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Impact de Montréal

James Pantemis part pour jouer

Publié | Mis à jour

On a tendance à l’oublier, mais avant que la pandémie ne vienne interrompre la saison de l’Impact de Montréal, le gardien James Pantemis devait se joindre au Valour FC de Winnipeg, de la Première Ligue canadienne de soccer.

Le prêt a été annoncé le 6 mars et une semaine plus tard, le monde sportif s’arrêtait.

Pantemis a eu le temps d’aller passer quelques jours dans la capitale manitobaine avant que les autres secteurs d’activités soient aussi mis à l’arrêt.

Il a finalement pu aller de l’avant lundi puisqu’il est parti pour Winnipeg en après-midi.

«Je suis excité de commencer la saison avec eux, a-t-il indiqué lors d’une visioconférence en avant-midi. J’ai eu une semaine avec eux en mars avant que la pandémie arrive. C’est une semaine importante qui m’a permis de rencontrer mes coéquipiers et mes entraîneurs.»

Jouer

Le départ du gardien montréalais pour l’Ouest tombe sous le sens puisque l’Impact va prendre la direction d’Orlando jeudi afin de participer au tournoi de relance de la MLS.

Pantemis espère désormais avoir la chance de jouer beaucoup plus que s’il était resté avec le Bleu-Blanc-Noir. Il se garde toutefois de tenir quoi que ce soit pour acquis simplement parce qu’il arrive d’un circuit dont le niveau est supérieur.

«C’est une année où j’ai besoin de jouer des matchs, mais ce n’est pas une garantie que parce que je viens de l’Impact, je vais jouer. Je dois avoir de la compétition et prouver que je peux être le numéro un.»

Le seul hic, c’est que la situation de la Première ligue canadienne n’a pas encore été clarifiée.

Tournoi

«On ne sait pas nécessairement si ça sera une saison complète ou réduite, mais le plan est d’aller là-bas et de jouer des matchs au niveau que je me sais capable d’atteindre.»

Un peu comme la MLS, la PLC tente d’organiser un tournoi dans une ville qui accueillerait toutes les équipes. Il est notamment question de Charlottetown, dans l’Île-du-Prince-Édouard, et de Langford, en banlieue de Victoria en Colombie-Britannique.

«On parle d’un tournoi au mois d’août, mais rien n’est décidé pour le moment», a précisé Pantemis.

Le gardien de 23 ans estime que c’est la meilleure manière de procéder.

«Si je regarde ce que fait la MLS, je crois que c’est la façon la plus sécuritaire de procéder. J’espère qu’on trouvera un terrain d’entente rapidement. Que ce soit à l’Île-du-Prince-Édouard ou à Winnipeg, l’important pour moi, c’est de jouer.»

Optimiser son temps

Étant donné les circonstances particulières, Pantemis estime qu’il doit optimiser toutes les chances qui se présentent à lui.

«Si le tournoi est le seul moment où nous jouerons des matchs cette saison, il faudra que je sois prêt. C’est une grosse année en ce qui me concerne. Je dois prouver ma valeur.

Quoi qu’il en soit, son retour à Winnipeg va au moins lui permettre de se rapprocher de ceux qui forment son équipe pour les prochains mois même s’il ne considère pas qu’il s’agisse d’un second départ avec le Valour puisque le premier n’a pas fonctionné.

«On a eu des activités régulières, on faisait des activités spéciales et on partageait. Là, on pourra se voir autrement que par Zoom et il y a des joueurs que je n’ai pas encore vus et ça va être bien d’avoir une relation face à face et de développer une chimie sur le terrain.»

Prouver sa valeur

Même s’il est sous contrat avec l’Impact depuis 2018, Pantemis attend toujours de disputer un premier match dans la Major League Soccer.

On l’a vu dans un match amical en 2018 et dans deux rencontres du championnat canadien l’an passé, mais pas plus.

«Je n’ai pas l’impression de ne pas avoir progressé dans les dernières années. J’ai pu travailler sur plusieurs choses», a-t-il assuré.

Pantemis sait que certains observateurs le tiennent en haute estime, mais il préfère demeurer prudent et gérer les attentes.

«Les gens peuvent dire que je suis un bon prospect, mais si je ne le prouve pas sur le terrain, ça ne sert à rien.»

Frustration

N’empêche que ne pas jouer, ou si peu, entraîne une certaine dose de frustration.

«C’est difficile pour n’importe quel joueur dans ma situation qui a de la difficulté à avoir des minutes.

«Tu t’entraînes tous les jours à un haut niveau et ça peut être frustrant, mais je ne peux pas me laisser affecter par une situation qui n’est pas sous mon contrôle.»

D’ailleurs, le jeune homme est très terre-à-terre et croit que ça ne serait pas à son avantage de lever le pied de l’accélérateur même s’il n’obtient pas le temps de jeu qu’il désire.

«Il peut y avoir des blessures alors si je me laisse aller mentalement pendant une semaine, ça peut me nuire.»

Tokyo en tête

Si Pantemis tient tant à jouer beaucoup cette année, c’est en partie parce qu’il veut progresser dans l’organigramme de l’Impact, mais aussi parce qu’il pense aux Jeux olympiques de Tokyo, reportés à l’an prochain.

Le Canada n’a pas encore eu le temps de disputer le tournoi de qualification de la CONCACAF, mais Pantemis figure dans les plans de Mauro Biello, à la tête de l’équipe des moins de 23 ans qui tentera de décrocher un billet pour les Jeux.

«Juste parce que j’ai été sélectionné pour le camp final, ça ne veut pas dire que ma place est garantie l’an prochain», a prévenu Pantemis.

Il avoue avoir vécu une grande déception quand les JO ont été reportés, mais au moins, il sait que sa dernière chance ne lui a pas glissé entre les doigts.

«C’est un peu décevant parce que c’est quelque chose dont on rêve en grandissant.

«Heureusement, ils ont modifié les règles et les joueurs qui en auraient été à leur dernière année d’admissibilité cette année, comme moi, seront admissibles si les Jeux ont lieu l’an prochain.»