Hurricanes c. Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

LNH

Une journée qui risque de faire mal aux propriétaires

Une journée qui risque de faire mal aux propriétaires

Louis Jean

Publié 30 juin
Mis à jour 30 juin

Il est minuit moins une dans la Ligue nationale de hockey sur plusieurs fronts.

Les pourparlers se poursuivent entre la LNH et l’Association des joueurs pour régler les dossiers des «villes-bulles», des protocoles des phases 3 et 4 ainsi que du prolongement de la convention collective. Il y a beaucoup de pain sur la planche.    

On me répétait la semaine dernière qu’on souhaitait ardemment tout régler d’ici la fin de juin afin de passer au vote et ainsi donner assez de temps aux joueurs de s’organiser pour le début des camps d’entraînement.

Nous voilà à la fin juin. Pas d’entente, mais tout indique que ça ne saurait tarder. Doit-on s’attendre à une annonce aujourd’hui (mardi)?

«La journée est encore jeune», m’a-t-on répondu par message texte. Comme on a appris en cette période imprévisible de COVID-19, les échéanciers sont toujours flexibles.

Cela dit, le 30 juin est une date importante dans le calendrier parce que cela marque la fin de la saison. Le 1er juillet est l’ouverture du marché des joueurs autonomes et le départ d’une nouvelle campagne.

Mais le 30 juin est significatif puisque les contrats des joueurs, entraîneurs et recruteurs prennent fin à cette date. Il a été convenu que ces contrats seraient prolongés de quelques mois. N’empêche... certaines personnes sont un peu nerveuses étant donné l’incertitude actuelle.  

Les bonis de signature    

Un ami m’a envoyé ce tweet le week-end dernier.

C'est un point important dans les pourparlers entre la ligue et ses joueurs actuellement.

L’offre hostile du Tricolore à Sebastian Aho l’été dernier comportait d’importants bonis de signature, dont presque 10 millions $ (9,87 M$) qui sont dus mercredi.

Du côté des Canadiens de Montréal, on parle d'un peu plus de 18 millions $, dont 8,75 millions $ à Carey Price, qui seront dus mercredi.

La ligue a demandé au cours des pourparlers de reporter ces paiements à la fin de la saison, mais au moment de publier ce texte, c’est le statu quo. Cela signifie qu’à moins d’une entente de dernière minute, les propriétaires devront verser presque 450 millions $ en bonis de signature mercredi.

Une experte se prononce sur les contrôles positifs    

Par ailleurs, la LNH a dévoilé que 26 joueurs ont eu des contrôles positifs au coronavirus depuis le 8 juin dernier. Une des questions qui demeurent sans réponses actuellement est combien de tests positifs seront requis pour clouer une équipe au sol et l’empêcher de jouer? Impossible de le savoir et la LNH ne veut certainement pas établir un chiffre précis. 

J’ai contacté l’épidémiologiste Nimâ Machouf pour obtenir le point de vue d’une experte en ce qui concerne l’idée des «villes-bulles» et les chances de limiter la contagion. Dre Machouf est spécialisée en santé internationale et maladies infectieuses. 

«Le concept de bulle est très bon. Il faut limiter le contact avec un grand nombre de gens. Si jamais il y a des tests positifs, c’est la bulle qui est visée et non la collectivité, m'a-t-elle dit lorsque je lui ai demandé ce qu'elle pensait de ce concept. 

«Les nouvelles ont été excellentes (en début de semaine dernière) au Québec. Mais il y a encore un bruit de fond qui circule. Il y a eu 55 000 personnes infectées depuis le début de la pandémie. Il y a encore 22 000 cas actifs, et ça, c’est sans compter tous ceux qui sont infectés en circulation sans le savoir. Alors il va falloir faire vraiment attention. 

«C’est une bonne initiative de ne pas aller dans les zones (villes) frappées durement puisque les athlètes ne vont pas se retrouver dans des zones à risque. En Iran, un des premier foyers d’éclosion a été lié au sport. Il y a eu une éclosion dans une petite ville puisque des athlètes revenaient de la Chine. 

«Avant d’entrer dans la bulle, il faut être testé. C’est une très bonne initiative au même titre que c’est une bonne initiative de se tester avant d’aller en voyage et c’est une bonne pratique dans les aéroports de prendre la température des voyageurs en cas de fièvre. On impose des restrictions aux voyageurs pour ne pas répandre le virus ailleurs. Si tout le monde dans la bulle est négatif, les risques sont moindres. 

«Est-ce que la visière pourrait être une solution mitoyenne? Je ne le sais pas. Les gardiens de but portent des masques, mais ils sont plus statiques que certains autres joueurs. Est-ce que le port de la visière complète pour tous pourrait limiter les chances de contagion?»  

Lorsque je lui ai demandé s'il était possible de limiter la contagion dans un contexte de bulle, Dre Machouf s'est montrée incertaine. 

«Ce sera très difficile, a-t-elle avoué. Ça dépend toujours du type de sport. Il y a beaucoup de sports où on ne peut pas vraiment respecter la distanciation.  

«Certaines mesures devront être prises pour limiter la proximité. Par exemple les vestiaires. Après un match, les athlètes sont fatigués, exténués, ils respirent très fort, ils ne porteront pas de masque. Ce sont les conditions idéales pour répandre le virus rapidement. Il faudrait limiter l’exposition à des espaces clos et favoriser le plus possible des endroits ouverts et très aérés.»  

Voici maintenant quelques questions en rafale... 

Il faudra combien de cas au sein d’une équipe pour qu'elle soit forcée de se retirer? 

«C’est difficile de répondre avec précision. Si on prend l’expérience des écoles, on a vu des éclosions où neuf cas ont forcé la fermeture d’une école. Personne ne sait le chiffre magique.» 

Quoi faire avec les diagnostic positifs? 

«Si ce n'était que de moi, dès le premier cas, toutes les personnes ayant été en contact avec l’individu seraient retirées et testées. On peut obtenir les résultats rapidement. Si on veut être sûr de tuer une microéclosion, on l’étouffe. Donc que ce soit les joueurs ou les entraîneurs, toutes les personnes qui ont été en contact avec la personne infectée sont retirées. 

«C’est gros mais nécessaire parce qu'il y a des contacts sur la glace. C’est vrai que les contacts sont rapides, mais il y a plein de gouttelettes qui sortent. Ce sont des conditions parfaites pour la transmission.» 

Les athlètes sont-ils moins à risque que nous? 

«Les athlètes ont des familles. Il ne faut pas répéter les mêmes erreurs que les préposés en milieu de santé qui ont infecté leur famille et, dans certains cas, il y a eu des décès. Ce n’est pas juste les vieux qui souffrent de la COVID-19, certains jeunes aussi l’ont eu difficile.» 

Les partisans seront-ils réadmis dans les amphithéâtres avant le vaccin? 

«Avec le masque, oui. Mais le masque doit être obligatoire. De cette façon, les personnes atteintes du virus le gardent pour eux. Le masque est plate et pas agréable, c’est vrai, mais c’est un peu moins désagréable dans un amphithéâtre climatisé. Le respect du deux mètres, on peut s’en passer. Le masque remplace cette mesure. 

«Le risque zéro n’existe pas. On doit recommencer à vivre en limitant le plus possible les risques. Le port du masque est une mesure simple, peu coûteuse, qui peut nous permettre de retourner à la vie normale. Ceux qui sont malades vont garder le virus pour eux. La personne qui est dangereuse est celle qui ne suspecte pas avoir le virus. Mais avec le masque, le risque est beaucoup réduit. Et on garde le lavage de mains.»