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Impact de Montréal

Un futur international colombien avec l'Impact?

Publié | Mis à jour

Le vieil adage «tous les chemins mènent à Rome» colle parfaitement à la plus récente signature de l’Impact de Montréal, Tomas Giraldo. 

Doté d’un immense talent et d’une polyvalence au-dessus de la moyenne, le milieu de terrain âgé de 17 ans a emprunté un chemin des plus atypiques pour finalement aboutir dans l’organisation montréalaise.    

Au cours des prochaines minutes, vous serez à même de constater que le soccer, au-delà d’un merveilleux sport, peut également être un formidable outil d’intégration et une source d’inspiration sans limites pour un nouvel arrivant. Parce que oui.... L’histoire de Tomas Giraldo débute aussi loin qu’en Colombie, quelque part en 2011... 

Débuts peu communs    

Tomas Giraldo l’admet d’emblée : il est issu d’une famille qui ne vit que pour le soccer.

«J’ai demeuré en Colombie étant plus jeune et ma famille était, et est encore, complètement folle de foot! Tout le monde en mange!»

Plus jeune, Tomas est lui aussi un grand amateur de soccer, mais pourtant, jamais il ne jouera dans une équipe organisée en Colombie. 

«Je jouais seulement pour le plaisir, à l’école, ou avec des amis. Ce n’était pas vraiment sérieux.»   

Alors que Giraldo est âgé de huit ans, ses parents prennent la décision de déménager au Canada. 

«La vie était belle là-bas, mais je crois que mes parents ont vu une belle opportunité d’améliorer notre sort en venant ici. Nous nous sommes donc envolés vers le Canada...»

À son arrivée chez nous, Giraldo, de son propre aveu, est déstabilisé. 

«Nous ne connaissions personne. Je n’avais pas d’amis à part mes parents! On cherchait une activité où je pourrais passer le temps et rencontrer d’autres enfants. Mes parents ont choisi, avec mon accord bien sûr, de m’inscrire au soccer. J’ai donc fait mes débuts avec les Braves d’Ahuntsic. Ce fut mon premier club officiel.»   

Et ses débuts à Ahuntsic sont pour le moins... tumultueux! 

«Je ne parlais pas un mot français!», se rappelle Giraldo en riant. 

«Je suis allé faire les détections là-bas, mais ils m’ont tout de suite classé avec des garçons qui étaient plus âgés que moi. Ma mère ne comprenais pas le français elle non plus, alors il a fallu attendre que l’entraîneur de la catégorie d’âge qui me correspondait vienne me voir. 

«Il a réussi à me faire comprendre qu’il voulait m’aider. Au fil des mois, je me suis habitué peu à peu à la vie au Canada. Plus les semaines passaient, plus je gagnais en confiance. Je m’entraînais beaucoup avec mon père et mon jeu progressait beaucoup. Je suis finalement resté avec les Braves jusqu’à mon été U-11.»

Progression rapide    

Tomas est ensuite recruté par l’Académie canadienne prospective (ACP), qui se spécialise dans la détection de jeunes talents. 

«Malheureusement, ils ont eu des problèmes et ils ont dû fermer leurs portes, donc j’y suis resté seulement quelques mois.»

Tomas se joint par la suite au Club de soccer de Salaberry, mais il y reste également moins d’un an. Sauf que cette fois, c’est pour une bonne raison. 

«Je suis allé faire les détections de l’Impact pour l’Académie. Ça s’est très bien déroulé et ils ont décidé de me choisir. Cette année-là, ils n’ont retenu que huit joueurs, dont seulement deux qui ne faisaient pas partie de la Pré-Académie. J’étais très heureux. Ç’a alors été le début d’une belle aventure avec l’Impact, qui s’est soldée par la signature de mon premier contrat professionnel dernièrement.»

Nouvelle position    

Étant habitué à évoluer au poste de milieu défensif, Tomas est converti en défenseur central à sa première année avec l’Académie. 

«Notre équipe U-13 était jumelée à celle des U-14, alors il n’y avait pas énormément de postes disponibles. Mais l’entraîneur voulait vraiment me faire jouer. Voyant que j’étais assez mature physiquement pour mon âge, il m’a offert d’aller jouer en défense centrale. Il croyait, me disait-il, que j’allais rapidement gagner en maturité en étant placé à cette position.    

«En tant que défenseur central, les erreurs ne pardonnent pas. Alors il avait raison, en quelque sorte.»

Giraldo dispute finalement l’année entière au poste de défenseur central. 

L’année suivante, l’entraîneur lui fait entamer la saison à cette position, mais rapidement, il constate que le jeune colombien est doté de qualités athlétiques et physiques que les autres n’ont pas. Il choisit donc de le placer comme no 6 ou no 8. En U-15, on tente même de l’utiliser comme no 10. 

Et quel est le poste qu’il préfère aujourd’hui? 

«J’ai toujours adoré jouer en no 8. J’aime participer au jeu offensif, être devant la boîte et faire des courses. Je veux m’impliquer dans le dernier tiers. Mais je suis également très à l’aise défensivement, lorsque vient le temps de récupérer le ballon, par exemple. Cela dit, je suis aussi en mesure de jouer en no 6 ou en no 10. Je suis à l’aise partout.»

«Je suis dans une position différente»   

En discutant avec Tomas, on se rend compte qu’il n’a pas l’intention de jouer un rôle de figurant avec l’Impact de Montréal. 

«Depuis la signature de mon contrat, je suis dans une position différente. Au camp d’entraînement, je n’avais pas encore d’entente en poche. Je ne faisais pas encore partie de l’équipe, a proprement parler. Je me disais que j’allais apprendre et prendre les conseils des entraîneurs.

Tomas Giraldo
Crédit photo : JdeM

«Mais avec le contrat, le soccer est maintenant devenu mon travail. Je dois me battre pour avoir des minutes. En bout de ligne, c’est ça le travail d’un joueur de soccer : être sur le terrain. C’est pour cela que je compte travailler de façon acharnée pour me retrouver rapidement sur le terrain avec l’Impact.»

Pas peur du jeu physique    

Lorsqu’on lui souligne que la MLS est réputée pour son style de jeu plutôt musclé, Giraldo ne semble pas trop nerveux à cet égard. 

«Ça ne me dérange pas du tout! Je dois m’adapter à chaque situation. J’ai toujours été un milieu de terrain qui aime aller gagner mes ballons en allant au duel. Cela dit, il est vrai que je dois encore me développer sur le plan de la masse musculaire, mais je travaille fort là-dessus. 

«Mais honnêtement, le jeu physique ne me fait vraiment pas peur. Le soccer, en bout de ligne, se joue avec les pieds...»

Principales forces   

Pour les amateurs qui sont curieux de connaître les principaux attributs de Tomas Giraldo, on a donné l’occasion à ce dernier de «se vendre», en quelque sorte. 

Alors, quelles sont ses principales forces, sur un terrain de soccer? 

«Je suis un joueur assez complet. Je suis à l’aise tant sur le plan physique que technique et je sais très bien me servir de mes deux pieds. J’aime avoir le ballon et je veux me rendre disponible le plus souvent possible.»   

L’inspiration de Tomas Giraldo    

Évidemment, tout joueur de soccer qui se respecte s’inspire (ou s’est inspiré) d’un joueur professionnel qu’il prend (ou qu’il a pris) comme modèle. 

Quel est ce joueur, pour Giraldo? 

«Fernando Redondo, un milieu de terrain argentin qui a notamment joué pour le Real Madrid et l’AC Milan. Mon père me parlait beaucoup de lui quand j’étais jeune. Je n’ai jamais pu le voir évoluer de mes propres yeux, mais j’ai visionné plusieurs vidéos de ses prouesses. 

«Sinon, j’adore voir évoluer Sergio Busquets, Toni Kroos et Frenkie De Jong.»

«C’est mon rêve»   

Tomas Giraldo a la double nationalité (canadienne et colombienne). Il évolue présentement pour l’équipe canadienne U-17, mais lorsqu’on lui parle de la sélection colombienne, on sent qu’il se passe un petit quelque chose de spécial. 

«Demandez à tous ceux qui me connaissent, et ils vous diront que mon rêve, depuis que je suis tout petit, c’est de représenter la Colombie sur la scène internationale. J’ai grandi en regardant les matchs de la sélection colombienne. Je prenais un plaisir fou à voir évoluer James Rodriguez. J’ai toujours voulu porter le maillot colombien.    

«Présentement, toutefois, j’évolue pour le Canada et j'en suis reconnaissant. Je ne veux pas non plus fermer la porte au pays qui m’a accueilli. Mais l’équipe nationale colombienne a toujours été un rêve...»

Objectifs immédiats    

Lorsqu’on lui demande quels sont ses objectifs à court terme, Tomas Giraldo fait preuve de sagesse. 

«Il y a une bonne marge entre le U-19 et l’équipe première. Mon but, c’est vraiment de tout absorber l’information et de progresser le plus rapidement possible. Parce que quand ma chance arrivera, je ne compte pas la rater.»

Voilà des propos qui risquent de faire plaisir aux dirigeants de l’Impact de Montréal, mais aussi aux nombreux partisans du club, qui ont probablement bien hâte de voir le milieu de terrain en action.