Crédit : Peter Casey-USA TODAY Sports

Impact de Montréal

Impact: des erreurs à corriger

Publié | Mis à jour

L’Impact a joué son pire match en 2020 jeudi soir pour amorcer le tournoi de reprise de la MLS.

Thierry Henry n’est pas passé par quatre chemins pour critiquer l’effort de ses hommes qu’il a jugé insuffisant.

«On n’est pas là pour chercher des excuses, je n’ai pas du tout aimé l’attitude de l’équipe, on a perdu tous nos duels, on a perdu des ballons sans pression.

«Si tu rentres sur le terrain sans volonté et en faisant autant d’erreurs, tu ne peux pas gagner. Se battre et ne pas perdre des ballons, ç’a un peu été notre truc depuis le début.»

La tactique

Henry a insisté pour dire que ce n’était pas un problème tactique qui a miné son équipe, rejetant plutôt le blâme sur le manque de combativité affiché par sa troupe.

«Ce n’est pas une question d’attitude, a insisté Henry, on n’avait pas de combativité et si tu n’as pas ça dans un match, tu ne peux pas gagner, peu importe la tactique.»

Il n’a toutefois pas voulu en mettre plus que nécessaire, jugeant que c’était le problème d’un match, mais pas une situation récurrente.

«Je ne remets pas en question l’envie de mes joueurs, mais, ce soir, elle n’était pas présente.»

Mais encore

C’est bien beau, mais on peut tout de même se questionner un peu sur l’aspect tactique.

Pour le premier match de l’équipe en quatre mois, Henry a choisi un dispositif inusité en plaçant Samuel Piette comme ailier droit alors qu’il est habitué à jouer dans l’axe.

Les choses se sont replacées quand Zachary Brault-Guillard est entré en seconde demie pour remplacer Orji Okwonwko qui n’avait rien fait sauf chercher désespérément un carton jaune. De retour dans l’axe, Piette est sorti de sa coquille et le couloir droit a été plus animé.

Le système mis en place en première demie imposait à Piette de jouer dans le couloir en défense et de se repositionner dans l’axe en attaque. C’était beaucoup demander à un joueur qui n’avait pas joué 90 minutes depuis le début mars.

Bojan transparent

Aligné dans le couloir gauche, Bojan a pour sa part été plutôt transparent, tellement ce couloir n’a pas été animé.

Le Catalan a distribué un ou deux bons ballons, mais n’a pas du tout pesé sur le match comme il pourrait le faire.

Si l’Impact compte sur lui pour marquer des buts, il risque d’y avoir un problème. Il est plus à l’aise dans l’axe décalé derrière un attaquant.

Il manque donc un attaquant solide dans la surface pour bien le compléter. Voilà un dossier pour le directeur sportif, Olivier Renard.

Mauvais casting

Même si Jukka Raitala est un arrière gauche, dans un schéma à cinq arrières où les latéraux deviennent des ailiers, il n’a pas la percussion offensive pour donner du dynamisme au couloir.

Son manque de flair offensif a sans doute contribué à museler Bojan qui jouait juste en haut de lui.

À la limite, il vaudrait mieux l’utiliser comme arrière central où il a connu ses meilleurs moments avec l’Impact.

Parlant des centraux, Rod Fanni et Rudy Camacho n’ont pas connu un grand match. Par contre, le jeune Luis Binks a été le meilleur défenseur, sinon le meilleur joueur de l’équipe.

Pied du mur

Après un match, l’Impact est déjà dans une position où il doit gagner ses deux prochaines rencontres, dont celle de mercredi prochain contre le Toronto FC.

Au moins, le premier match des Torontois a été déplacé à demain matin, ce qui ne leur laissera pas beaucoup de temps pour récupérer.

Il s’agira d’ailleurs du tout premier match du tournoi pour Toronto et D.C. United. Ce résultat nous donnera possiblement une meilleure idée de la tangente que prendra le groupe.

Voilà une rencontre que le Bleu-blanc-noir ne pourra pas échapper, et il serait intéressant de voir une attaque remaniée. À cet égard, Romell Quioto et Ballou Tabla ont montré de belles choses lorsqu’ils sont entrés comme substituts, en seconde demie.

Un départ pour l’un ou l’autre, ou les deux, pourrait injecter un peu plus de mordant à l’attaque et permettre à Bojan d’être repositionné dans l’axe où il risque d’être plus efficace.

En touche

Henry a fait le tour du monde

L’Impact n’a pas joué un bon match jeudi, mais Thierry Henry a tout de même fait le tour du monde.

L’entraîneur-chef du Bleu-blanc-noir, comme tout le monde, a posé le genou au sol avant le début du match, levant le poing droit dans les airs en appui au mouvement Black Lives Matter.

Mais il ne s’est pas relevé tout de suite. Il a gardé le genou gauche au sol jusqu’à la marque de 8 minutes et 46 secondes. C’est le temps que le policier Derek Chauvin a passé le genou sur le coup de George Floyd avant que celui-ci ne décède par asphyxie.

«Je voulais lui rendre hommage et témoigner mon appui à la cause», a-t-il expliqué après le match.

Thierry Henry est l’un des deux entraîneurs noirs dans la MLS.

Du ciné-foot

Pas possible d’aller voir un match au stade? Pas de problème! L’équipe marketing du Revolution de la Nouvelle-Angleterre a eu un flash intéressant en marge de l’affrontement contre l’Impact, jeudi soir.

En effet, on a protégé le terrain synthétique du Gillette Stadium et on a invité les partisans à venir voir le match sur l’écran géant du stade.

Mais tout ça s’est fait en formule ciné-parc, les partisans étaient tous installés dans leurs voitures ou tout près en mode «tailgate».

Certaines mauvaises langues diront même que si toutes les voitures étaient pleines, il y avait plus de gens que lors d’un match habituel des «Revs».

Message raciste

Un joueur des Eathquakes de San Jose, Danny Hoesen, a indiqué qu’il a récemment reçu un message raciste sur un réseau social.

«Il y a quelques jours, j’ai reçu un message raciste sur Instagram. J’en ai parlé à l’équipe sans trop entrer dans les détails», a-t-il confié lors d’une téléconférence.

«Même des gars qui ne sont pas de couleur et qui vivent dans ce pays depuis longtemps se sont excusés en me disant qu’ils n’avaient aucune idée que des choses comme ça se produisaient. Je crois que c’est une bonne chose que tout le monde commence à se serrer les coudes et à confronter le problème.»

Hoesen est originaire des Pays-Bas, tout comme sa mère. Son père est d’origine marocaine.

Les Red Bulls ont eu chaud

Les Red Bulls de New York ont vu des lumières rouges s’allumer plus tôt cette semaine quand deux joueurs ont obtenu un résultat positif à la COVID-19.

Les craintes se sont toutefois rapidement dissipées quand le premier des deux joueurs a reçu deux résultats négatifs et a pu reprendre l’entraînement avec l’équipe.

Vendredi, c’était au tour du second joueur d’enregistrer un second résultat négatif et de pouvoir réintégrer la formation.

Maintenant que toutes les équipes sont installées dans la bulle de la MLS, on risque de voir beaucoup moins de résultats positifs qu’au cours de cette première semaine.