation de ma famille. C’est déchirant de ne pas pouvoir avoir de contact physique comme nous en avions avant.»

Contrairement aux autres équipes montréalaises du circuit universitaire québécois, McGill n’a pas repris l’entraînement. Le club tient des rencontres via vidéoconférence, mais pour Hilaire, ce n’est pas la même chose. Les interactions devant un écran ne lui permettent pas de jouer pleinement son rôle.

«Habituellement, nous leur parlons de bien plus. Je crois que le rôle d’un entraîneur, c’est de leur parler d’autre chose que seulement le football.»

Hilaire a toutefois noté qu’il se trouvait chanceux de vivre cette situation «en 2020 et non en 1960», car il peut au moins avoir certains contacts avec ses jeunes.

Une question de sécurité

Si McGill n’a pas encore repris l’entraînement, c’est une question de sécurité, selon l’entraîneur.

«Par mesure de précaution, nous n’avons toujours pas permis à nos jeunes de s’entraîner sur le terrain de l’université, a-t-il expliqué. Nous voulons nous assurer de mettre toutes les mesures en place pour éventuellement faire un retour à l’entraînement le plus sécuritaire possible.»

Hilaire croit cependant qu’il retrouvera ses footballeurs dans un avenir proche.

«Nous travaillons sur ça depuis des mois avec notre équipe médicale et les membres de la haute direction. Nous voulons offrir à nos joueurs un environnement le plus contrôlé possible pour qu’ils soient en sécurité. Ça devrait être bientôt, mais je ne peux pas encore parler de date.»

Le soutien des autres pilotes

Dans ces circonstances difficiles, Hilaire a trouvé une certaine forme de réconfort chez les autres entraîneurs-chefs du circuit québécois. Les cinq hommes organisent une vidéoconférence tous les vendredis pour échanger des idées.

«C’est super important, a clamé Hilaire. Oui, nous sommes tous des compétiteurs sur les terrains de football d’août à décembre. Mais, nous aussi des confrères qui veulent faire grandir notre sport. Nous voulons améliorer la situation de nos étudiants-athlètes.»

«Ça nous permet aussi de garder notre santé mentale, a-t-il ajouté. Comme entraîneur, l’expérience est aussi difficile pour nous. Parler avec d’autres personnes dans la même situation que toi, ça nous donne des pistes pour mieux naviguer de notre côté.»

Hilaire veut d’ailleurs que cette habitude prise en mars dernier se poursuive après que la COVID-19 eut arrêté de faire des siennes.

«Même après la pandémie, je crois que c’est quelque chose que nous devrions continuer. Peut-être pas à toutes les semaines, mais nous devrions poursuivre nos échanges. C’est quelque chose qui se fait énormément aux États-Unis.»