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Crédit : OLIVIER JEAN/LES ARCHIVES/LE JOURNAL DE MONTREAL/AGENCE QMI

Canadiens de Montréal

Cinq blessures qui ont cassé le CH

Publié | Mis à jour

Le retour au jeu dans la LNH, cet été, se fera dans un contexte où le risque de blessure sera passablement élevé. Revenir au plus fort de la compétition, après presque quatre mois d’arrêt et un court camp, cela entraînera sans doute de nombreux problèmes physiques, bénins ou graves, chez les joueurs.

C’est sans doute pourquoi les équipes impliquées auront le droit d’emmener 28 patineurs dans les «villes-bulles» lors de la reprise des activités. Ça, et les risques posés par la COVID-19... 

Les blessures, selon le moment où elles surviennent et le joueur qui est touché, peuvent carrément casser le rythme d’une équipe. En saison régulière, en séries, c’est une épée de Damoclès qui pend continuellement au-dessus de la tête des organisations.

Au fil des ans, les Canadiens n’ont pas été épargnés par ce genre de malchance. À quelques reprises, la perte d’un joueur-clé à entraîné une descente aux enfers, ou un échec autrement évitable.

Voici cinq cas tristement mémorables dans les dernières années :

Carey Price, séries éliminatoires de 2014

Les Canadiens connaissaient un parcours remarquable en séries éliminatoires, en 2014, lorsqu’ils se sont retrouvés devant les Rangers de New York en finale d’Association. Le CH avait éliminé le Lightning et les Bruins, aux deux premiers tours, en grande partie grâce au brio du gardien Carey Price. À l’approche de la série, les Rangers apparaissaient comme un rival coriace, mais prenable. Mais dès la deuxième période du premier match, c’est la catastrophe : l’attaquant des Rangers Chris Kreider, aussi imposant que rapide, fonce vers Price. Puis tombe. Jambes premières. Price encaisse tout le coup sur son genou. Aucun partisan du CH n’en a oublié les images. Price termine la période, mais ne reviendra pas dans la série. Forcé de se débrouiller sans lui, le Tricolore baisse pavillon en six matchs malgré une prestation courageuse de Dustin Tokarski devant le filet en remplacement d’un gardien qui, ce printemps-là, était irremplaçable.

Saku Koivu, séries éliminatoires de 2006 

Les jeunes Hurricanes n’allaient pas être un adversaire commode pour les Canadiens au premier tour des séries de 2006. Après tout, le CH avait terminé au septième rang dans l’Est en saison régulière et la Caroline, au deuxième. La formation montréalaise a cependant entrepris la série en force en remportant les deux premiers matchs, et ce, en Caroline. La confiance régnait en vue du retour à Montréal... sauf que la catastrophe a frappé dès le troisième match, lors de la deuxième période. 

Le malchanceux? Saku Koivu. Le valeureux capitaine se trouvait à proximité du filet adverse lorsque l’attaquant des Hurricanes Justin Williams a voulu soulever son bâton. Le problème, c’est que Williams est passé tout droit et lui a plutôt enfoncé son bâton dans l’œil. Sous la visière de Koivu. Il faut le faire. Sérieusement touché, Koivu a quitté le match, et n’est pas revenu de la série. On s’inquiétait même pour sa carrière. Le CH, sans son capitaine, a ensuite encaissé quatre revers consécutifs.

Lars Eller, séries éliminatoires, 2013 

Soyons honnêtes : l’attaquant Lars Eller n’a jamais vraiment été un joueur-clé lors de son passage à Montréal... à part peut-être en 2012-2013, où il a connu de loin sa meilleure saison avec le CH avec 30 points en 46 matchs.

Le Danois a ainsi aidé l'équipe à terminer en deuxième place dans l’Association de l’Est, derrière les Penguins, durant cette campagne écourtée par un lock-out.

Les Canadiens étaient donc largement favoris contre les Sénateurs au premier tour des séries, mais les représentants d’Ottawa ont déjoué les pronostics en éliminant les Montréalais en seulement cinq matchs. Tout s’est mal passé pour les Canadiens durant cette confrontation, à commencer par le premier affrontement. 

Dès la deuxième période, ils ont perdu les services d’Eller à la suite d’un violent coup de coude d’Eric Gryba. L’attaquant est resté longtemps étendu sur la glace après être tombé tête première.

Le reste de la série s’est déroulé sans Eller, victime d'une commotion cérébrale, de fractures au visage et de dents cassées. Gryba, lui, a été suspendu deux matchs pour son geste. Disons que ses visites suivantes à Montréal ont été saluées par de généreuses huées.

Richard Zednik, séries éliminatoires, 2002 

Cette année-là, le CH participait aux séries pour une première fois en quatre saisons. Mais on ne donnait pas cher de sa peau : l’adversaire au premier tour, Boston, était objectivement bien plus fort. Le Tricolore avait cependant trois as dans sa manche : le premier était la présence du capitaine Saku Koivu, incroyablement inspirant pour le groupe après avoir combattu un cancer durant la majeure partie de la saison. Il y avait aussi le gardien José Théodore, carrément dominant cette année-là.

Le troisième as, c’était Richard Zednik. Pas très grand, mais très solide, courageux et plutôt bon marqueur, l’ailier slovaque était une véritable épine dans le pied pour Boston. Au quatrième match, incapables de le stopper alors que Zednik avait déjà huit points au compteur, les Bruins ont ressorti un classique : le blesser pour de bon (bonjour Zdeno!). 

C’est le piètre défenseur Kyle McLaren qui s’était chargé de la sale besogne, cette fois-là, en servant une impeccable «corde à linge» à Zednik, qui a quitté le match sur une civière pour ne plus revenir dans ces séries. Le CH s’est rallié pour battre Boston, mais au deuxième tour, la perte de la production de Zednik s’est fait sentir, et Montréal s’est fait éliminer par les Hurricanes.

Andrei Markov, fin de saison, séries éliminatoires, 2009 

Le Russe a toujours été un joueur important pour le CH, mais il n’a jamais été aussi bon que lors de la saison 2008-2009, où il avait amassé 64 points en 78 matchs. Montréal avait les séries dans le viseur lorsque Markov s’est blessé à un genou, le 4 avril, après avoir été frappé par Mikhail Grabovski, des Maple Leafs de Toronto.

Le premier tour, contre les puissants Bruins (encore une fois), s’est passé sans Markov. Le CH, qui avait vécu sa part d’épreuves durant cette saison-là, n’a jamais semblé capable de se remettre de la perte du formidable défenseur russe.

Alors que l’équipe célébrait son centenaire, elle s’est fait éliminer en quatre petits matchs par son plus grand rival. Et l’été suivant, le directeur général, Bob Gainey, procédait à un grand ménage au sein de son groupe de joueurs en laissant partir Saku Koivu et Alex Kovalev, notamment. Et pour Markov, cette blessure était la première d'une série qui allaient l'affecter pendant les trois saisons suivantes...